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Une collaboration virale [PV Neela]

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Alyvan Chaldren
Rang IV - Sénateur
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Lun 19 Mar - 15:09
Alyvan attendait, nerveux, que le transporteur qui amène son escorte pour la mission qui l’attendait arrive. La planète Ando avait fait appel au Sénat pour obtenir de l’aide suite à une étrange épidémie sévissant sur une partie de ce monde aquatique, les Aqualish, le peuple local, ayant du mal à faire face et réclamant des fonds et des médecins à la République pour endiguer le phénomène. Coutumier du fait, c’était tout naturellement que le xénobiologiste s’était porté volontaire pour être à la tête de la délégation s’occupant de ce problème. Evidemment, étant donné la position fort éloignée d’Ando, le scientifique avait rapidement compris que si délégation il y aurait, personne ne lui en disputerait la tête, puisqu’il serait probablement le seul sénateur à en faire partie … Et sa prédiction s’était avérée exacte, puisque l’autorisation était arrivée avec une accréditation pour sa propre personne, avec en sous-entendu de la part du Secrétariat Général de la Chancellerie lui déconseillant formellement de promettre le moindre crédit aux locaux. Avec tout ce qui se passait sur Coruscant, il n’y avait pas le temps ni l’argent pour le fin fond de la galaxie ! Dire que l’ensemble partait mal tenait donc de l’euphémisme. Le pire était encore à venir.

Comme les Aqualish avaient aussi fait appel aux Jedis, se méfiant sans doute à raison du Sénat, Alyvan se retrouvait avec un binôme membre de cet Ordre. Jusque-là, rien de trop contrariant, puisqu’il était habitué à travailler en collaboration avec les locataires du temple de Knossa. Néanmoins, ces services avaient paru circonspect lorsque le nom de l’envoyée leur était parvenu, et pour cause ! D’après les renseignements wrooniens, il s’agissait de la femme qui avait été affectée à la garde du précédent Sénateur de Saleucami, qui avait péri dans des circonstances tragiques quelques mois plus tôt. Si la Jedi avait été disculpée de la moindre responsabilité, inutile de préciser que de telles antériorités ne jouaient pas en sa faveur. Le gouvernement de Wroona, en séance ministérielle, avait même fait part de son mécontentement face à ce choix, estimant qu’il s’agissait au mieux d’une réelle maladresse et faute de goût, au pire d’un affront inqualifiable. Nul n’ignorait en effet que Saleucami était une colonie wroonienne peuplée en majorité de wrooniens et de pantorans, peuple apparentés à leur race, et que la disparition du Sénateur de la planète de la Bordure Extérieure avait été vivement ressentie dans l’ensemble des mondes wrooniens et pantorans comme une grande perte. Alyvan lui-même était perplexe face à ce choix, même s’il supposait qu’il s’agissait davantage d’un malheureux concours de circonstances. Sans doute que l’Ordre Jedi n’avait pas eu d’autres choix. Avec leur nouvel avant-poste sur Mustafar prêt à être inauguré, il présumait que la plupart des membres de l’Ordre se trouvait dans cette partie de la galaxie, et ne pouvaient donc se rendre difficilement sur Ando. A moins qu’il ne soit trop naïf, comme d’habitude.

Et le voilà qui attendait donc dans l’astroport, son manteau long, brun, lui battant les mollets alors qu’un petit vent marin typique de Wroona soufflait dans les hangars, lui arrachant un léger frisson. Parfois, la chaleur de Saleucami et de ses années d’enfance lui manquait … Puis il se souvenait de tous les moments difficiles passés à cette période, et ses regrets s’évanouissaient. Il pouvait bien avoir froid : même si sa vie avait pris un tournant inattendu, il était toujours mieux sur Wroona que sur Saleucami. Même l’attentat n’avait pas réussi à lui faire détester sa planète de naissance. Avec les années, il avait appris à en connaître chaque recoin, à s’intéresser à sa faune et à sa flore, évidemment, autant par curiosité personnelle que par instinct professionnel, mais aussi à rencontrer ses habitants, à en apprendre les coutumes … Et de citoyen qui s’était peu à peu intégré, il était devenu un membre important de la communauté locale, très soutenu par le clan de son père certes, mais aussi peut-être un peu en raison de ses propres qualités. Du moins, il se prenait à l’espérer dans un élan de confiance étonnant chez lui.

Finalement, le transporteur qu’il attendait arriva, et il se plaça de sorte à accueillir l’arrivante qui émergea quelques minutes plus tard. C’était bel et bien une femme, à la chevelure flamboyante, ce qui attira immédiatement le regard du wroonien. Le trentenaire avait toujours été fasciné par les poils humains. C’était fou, toutes ces nuances colorées ! Vraiment fascinant … Les membres de sa propre espèce alternaient entre une pilosité bleutée, comme la sienne, à des teints plus sombres ou mauves … Mais si clair, si brillant, jamais ! Comme quoi, la beauté de la galaxie était vraiment dans cet échange permanent de cultures, de découverte de l’autre … S’arrachant à regret à sa contemplation, il nota que l’arrivante avait à peu près son âge, un peu moins peut-être ? Elle ne paraissait pas bâtie pour une escorte à première vue, même s’il savait d’expérience qu’avec un Jedi, le physique n’était en rien un indicateur suffisamment précis. Affichant un sourire affable, le scientifique se présenta :

« Bienvenue sur Wroona, Chevalière. C’est une joie pour moi de collaborer à nouveau avec l’Ordre Jedi. Nous allons prendre le vaisseau gouvernemental de Wroona pour nous rendre sur Ando. Suivez-moi je vous prie. »

Tandis qu’il avançait, il se rendit compte de sa bévue, et bafouilla subitement :

« Euh … Je me suis dit que vous deviez savoir qui je suis. J’aurais peut-être dû … Bref, je suis le Sénateur Alyvan Chaldren, représentant de Wroona. Enchanté, vraiment. Et désolé pour mon impolitesse … »

Se tordant discrètement les mains, signe de son malaise, il espérait ne pas avoir affaire à quelqu’un de trop à cheval sur les règles … Il aurait l’air malin s’il la vexait dès les premières minutes ! Déjà qu’il n’était pas vraiment rassuré par cette collaboration …

« Nous pouvons nous installer dans le salon du vaisseau, si vous voulez … Pour nous préparer … Discuter ? »

Ou pas.
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Neela Acksedge
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Mar 20 Mar - 12:28
Le noir de l’espace commençait juste à disparaître sous les yeux de la Jedi, remplacé par une voûte bleue-violette couverte de nuages épars, tandis que son vaisseau fendait l’air vers sa destination. Déjà depuis l’espace Wroona était une planète étonnante : le teint assombri de son atmosphère et de ses océans tranchait avec celui étincelant et clair de la plupart des mondes continentaux habités. La planète se révélait d’autant plus surprenante une fois que l’on s’en approchait. Neela réalisa alors que la couleur sombre qu’elle avait attribuée à la seule atmosphère était également dû à la constitution des océans qu’elle survolait : de la moisissure semblait flotter à perte de vue à la surface de l’eau, à la plus grande surprise de la Jedi, qui se demandait si son déplacement en ce monde était le résultat d’une vaste plaisanterie ou si les sages de l’Ordre Jedi étaient simplement devenus fous. Premièrement ses compétences médicales de la rousse étaient limitées à sa propre personne ou à des blessures généralement physique et légères chez les autres. Les Aqualish devraient donc se contenter des compétences de l’envoyé du Sénat pour les aider dans la recherche d’un remède à leur mystérieuse épidémie. L’origine de la personne dépêchée avec elle était également un grand sujet de questionnements intérieurs pour la Jedi qui n’avait pas oublié le dénouement tragique de sa dernière escorte… d’un sénateur wroonien représentant leur colonie de Saleucami.

Bien que disculpée de la moindre responsabilité par ses pairs, Neela se savait coupable d’une erreur d’appréciation impardonnable. Tout à l’époque laissait à penser que les assassins du sénateur le désiraient vivant et non mort. Elle avait agi en conséquence, en le laissant à l’abri d’un appareil plus résistant que le sien pendant qu’elle faisait diversion. Résultat, le sénateur et tout l’équipage était mort, et elle, la seule survivante. Elle aurait dû agir différemment, embarquer le sénateur avec elle et prendre la fuite. Elle avait mis toutes ces vies en danger et ils étaient morts. La rousse s’était jurée qu’elle ne laisserait pas une telle chose se reproduire, jamais, et voilà que les évènements semblaient se produire à nouveau. Non, elle casserait ce cercle avant qu’il ne devienne trop vicieux. La Jedi remua la tête pour penser à autre chose tandis que le pilotage automatique amenait son vaisseau vers l’aire d’atterrissage réservée par le contrôle aérien. L’Ordre l’avait choisi pour une bonne raison, les sages ne laissaient rien au hasard. Voulaient-ils prouver qu’ils avaient toujours confiance en elle pour accomplir ce genre de missions ? C’était ridicule, bien sûr qu’ils avaient confiance en elle. Souhaitaient-ils dissiper à jamais les troubles conséquents à cet évènement tragique ? Probable. Une chose était certaine, Neela n’était pas là pour ses compétences médicales mais plutôt pour sa tendance à foutre son nez un peu partout pour chercher et trouver des causes parfois improbables. Cette épidémie était apparue assez étrangement sur Ando et semblait s’être limitée qu’à une portion de la planète -pour l’instant-, ce qui par pure logique devait signifier que le foyer d’infection était soit local et naturel -une transmission animale par exemple-, soit purement artificiel.

Et la voilà qui partait en supposition avant même d’avoir pu partager l’ensemble des éléments du dossier avec le sénateur de Wroona. Neela pesta contre elle-même, c’était une perte de temps et un gaspillage de ses ressources intellectuelles. Le wroonien en saurait forcément bien plus qu’elle à ce sujet, de par son statut de sénateur mais surtout celui de xénobiologiste. La Jedi avait mené sa petite enquête à son sujet, tout comme ce dernier avait sans doute cherché à se renseigner sur elle, et donc prendre note du destin tragique de son comparse. Cet évènement allait la suivre à jamais, bien malgré elle. En tout cas, le passé du sénateur était assez impressionnant et justifiait totalement sa présence sur cette affaire. Neela laisserait donc faire l’expert et se chargerait d’assurer sa sécurité, tout en n’oubliant de fouiner ci et là, sait-on jamais.

Une fois le vaisseau posé, la Jedi quitta son siège et éteignit tous les instruments avant d’en verrouiller les commandes puis se dirigea songeuse vers la rampe d’accès. Elle devait briser la glace avec cet homme qui allait sans doute avoir des aprioris à son sujet. Devait-elle paraître amical à l’aide d’un sourire ? Se montrer protocolaire ? Elle comptait bien laisser la froideur de côté, puisqu’elle ne mènerait qu’à une méfiance réciproque et pourrait être interpréter comme un refus au dialogue. Pourquoi réfléchissait-elle autant, d’ailleurs ? Les habitudes étaient du genre tenace. La rousse avisa son harnais d’épaule posé à l’abri des regards extérieurs, derrière une caisse, et hésita un instant à le prendre avant de renoncer. Elle n’était pas là pour impressionner en ayant l’allure d’une mercenaire mais en mission officielle. Le blaster resterait donc à bord. Neela appuya finalement sur le bouton d’ouverture et la rampe s’abaissa lentement dans un grincement qui trahissait un manque d’entretien qu’elle n’oublierait pas de combler à la première occasion. Elle retira un pli négligé de son haut sans manches -c’était un sénateur, tout de même, pas le contrebandier du coin- avant de descendre la rampe d’un pas assuré, accueillant la brise marine avec un certain étonnement : pour un océan couvert de moisissure, l’odeur n’était pas désagréable.

Neela s’avança en direction du sénateur. De loin, ce dernier ressemblait trait pour trait aux photos qu’elle avait pu voir de lui en cherchant des informations à son sujet. Il donnait l’impression d’être captivé par quelque chose qu’elle ne pouvait pas déchiffrer. Nombreux son ceux qui s’étaient attardé sur ses yeux, mais à cette distance c’était impossible. Elle mit cette pensée de côté lorsqu’elle pu mieux analyser l’homme à la peau bleuté qui se tenait devant elle, s’attardant un instant sur les cicatrices qui parsemaient son visage avant de s’immobiliser sur ses yeux étonnants. Elle n’en avait encore jamais vu de la sorte, du moins, pas d’aussi captivants. La Jedi semblait enfin comprendre ce que ressentaient ceux qui lui parlaient, avec leurs regards songeurs ou interrogateurs. C’était donc ça, alors ?

La rousse fit glisser ses yeux sur le côté lorsque le wroonien prit la parole, comme il convenait généralement à la personne qui invitait. Neela ne s’était néanmoins pas attendu à voir autant de précipitation de sa part, au point de ne même pas prendre le temps de se présenter. Elle inclina poliment la tête pour le remercier de son accueil, marchant d’un pas un peu plus rapide pour ne pas se laisser distancer par l’homme intriguant qui bafouilla soudainement ses mots, comme s’il venait de se rendre compte d’une de ses erreurs. Neela s’engouffra immédiatement dans la brèche tel un rapace fonçant sur sa proie, se fendant d’un sourire qui se voulait amical et compréhensif :

« N’ayez aucune crainte de m'offusquer Sénateur Chaldren, je sais bien évidemment qui vous êtes. Et si vous me permettez de rattraper ce léger retard, sachez que je suis moi-même très honorée de pouvoir collaborer avec vous sur cette affaire. Voyez-vous, mes compétences médicales sont assez… limitées et je doute que les aqualish soient très ravis de me voir à l’œuvre dans ce domaine. »

Le fait que Chaldren n’était pas à son aise avec elle la plaçait dans une position de dominance dans la conversation, ce qui aurait été très utile s’il s’était agit d’un enfoiré en plein territoire Hutt mais pouvait se révéler bien problématique dans cette situation, que la Jedi tenta de débloquer en acceptant sa proposition :

« C’est ce que nous devons faire… oui, discuter. Voyez-vous, je reviens tout juste d’une longue mission et je ne suis pas totalement au fait de la situation sur Ando. »

Elle tendit la main vers l’avant, paume ouverte.

« Après vous. »
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Alyvan Chaldren
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Mer 21 Mar - 22:41
L’avantage des vaisseaux gouvernementaux tenait en deux axes principaux : ils étaient spacieux et relativement sûrs. Parfois, certains bénéficiaient même d’un luxe écrasant, les concepteurs ayant probablement pensé qu’ainsi, ils flatteraient la vanité de leurs riches clients en montrant à leurs futurs invités l’ampleur de leurs fonds. Sans être ostentatoire, force était de constater que les wrooniens n’avaient pas lésiné sur l’agencement de ce qui demeurait leur principal vaisseau officiel d’apparat. A vrai dire, les ingénieurs de l’Onde Bleue avaient tenté de compenser son aspect quelque peu carré, typique des bâtiments de l’époque par un intérieur fait dans des matières fines, et qui respiraient la beauté, exactement ce qu’appréciait le peuple de Wroona, connu pour son amour des jolies choses et de l’esthétisme. Bien qu’encore peu habitué à voyager dans des conditions aussi avantageuses, Alyvan appréciait néanmoins le confort offert par l’imposant engin. Ses expériences dans des petits cargos ou transporteurs de l’Explocorps Jedi n’avaient pas été particulièrement sympathique pour ses muscles dorsaux … Et il ne parlait même pas de l’état de son arrière-train après plusieurs heures dans une de leurs minuscules navettes biplaces … L’enfer. Heureusement qu’il était jeune à l’époque ! Encore que, objectivement, vu l’état de sa musculature à vingt ans … Oui, ce n’était pas vraiment un critère le concernant. Ou alors, il s’empâtait, et préférait ne plus avoir à concéder ce type d’effort. Il n’était plus un gamin tout excité à l’idée de découvrir une nouvelle plante inconnue sur une planète non répertoriée. Quelque part, avoir perdu cette forme d’innocence, d’insouciance, d’entrain, le peinait terriblement. Certains appelaient cela mûrir, d’autres vieillir. La vérité devait se trouver à mi-chemin de ces deux constats.

Une fois l’équipage salué brièvement, Alyvan conduisit son invitée jusqu’au petit salon à l’intérieur des quartiers gouvernementaux. Là, il la laissa s’asseoir sur l’un des sofas molletonnés, d’une couleur rouge chaude et qui donnaient un assez intimiste à l’endroit, un bon moyen de se détendre avant un symposium délicat à l’autre bout de la galaxie. Pour avoir déjà testé l’ensemble, le sénateur devait admettre que c’était le genre de petites attentions offertes par les constructeurs de l’Onde Bleue qui était extrêmement appréciables. Tandis que l’humaine s’installait, il plissa son long manteau mauve, dans un style plutôt propre de la mode sur Pantora, souvenir de son adolescence sur Saleucami, qui abritait une minorité pantorane importante. Il en avait gardé une excellente résistance aux climats chauds, ainsi qu’un réel attrait pour les vêtements de l’autre espèce à la peau bleue intégrée à la République. Certain de ne pas froisser son habit, le politicien prit place en face de la Jedi, et lui adressa son sourire le plus doux :

« Je n’ai pas l’habitude que l’on sache qui je suis. Je ne suis Sénateur que depuis deux ans, et comme je suis à peu près certain que vous avez étudié ma biographie avant de venir, vous devez savoir que je ne suis absolument pas un homme politique de formation.
Ce qui est présentement une bonne chose, puisque ce ne sont pas vraiment mes compétences diplomatiques dont nous aurons besoin … Ni forcément de vos aptitudes médicales. Je suis pour ça. Et vous … Pour évitez que les Aqualish ne me découpent en morceaux. S’ils sont tous à l’aune de leur Sénateur … Hum … »


Alyvan toussota. Le représentant d’Ando avait une réputation exécrable au sein de la Rotonde, ce qui allait finalement avec l’image commune que renvoyait son peuple, qui avait plus tendance à se faire connaître comme mercenaires brutaux ou contrebandiers peu scrupuleux que comme apôtres du bien … Certes, le politicien avait coutume de dire que cette mauvaise réputation était due à la minorité Quara, et que sa propre sous-espèce, les Aquala, n’avaient strictement rien à voir et préférait rester sur sa propre planète. Objectivement, il n’avait pas complètement tort … Même si les Aquala étaient aussi belliqueux que susceptibles. Le Sénateur d’Ando n’échappait pas à la règle.

« … Enfin, je présume que la situation est vraiment inquiétante pour qu’il mette sa fierté de côté et demande un appui de la République. »

Sortant une tablette de sa poche, le xénobiologiste la tendit à la Jedi, la laissant y lire les données qu’il y avait rassemblé … Du moins celles qui étaient compréhensibles pour le commun des individus n’ayant pas plusieurs années d’étude scientifique à son actif, soit à peu près l’ensemble de ses interlocuteurs potentiels. Une fois certain qu’elle avait fini de parcourir le datapad, Alyvan reprit la parole :

« Comme vous le saviez peut-être avant, les Aqualish ne forment pas un peuple unique, puisque leur race est en réalité constituée de trois sous-espèces. Les Aquala sont l’ethnie majoritaire, suivie des Quala, qu’ils détestent et qui sont nombreux à avoir quitté Ando … Et les Ualaq. Eux-aussi préfèrent souvent partir, mais certains vivent toujours sur Ando, à l’écart des Aquala, qui ne … »

Le Sénateur s’arrêta, cherchant ses mots afin d’éviter de charger trop brutalement un peuple qui demeurait, après tout, un membre de la République, surtout qu’il s’adressait à la représentante d’un organisme extérieure, et que critiquer la politique interne d’un autre monde représenté au Sénat était considéré dans le monde politique comme au mieux inélégant, au pire très inconvenant … Même si, pour de nombreux cas, il y avait réellement matière à pester.

« … les intègrent que peu à leur société. »

Euphémisme poli pour ne pas parler d’une véritable discrimination d’Etat vis-à-vis des Ualaq, extrêmement minoritaires et persécutés par les Aquala.

« Or, et c’est là que les choses deviennent intéressantes … Figurez-vous que la récente épidémie ne touche ni les Ualaq, ni les Quala d’Ando. Simplement les Aquala. Bon, après avoir passé un petit moment à les accuser, les Aquala ont finalement été forcés de constater, du moins temporairement, qu’au vu des différences génétiques particulièrement mineures entre les trois sous-espèces, produire une toxine aussi ciblée est largement hors de portée des représentants de ces deux minorités … Et, à vrai dire, de la majorité des chimistes de cette galaxie, si je puis me permettre. Mais ce n’est là qu’une appréciation personnelle. »

La différence entre le comportement d’Alyvan, à présent qu’il expliquait posément les enjeux de leur mission, par rapport à son malaise précédent, était saisisante. C’était juste qu’ainsi plongé dans des considérations qu’il maîtrisait parfaitement, le xénobiologiste en oubliait ses difficultés sociales, et perdait sa timidité maladive. Sur ce terrain précis, celui de l’épidémiologie, il se savait naturellement doué, et cela se répercutait sur son aisance comportementale. Peu à peu, il oubliait qu’il parlait à une Jedi, à une femme impliquée dans la mort du Sénateur de Saleucami. Il réalisait son exposé, concentré, vulgarisait ses connaissances sans finalement se préoccuper réellement de la nature de son interlocutrice, tout entier concentré sur le raisonnement intellectuel qui l’accaparait à cet instant précis. Et c’est précisément quand il posa ses yeux topaze sur Neela Acksedge qu’il se rappela brusquement qu’il n’était pas dans son laboratoire.

« Euh … Je vous ai peut-être perdue … »
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Neela Acksedge
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Jeu 22 Mar - 21:56
Neela observa le vaisseau du sénateur pendant un instant en donnant l’impression de rechercher des marques familières au milieu de ses formes cubiques. L’Onde Bleue -c’était le nom inscrit sur la coque, prêt de l’entrée officielle- était très similaire au transport qu’elle avait vu voler en éclats sous ses yeux il y a quelque temps de cela. La Jedi sentit son ventre se nouer une seconde à la pensée de tels souvenirs mais les réprima d’un revers de main dans un des recoins de son esprit. Ce vaisseau n’avait rien avoir avec celui qu’elle avait perdu, et il n’y avait absolument aucun risque de subir une attaque une fois à bord. Ce n’était pas la même mission, ce n’était pas le même homme. D’après les dossiers qu’elle avait consulté le sénateur Chaldren s’était fait des ennemis à une période plutôt houleuse de sa vie mais le feu de l’époque était depuis étouffé, au moins en apparence. Il n’y avait rien à craindre de cette ancienne affaire, pas plus que celle qui avait eu pour conséquence la mort du représentant de Saleucami. Elle devait arrêter de repenser à cette ancienne mission. Neela se concentra donc sur l’intérieur de l’Onde Bleue après avoir salué respectueusement l’équipage, préférant grandement les lignes épurées et fines du style wroonien à l’intérieur plutôt spartiate de son delaya personnel. Non pas qu’elle trouvait son vaisseau dégradant, elle avait plus que le nécessaire à bord pour y vivre de manière parfaitement décente, mais la peinture commençait tout de même à dater.

Sans parler du confort, qui relevait presque du simple strapontin en comparaison aux opulents sofas molletonnés sur lesquels elle fut invitée à s’asseoir par le wroonien. Le rouge chaud donnait un côté intimiste à l’endroit, sans doute réservé à la détente ou aux réunions informelles. La Jedi acquiesça et prit place dans le sofa de gauche tout en observant la manœuvre du sénateur pour venir s’asseoir en face de lui, analysant inconsciemment les manies à la manière d’un espion à la recherche d’indices permettant de dessiner le caractère de son interlocuteur. Elle se surprit à maintenir le regard plus longtemps que prévu et esquissa un fin mais furtif sourire de gêne pour tenter de brouiller les pistes. Elle fut cependant bien obligée de porter une attention particulière au sénateur qui n’hésita pas à poursuivre leur bref début de discussion de l’extérieur, s’enfonçant un peu plus profondément dans le dossier de son sofa. Cette était définitivement faite pour la détente. Captivée par les traits du visage du wroonien, elle se surprit presque à ne pas écouter les paroles de l’homme qui se tenait face à elle. Cela ne l’empêcha pas d’échanger un sourire entendu lorsqu’il évoqua le caractère du sénateur d’Ando -qu’elle ne connaissait pas. Pourquoi ce sourire dans ce cas ? Pour la pique en elle-même, peut-être- ou d’acquiescer à ses propos concernant le caractère fascinant de l’évolution des habitants de ce monde et de la discrimination qui en découlait pour les plus minoritaires. Ce point avait d’ailleurs tendance à l’agacer tant il trahissait l’hypocrisie de la République sur certains de ses principes fondateurs. Cela l’agaçait d’autant plus qu’elle était mal placée pour donner des leçons de morale sur ce point, les lucazec ayant manqué d’éliminer les adeptes fallannassis sous le règne de sa propre mère. C’était elle, d’ailleurs, qui avait dû réparer les pots cassés il y a quelques temps.

Elle resta tout de même silencieuse, incapable de couper l’homme en face d’elle. Neela était étonnée par la transformation qui s’était produite, lui qui semblait si gêné, mal à l’aise -timide ?- à son arrivée ne cessait désormais d’énoncer les faits et de commenter la situation actuelle sur Ando avec une logique, une pertinence et une précision étonnante. Une fois qu’il était lancé dans un sujet de son domaine de prédilection, le sénateur semblait visiblement presque impossible à arrêter. Il venait d’ailleurs de balayer une de ses hypothèses en évoquant les différences génétiques mineures entre les différents sous-espèces représentants la population aqualish d’Ando. Peut-être avait-il raison en affirmant qu’il était fort peu probable que des chimistes aient pu concevoir cette maladie et Neela était tout à fait prête à le croire sur ce point. Elle n’était pas médecin après tout, et encore moins experte en xénobiologie. Lui, si. Et sa vulgarisation de ses connaissances était parfaite. La Jedi finit par se redresser légèrement pour ne pas sombrer définitivement dans ces sofas bien trop confortables pour elle tout en croisant légèrement les jambes et se contenta de sourire, presque amusée par la nouvelle gêne soudaine du Sénateur qui venait visiblement de réaliser que son exposé avait peut-être été un peu trop… long ? En vérité, il ne l’avait pas été. Du moins, pas aux yeux de la Jedi qui se risqua presque à faire de l’humour, mais se ravisa au dernier instant, au risque de paraître quelque peu sarcastique :

« Je vous suis parfaitement Sénateur, n’ayez crainte. Je préfère largement m’entretenir avec quelqu’un comme vous qu’avec un de vos vaut… Hum… confrères. Je ne connais pas personnellement le sénateur d’Ando mais vous devez savoir que vous n’aurez rien à craindre de la part des Aqualish tant que je serais à vos côtés. » Elle se mordit la lèvre brièvement. Pourquoi faisait-elle encore des promesses qu’elle n’était pas certaine de tenir ? Ça n’avait pas sauver le sénateur de Saleucami, la dernière fois. Elle sembla gênée quelques secondes, perturbée, mais se ressaisit bien vite. « Quoi qu’il en soit, je ne pense pas que nous soyons vraiment dérangés. Peut-être chahuté, mais guère plus. Du moins pas les premières semaines. »

A moins qu’un évènement grave ne survienne, pensa-t-elle. Peu importe, rien n’arriverait au sénateur. Pas cette fois.

« Qu’ils se méfient entre eux n’est pas étonnant. Comme vous l’avez évoqué, les différentes populations d’Ando ne se sont jamais vraiment appréciées et les Aquala sont prédominant. Nous sommes aux frontières les plus éloignées de la République, ces situations sont hélas bien plus courantes dans ces régions. Vos conjectures sont néanmoins intéressantes. De mon point de vue, qui n’est en rien basé sur la science médicale, j’avais d’abord pensé une infime possibilité que cette maladie soit d’origine… artificielle, car les dommages à la population sont encore plutôt localisés.  Mais je ne vois pas qui aurait intérêt à faire cela. »

Elle ressentit une certaine gêne et détourna le regard un instant loin du regard topaze intriguant du wroonien. Parler de ce genre de chose la mettait légèrement mal à l’aise, car sous-entendre qu’une entité puisse être derrière ce genre de maladies était répugnant. Ce ne pouvait pas être ça. Alyvan Chaldren semblait être lui-même convaincu que cette maladie était naturelle. Il avait forcément raison, et elle se voyait mal lui annoncer que si c’était le cas, elle aurait préféré changer de sujet. Malgré tout ce qu’elle avait pu faire, ou ce qu’elle avait vu faire, elle n’avait pas encore l’habitude des génocides. Ou dans ce cas, des maladies capables d’éradiquer des milliards d’individus.

« Vous l’avez dit vous-même, vous êtes le spécialiste ici, Sénateur » conclut-elle, avant de tenter de détourner le sujet un instant, pour libérer son esprit de cette obsession maladive qui la rongeait depuis son départ d’Ossus : « Savez-vous néanmoins dans combien de temps nous arriverons sur Ando ?»
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Alyvan Chaldren
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Dim 25 Mar - 18:09
Avoir un auditoire attentif était toujours agréable, surtout quand Alyvan parlait de son domaine de prédilection. Certes, en tant que politicien, on aurait pu facilement croire qu’il avait l’habitude d’être écouté, voire de s’écouter parler … Sauf que ce n’était pas vraiment le cas. Au sein de la Rotonde, le wroonien n’avait rien d’un orateur flamboyant. Beaucoup demeuraient infiniment meilleurs que lui au petit jeu des grandes envolées lyriques, et sur tous les sujets, même les plus ennuyeux. Combien de fois avait-il regardé avec effarement un de ses confrères vitupérer sur une question totalement subsidiaire, comme le commerce d’il ne savait quelle moisissure dévorée par les neimodiens ? Rien que d’y repenser, sa bouche se tordait en une moue de dégoût. Mais non, des heures durant, il avait dû écouter un débat manifestement passionné sur le sujet … Encore aujourd’hui, ce souvenir constituait l’un de ses pires cauchemars. Lui se contentait généralement de voter, ou d’intervenir dans deux cas très précis : quand une question arrivait dans son champ de compétences précis, ce qui n’arrivait que peu, et lorsque les intérêts directs de Wroona apparaissaient menacés d’une quelconque manière. Ses discours avaient la réputation d’une certaine sécheresse toute scientifique, même s’il lui arrivait depuis quelques temps d’introduire quelques effets de style sur ses interventions en matière de corruption … Pour le coup, il existait en lui une légère fibre sentimentale qui se réveillait. Néanmoins, il n’était pas meilleur ou moins bon que les autres sénateurs. Il n’avait pas été forgé dans le même moule, bien sûr, mais au fond, ce qui l’intéressait par-dessus demeurait le bien-être de son peuple … Comme tous les autres finalement. Certes, il avait certaines valeurs et agissait en conséquences, mais ses motivations premières demeuraient la protection et l’intégrité de sa planète et de ses ressortissants. Puis venait évidemment la sauvegarde des intérêts wrooniens, et enfin la lutte contre certaines pratiques dont il avait lui-même souffert.

Par conséquent, il se sentait toujours gêné quand quelqu’un lui disait préférer sa compagnie à ceux d’autres sénateurs. N’était-on pas toujours le pédant de quelqu’un ? Etait-ce parce qu’il n’était pas aussi assuré que les autres ? Qu’il était plus … normal en quelque sorte ? Au fond, pour autant, il ne se considérait pas comme meilleurs, sauf en ce qui concernait les politiciens réellement corrompus ou notoirement incompétents. Mais tous les autres, que certains méprisaient … Ils faisaient leur travail, finalement. On ne leur demandait pas d’être aimables, mais d’être doués dans ce qu’ils faisaient. C’était clairement différent. Bref, la Jedi venait de le mettre mal à l’aise, en lui rappelant qu’in fine, ses pairs n’étaient pas forcément appréciés … Et qu’il en faisait partie.

« Merci pour le compliment … Je crois ? »

Il y avait plus assuré comme réplique. Mais enfin, il n’allait pas se refaire en un jour. Surtout que parler de l’éventualité d’être malmenés n’était pas vraiment de taille à le calmer. Lui qui abhorrait la violence n’avait guère envie de se retrouver comme nouvelle cible des Aqualish. Surtout que leur réputation n’avait rien de flatteuse, et qu’il doutait que certains aient oublié le guerre entre Ando et la République, plusieurs millénaires auparavant, quand les forces Aqualish avaient été réduites en pièce par la Marine républicaine … A la réflexion, il aurait peut-être mieux valu qu’il ne pense pas à cela. Maintenait, il n’était vraiment pas à son aise ! Pourquoi s’était-il porté volontaire déjà ? Il n’aurait pas pu choisir une planète un peu plus … civilisée ?

« C’est que je n’ai aucune compétence guerrière … Alors bon, je n’aimerais pas que nous ayons des ennuis … »

Il se retint d’ajouter que vu le sort du dernier wroonien qu’elle avait protégé, mieux valait qu’ils ne soient pas attaqués … Ce genre de pique acerbe n’avait jamais été à son goût, même s’il n’était pas rassuré, c’était un fait. Les imprévus en mission de surveillance arrivaient, il en avait conscience. Bien sûr. Sauf qu’entre le savoir et passer outre, il y avait un monde pour une personne tout à fait lambda, qui ne pouvait se vanter ni de compétences particulières, ni de pouvoirs étranges. Tout ce que possédait Alyvan en la matière tenait à peu de choses : son cerveau, et un pistolet laser qu’il n’utilisait jamais, et qu’il ne comptait pas utiliser d’ailleurs. Certes, il était précis, mais viser lui demandait tellement de temps que … Bon. Merci de ne pas le prendre en compte dans une stratégie quelconque.

Repartir sur le terrain des conjectures était autrement plus pratique et à même d’apaiser ses malheureux nerfs. Evidemment, il y avait une possibilité pour qu’il y ait eu déversement d’une toxine, volontaire ou non. Il préférait cependant se concentrer sur le plus probable, à savoir la mutation d’une bactérie qui serait particulièrement prédatrice pour certains systèmes immunitaires et pas d’autres. Il s’agissait du plus crédible, de son point de vue, car le plus tristement commun. Heureusement, la plupart des épidémies virales dans la galaxie étaient le résultat du cours normal de la nature, et non d’une manipulation alien.

« Nous verrons aux premières analyses sur place. Mon matériel a été installé dans le vaisseau, du moins, suffisamment pour ne pas craindre un transport et offrir les facilités d’un laboratoire miniature. Avec quelques droides assistants, les résultats devraient être aux standards biologiques classiques. »

Interrogé sur le trajet, Alyvan récupéra son datapad pour vérifier les données, n’étant pas un géographe patenté. Ses doigts bleutés effleurèrent l’écran pour afficher leur route ainsi que les estimations qui allaient avec, et auxquels il ne comprenait pas grand-chose. Vitesse, carburant, et ceci et cela … Il n’était pas pilote après tout ! Encore heureux d’ailleurs : de l’avis général des membres de l’Explocorps, dont l’immense majorité était des pilotes émérites, parmi les plus doués de la galaxie, même si le wroonien soupçonnait la Force de ne pas y être pour rien, il était inconcevable qu’un engin survive plus de quelques minutes entre ses mains. En même temps, à sa décharge, ce n’était pas l’astro-navigation qu’il avait étudié !

« Nous allons remonter jusqu’à Foless via la Voie Commerciale Corellienne, et de là, nous bifurquerons vers Allanteen, avant de descendre jusqu’à Mon Gazza et Ando, par le sud de la Voie Hydienne …

Bref, nous en aurons pour quelques jours de route … »


Se redressant légèrement, le wroonien reprit :

« Outre la chambre qui vous a été réservée, avec tout le confort que le gouvernement de Wroona peut offrir à ses passagers, vous êtes bien évidemment libre de circuler dans le vaisseau pendant le voyage et de profiter de nos installations … Même si je préférerais que vous n’entriez pas dans le laboratoire. C’est juste qu’il y a pas mal de matériel fragile auquel je tiens beaucoup … »

Se levant, le Sénateur déclara :

« Nous pouvons nous installer dans nos quartiers et nous retrouver pour dîner avec l’équipage ? Si cela vous convient. Sinon, je ferais porter un repas dans votre chambre, Chevalière. »
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Neela Acksedge
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Mar 3 Avr - 18:42
Il y avait parfois du bon à être franc, à aller droit au but, à faire passer la pilule sans prendre le temps de l’enrober d’un peu de sucre pour arrondir les angles. Dans le cas du sénateur, Neela avait peut-être été un peu trop brutal pour le wroonien. Elle analysait encore la réaction de l’homme en face d’elle en espérant y trouver des réponses. Etait-il vexé qu’elle ait affirmé ne pas vraiment porter en très haute estime la mentalité de la plupart des politiciens les plus en vogue dans la République ? C’était une possibilité à ne pas exclure puisque Alyvan Chaldren était lui-même membre de cette élite, mais avait-il compris la subtilité de ses propos ? Avait-il saisi que, même s’il pouvait partager certains des traits de ses confrères, il avait déjà montré un faciès bien plus encourageant et accueillant qu’eux ? Neela n’avait que très peu d’expérience avec la politique de la République, se contentant généralement de s’en tenir à l’écart en partant en mission au plus profond de la Bordure Extérieure mais les rares politiciens qu’elle avait pu rencontrer s’était révélé être de véritables rapaces opportunistes et prêt à tout pour garantir leurs propres intérêts parfois même au détriment de leur propre électeurs. La Jedi n’avait rien contre le patriotisme à outrance avancé par ces derniers -sans doute ferait-elle la même chose si elle se retrouvait propulsée reine de Lucazec- à condition que ce dernier n’ait pas pour but de cacher des bénéfices purement personnels. Elle pouvait peut-être se tromper, -la dernière fois qu’elle avait réellement merdé, cela avait coûté la vie à un sénateur- mais le wroonien ne paraissait pas être l’un de ces hommes politiques qu’elle détestait. Leur vaisseau avait à peine décollé qu’Alyvan Chaldren était parvenu à se glisser au-delà des préjugés les plus tenaces de la Jedi et marquait déjà de bons points. Le fait que ce dernier parle de compliment était de nature à rassurer la Jedi, qui voulait éviter une crise diplomatique qui la jetterais au rebus des relations entre la République et l’Ordre Jedi, aussi se contenta-t-elle d’hocher doucement la tête en signe de soutien, pour qu’il comprenne qu’il s’agissait bien de cela. D’un compliment et non d’un reproche. La rousse poursuivit son analyse et finit à la conclusion que le sénateur était sans doute d’un naturel à ne pas s’estimer en présence d’autrui et qu’il allait sans doute falloir qu’elle le brosse dans le sens du poil si elle souhaitait qu’il se sente a l’aise à ses côtés, qu’il lui fasse confiance.

Neela savait très bien que sa réputation la précédait, que ce qui s’était passé avec le représentant de Saleucami n’était pas du genre à renforcer l’opinion que l’on pouvait avoir d’elle concernant ses compétences de garde du corps, voire ses capacités en général. Les objectifs de cette mission étaient doubles, elle le comprenait à présent. Elle devait protéger le sénateur, mais aussi redorer son blason. Voilà sans doute pourquoi l’Ordre avait exigé sa participation. Il voulait s’assurer que la lucazec ne soit pas placée sur une liste noire qui l’empêcherait de faire autre chose que de traquer des criminels dans les milieux les moins fréquentables de la galaxie. Elle serait donc irréprochable, et elle tenait à rassurer le wroonien sur ce point :

« C’est là justement la raison de ma présence, Sénateur. Je suis certaine que vos compétences médicales ne sont plus à démontrer, mais en ce qui concerne le risque d’avoir des ennuis, soyez assuré que vous êtes en parfaite sécurité. Si jamais la situation venait à se dégrader, veillez à rester près de moi et tout se passera bien… »

Elle se retint d’ajouter que ce qui s’était passé la dernière fois ne se reproduirais pas, qu’il pouvait avoir une confiance aveugle, mais ce serait peut-être remuer le couteau dans la plaie. La rousse voyait bien que ce sujet le mettait mal à l’aise, et cela la dérangeait. Elle aurait pu mettre les pieds dans le plat et le confronter pour tirer un trait définitif sur ce sujet, mais cela aurait été quelque peu brut de décoffrage. Ce n’était pas le meilleur moment, mais d’un autre côté l’idée qu’il puisse avoir des doutes sur ses compétences et sa faculté à le protéger n’était pas une bonne chose non plus. La Jedi préféra donc ne pas s’attarder sur le sujet et acquiesça lorsque le wroonien temporisa au sujet des potentielles causes du virus qui touchait les aqualishs. Sur ce point il avait parfaitement raison, il ne servait à rien de tirer des plans sur la comète avant d’en avoir le cœur net. De toute manière, les compétences de la lucazec en la matière était de très loin inférieures à celle du sénateur Chaldren et elle le laisserait volontiers conjecturer sur le sujet. Elle préféra focaliser ses pensées sur l’étude du trajet que lui présentait son hôte, l’analysant pour y déceler d’éventuelles failles, goulets ou points de ruptures qui pourrait présenter des risques pour leur sécurité avant de se rappeler qu’il était fort peu probable qu’il leur arrive quoi que ce soit durant le voyage. Elle esquissa un léger sourire et imita instinctivement le mouvement en avant du wroonien lorsque ce dernier enchaina sur quelques banalités concernant son séjour à bord, non sans une certaine mise en garde quelque peu… maladroite ?

« Je vous remercie pour ces précisions, Sénateur. Vous savez, je me contente de peu de choses en général, à mes yeux votre hospitalité est plus qu’appréciée… Et ne vous en faites pas pour votre laboratoire, ces choses-là sont un peu trop… compliquées à mes yeux. Sans vouloir vous offenser, bien évidemment. Ce n’est juste pas mon domaine de prédilection, donc en ma présence, votre laboratoire est en to-tale sécurité. Tout comme vous. » termina-t-elle avec un sourire quelque peu maladroit.

Puis elle suivit le mouvement, se levant presque en cadence avant de s’assurer de n’avoir rien déranger en s’étant assise sur le sofa copieusement molletonné, avisant sa proposition :

« Cela me convient parfaitement, sénateur. Il serait grossier de ma part de refuser votre hospitalité, à vous et à votre équipage. »

Elle faisait le voyage à leurs frais, après tout. Un long voyage, d’ailleurs, qu’elle ne comptait pas passer cloitrée dans ses quartiers. Ce serait grossier de sa part, impoli, alors qu’elle tentait au contraire de tisser une relation de confiance mutuelle avec le sénateur Chaldren. Elle le laissa donc vaquer à ses occupations, faisant appel à un membre de l’équipage pour se faire guider jusqu’à sa cabine, qu’elle trouva bien trop spacieuse pour sa modeste personne. Elle profita du temps libre pour méditer sur les pensées néfastes, résidus d’une frange guère reluisante de son passé qui revenait la hanter dans cette situation si particulière. Neela s’était attendue à tout de la part du Conseil, mais certainement pas à devoir protéger un nouveau wroonien suite à cet évènement désastreux. Une chance qu’Alyvan Chaldren ne soit pas le représentant de Saleucami au Sénat, auquel cas elle n’aurait sans doute pas été capable de le regarder dans les yeux sans se demander au combien il devait la haïr pour son échec. La Jedi s’appliqua à chasser une bonne fois pour toute ces réminiscences oubliées, avant de se préparer pour le dîner promis par le sénateur, en présence de tout l’équipage. Et eux, justement. Que pensaient-ils d’elle ?

C’était là, à ses yeux, sa véritable épreuve…
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Alyvan Chaldren
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Dim 8 Avr - 20:03
Passer en revue ses notes, relire certains articles scientifiques précis sur les Aqualish et leur planète, obtenir des ressources complémentaires, mais aussi envoyer quelques messages à ses collaborateurs, répondre à une invitation à débattre en commission d’une nouvelle mission sénatoriale pour son retour, rappeler son absence à la session pleinière de ce mois-ci et motiver son excuse, s’occuper de la paperasse … Alyvan n’eut pas le temps de s’ennuyer une fois retourné dans sa propre cabine où s’amoncelèrent rapidement les datapads. C’était là le fardeau des membres de la Rotonde : alors que toute la galaxie pensait qu’ils ne faisaient strictement rien, nombre d’entre eux n’entretenaient pas une armée de petites mains pour s’occuper de leurs moindres faits et gestes et s’investissaient dans leurs tâches. Pour quelques banthas galeux, la troupe entière ne pouvait être condamnée, tout de même ? Parfois, la défiance suscitée par l’institution pesait au trentenaire, qui aurait aimé expliquer aux critiques que ce travail de fourmi, pour ennuyeux qu’il soit, procédurier et pinailleur, avait des conséquences concrètes et insoupçonnées sur tous les peuples de la galaxie. Bien sûr, il était le premier à critiquer le Sénat pour ses lourdeurs, son opacité, ses tractations secrètes et son aspect souvent déconnecté de certaines réalités. Mais dans cet océan, il y avait tout de même quelques bonnes gens qui travaillaient d’arrache-pied pour accroître le bien-être de leurs compatriotes, comme ils le pouvaient, ne comptant pas leurs heures. Un Sénateur ne devait jamais être malade, évidemment, encore moins en convalescence. Un Sénateur avait toujours le sourire, n’avait jamais de cernes. Du matin au soir, il courrait les événements et était en permanence accorte. A ses débuts, un tel rythme avait stupéfait Alyvan, qui s’était rendu compte avec horreur et un brin de perplexité qu’il était plus fatigué après ses premières journées comme représentant de Wroona que comme scientifique de renom … Comme quoi, mieux valait ne pas juger sans connaître. Les dossiers à connaître étaient souvent d’une complexité atroce, et bien entendu hors de son champ de connaissances primaires. Et même quand il y en avait un dans son domaine, il se heurtait à tout un tas de considérations que le chercheur qu’il était n’avait finalement que peu abordé, comme les coûts, les diverses législations non-harmonisées … Bref, un tombereau d’informations qu’il fallait traiter, car la moindre petite erreur s’avérait fatale, ou au moins synonyme d’une longue humiliation dans les médias, qui ne se priveraient pas de la disséquer avec allégresse. C’était aussi une vie où le sommeil était une denrée rare, avec des réunions aux horaires improbables et des réceptions nocturnes impromptues … Entrecoupées de réunions interminables. Evidemment, il n’était pas à plaindre. Sa situation, comparée à celles de tant d’autres individus dans la galaxie, était fort enviable. Pour autant, il aurait parfois aimé que certains comprennent les efforts et sacrifices de cette caste à laquelle il appartenait désormais, presque malgré lui.

Se dirigeant vers le mess des officiers, il y salua ceux qu’il connaissait. En deux ans, il avait eu le temps d’apprendre quelques éléments sur la vie de ces hommes et femmes qui se tenaient prêts en permanence afin de transporter les officiels de leur planète à travers les routes galactiques. Voilà à n’en pas douter une vie faite de sacrifices que trop ignoraient évidemment. Cela, néanmoins, il le savait avant de les rencontrer, fort de son expérience dans l’Explocorps. Même si les Jedi demeuraient détachés, l’un de ceux avec qui il avait travaillé était marié, et être séparé de son épouse pendant ces longs mois d’exploration restait désagréable. Et il s’agissait d’un homme au calme olympien, veillant à ne jamais se laisser envahir par ses émotions. Alors forcément, quand on parlait de personnes sans cet entraînement drastique … C’était tout de suite plus difficile. Aussi Alyvan essaya d’avoir un mot gentil pour chacun, demandant des nouvelles du petit dernier ou de la grande qui entamait ses études, félicitant pour une naissance, offrant ses condoléances pour un deuil … S’intéressant à leur vie à travers ces discussions banales qu’il affectionnait tant, car éloignées pour un instant du faste et des faux-semblants, où il pouvait être lui-même, et non le Sénateur Chaldren, cet hologramme étrange de sa personne. Lorsque Neela Acksedge parut, un léger silence se fit, que le wroonien s’empressa de combler :

« Notre invitée est arrivée … Plus rien ne nous retient donc pour nous mettre à table. »

Tous se plaçaient, et Alyvan se retrouva à dessein en face d'elle. Rapidement, quelques matelots apportèrent le plat, soit une assiette pour chacun remplie de saucisses corelliennes avec une généreuse portion de purée de pois Salthia. Certains observaient le plat avec envie, d’autres avec une légère perplexité, aussi le Sénateur crut bon de fournir quelques explications :

« La plupart des humains trouvent notre nourriture … épicée. J’ai pris la liberté, par égard pour votre palais, de demander au cuisinier de nous faire des spécialités corelliennes. Elles sont plutôt populaires sur Wroona, et je pense qu’elles vous éviteront quelques désagréments. »

Quelques wrooniens sourirent discrètement. En effet, les plats typiques de leur planète, adaptés pour leur palais, n’étaient pas forcément très bien tolérés par les autres espèces, et c’était sans parler de certains ingrédients comme des algues sous-marines que leur race était habituée à ingérer, et qui occasionnaient immanquablement de sévères maux de ventres pour d’autres peuples … dans le meilleur des cas. Le fait que l’équipage s’adapte à leur invitée était une marque de respect, pour éviter qu’elle ne sente isolée avec un plat spécialement fait pour elle le jour de son arrivée parmi eux. En fait, d’après Alyvan, il était question de politesse … Surtout que les saucisses corelliennes étaient divines, ce dont il se rendit compte après avoir enfourné une première bouchée. Juteuses à souhait, légèrement croustillantes là où le cuisinier les avait fait légèrement dorer … Et ce petit assaisonnement typique, exquis ! La purée rehaussait les senteurs, ce qui suffisait à faire soupirer d’aise ses papilles.

« Vous voulez de la sauce ? »

Tendant un bol de sauce crémeuse, Alyvan s’adressait à la Jedi tandis que l’équipage, petit à petit, se mettait à parler joyeusement, les plaisanteries volant comme de coutume.

« Je me demandais … Vous connaissez le Chevalier Kort ? Nathanael Kort ? C’est un ami. Nous nous sommes connus lorsque j’ai travaillé avec l’Explocorps Jedi, dans ma jeunesse … »

Manière polie de signifier qu’il n’avait rien contre les Jedi, et en appréciait même certains.

« Y a un Jedi qui a donné un coup de main, quand le métro-rail aérien s’est effondré, tiens, quand j’y pense. »

« Il paraît qu’il avait sauvé un type avec M’sieur le Sénateur. »

Amusé, Alyvan expliqua :

« Il s’agit de l’ami dont je parle, à vrai dire. Cela dit, je n’ai pas fait grand-chose, hormis ligaturer deux veines et une artère … »

Certains se récrièrent, et une légère teinte mauve arriva sur ses joues alors que son équipage déclarait le contraire. Se râclant la gorge, le wroonien conclut maladroitement :

« Enfin voilà … Notre planète entretient des liens amicaux avec votre Ordre … »
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Neela Acksedge
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Ven 13 Avr - 16:20
Neela était restée silencieuse lorsqu’un membre de l’équipage était venu l’accompagner pour lui indiquer le chemin jusqu’au mess des officiers. La Jedi n’avait pas besoin de se préparer mentalement au diner qui allait suivre. Elle avait suffisamment d’expérience pour ne pas se faire surprendre, ou être prise au dépourvue dans ce genre d’entrevues. Si ça avait été le cas, elle n’aurait pas pu mener à terme bon nombre de ses missions et se serait fait démasquer depuis longtemps. La Jedi était simplement songeuse et n’éprouvait pas l’envie de discuter avec le jeune wroonien qui guidait ses pas un pont plus bas, où étaient réunis les officiers du bord et le sénateur Chaldren. La rousse nota le silence instauré par son arrivée dans la vaste pièce et l’idée que son passif avec le peuple de Wroona et Saleucami puisse en être la cause s’immisça dans son esprit mais fut vite chassée par la prise de parole du sénateur. Neela le salua d’un signe de tête légèrement prononcé, en signe de remerciements et fit le tour de la table, laissant les membres de l’équipage s’installé avant d’en faire de même face au représentant wroonien. Elle eut à peine le temps de s’installer que le service était déjà à l’œuvre, plusieurs matelots venant apporter des plats. La Jedi se rappela soudainement les assiettes remplies d’algues qu’elle avait dégusté quelques années auparavant et les inerrantes crampes d’estomac qu’elle avait dû calmer.

Elle se prépara mentalement à devoir goûter une fois de plus à ce met wroonien mais haussa un sourcil interloqué lorsque se présenta devant elle une assiette de saucisses et de purée de pois rouges. Son regard perçant glissa lentement de l’assiette vers le visage du wroonien lorsque ce dernier expliqua pourquoi il avait préféré lui épargner les honneurs de la cuisine traditionnelle de son monde. Elle esquissa un léger sourire en remerciement de la politesse dont il faisait preuve à son égard, avant de le faire plus verbalement :

« Je vous remercie de prendre soin de ma santé, Sénateur Chaldren. Les spécialités corelliennes feront l’affaire, j’en suis certaine, bien que j’admette que nous les humains ne somment pas très ouverts sur la culture culinaire des autres peuples. Il faudrait d’abord pour cela que nous soyons enclins à accepter celles de nos semblables disséminés partout dans la galaxie. »

La dernière remarque avait été lancé sur une tonalité un peu plus amusée mais trahissait une vérité bien réelle. Les humains étaient des êtres bien trop fiers et qui tenaient à se différencier de leurs semblables, que ce soit par les simples habitudes ou par une culture propre. La cuisine n’y faisait pas exception, et était d’ailleurs réputée pour être une marque de distinction et de prestige d’importance.

« Les habitants de mon monde natal par exemple ne consomment que très peu de légumes locaux et leurs plats traditionnels sont généralement à base de viande animale et d’écrasé de tubercules. »

Et les lucazec étaient très fiers de leur cuisine, bien qu’elle ne fût pas parmi les meilleures de la Bordure. Par nature, ce n’était pas non plus la plus diététique et n’avait rien de végétarienne du fait du climat extrêmement sec et aride qui prédominait sur la majeure partie de la planète. Le désert recouvrait en grande partie Lucazec et les seules terres fertiles, tout comme les grandes métropoles, se trouvaient concentrées autour des quelques grands lacs qui offraient l’élément nécessaire à la survie des habitants : l’eau.

En revanche, la cuisine corellienne était réputée dans toute la galaxie, où elle s’était rapidement propagée du fait des migrations des colons humains. Neela avait pu y goûter souvent, et n’eut aucun scrupule à entamer son assiette en même temps que les autres et découvrir le cuisinier du bord était plutôt compétent pour restituer des saveurs presque à l’identique de l’authentique plat servi dans les restaurants de la capitale corellienne. La Jedi leva le regard pour constater qu’elel ‘nétait pas la seule à apprécier le menu, et avisa alors la main tendue du sénateur. Le bol de sauce qu’il tenait était exactement ce qui lui manquait pour se laisser transporter à Coronet et elle s’en saisit sans offrir la moindre résistance, hochant la tête et répliquant avec une légère pointe d’humour dans sa voix :

« J’ai entendu quelques contrebandiers affirmer qu’un plat n’est pas corellien s’il n’y a pas de sauce Rancor. »

Elle n’hésita pas à prendre une nouvelle bouchée, savourant le goût relevé de la sauce crémeuse accompagnant le morceau de viande en bouche, attentive à la nouvelle question du sénateur Chaldren. Si elle resta impassible à la prononciation du nom Kort, l’image du chevalier surpris à moitié nu dans la soute de son vaisseau au début de leur opération commune ressurgit aussitôt, pour être rapidement balayée par d’autres souvenirs de leur mission de recherche et de sauvetage. La rousse posa sa fourchette sur le bord de son assiette et s’essuya les lèvres, profitant des remarques des officiers de bord au sujet d’événements récents qu’elle ignorait, avant de répondre simplement, sans entrer dans les détails :

« J’ai eu l’occasion de le rencontrer très récemment, dans le cadre d’une mission que nous avons mené conjointement. J’ignorais que vous le connaissiez. C’est une personne compétente. »

Le compliment était sincère, et venant d’une personne très exigeante sur ce sujet, c’était plutôt élogieux. Tout comme elle appréciait la modestie du sénateur Chaldren, qui cherchait à minimiser l’évènement dont tout le monde venait de parler, et qui le plaçait sur la bonne liste des hommes politiques. La Jedi releva la gêne du wroonien, et loin de vouloir jouer dessus, laissa échapper d’autres propos sincères :

« Vous voyiez, Sénateur, c’est exactement ce genre de comportement qui fait de vous à mes yeux quelqu’un de différent de vos semblables au Sénat. Vous répondez avec modestie là où beaucoup d’autres n’auraient pas hésité une seconde à se mettre en valeur ; à en rajouter. »

Elle chercha du regard la confirmation des autres wrooniens présents, avant de revenir sur les propos du sénateur au sujet des relations entre l’Ordre Jedi et son peuple. Elle ne voulait pas embêter plus Alyvan avec des sujets qui pouvaient le mettre mal à l’aise et risquer de créer une barrière qui s’avèrerait problématique à l’avenir et finit malgré-elle à remettre son passif avec les Wroonien sur la table en espérant pouvoir y faire définitivement table rase :

« Je suis heureuse de vous l’entendre dire. Je sais aussi que ça n’a pas toujours été le cas ces dernières années, mais j’espère que notre collaboration ne fera que renforcer ces relations. »

C’était là un moyen à peine détourné pour signaler qu’elle s’estimait bien responsable de ce qui s’était produit, tout en sondant la réaction des wrooniens présents au tour de la table.
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Alyvan Chaldren
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Lun 16 Avr - 19:39
« Pour le coup, je crois qu’aucun d’entre nous ne vous en tiendra rigueur. Notre espèce a évolué pour absorber naturellement les nitrates contenus dans nos algues et y trouve de quoi contenter ses besoins, mais votre propre morphologie ne peut correctement assimiler une telle dose sans subir quelques menus désagréments … »

Oui, même pour parler gastronomie, Alyvan arrivait à transformer la conversation en un cours sur la xénobiologie. Il était totalement et irrémédiablement indécrottable. Sans doute que sa vraie profession, puisqu’il ne s’estimait aucunement politicien à part entière, lui manquait plus qu’il ne se l’avouait lui-même, et qu’il se plaisait à y faire référence pour agrémenter son discours tout en distillant ça et là sa conception tolérante des différences galactiques, si chère aux wrooniens. Après tout, il ne comprenait pas pourquoi certains s’offusquaient de voir que des races se cantonnaient aux mets conformes à leurs origines. Bien sûr, il y avait une question de goût, de curiosité, mais aussi tout bêtement de capacités biologiques à assimiler tel ou tel composant d’une nourriture particulière. Il ne lui serait pas venu à l’idée de manger les moisissures dont se délectaient les neimodiens, diplomatie ou pas. Pourquoi donc devrait-il attendre des autres ce qu’il ne voulait pas faire ? En fait, s’il pouvait aller plus loin, de son point de vue, s’adapter à ses invités relevait de la politesse la plus élémentaire. Trop souvent, de son expérience, ceux qui obligeaient les nouveaux venus à ingurgiter leurs spécialités locales y trouvaient un malin plaisir. Il s’agissait d’une manière comme d’une autre de mettre mal à l’aise, voir d’intimider, et ainsi de prendre l’ascendant. Le procédé était classique au sein du Sénat, et délétère de son point de vue. Mais en même temps … le scientifique avait horreur des rapports de force – ce qui, pour un Sénateur, le rendait singulièrement impropre à effectuer son métier. Ce n’était pas à proprement parler qu’il fuyait la confrontation, seulement, il détestait les effets de manche de certains, les petits pièges pour déstabiliser l’adversaire politique et ne pas se battre sur le fond. A la guerre comme à la guerre, auraient dit quelques-uns de ses collègues. Certes. Sauf que la Rotonde n’était pas censée être un champ de bataille … Ce qu’elle se trouvait être bien trop souvent à son goût.

« Vous venez d’où, exactement ? »

Etant donné qu’il n’était pas certain que les Jedi aient un régime uniquement carné, du moins à sa connaissance, il en concluait que sa vis-à-vis n’était pas née sur Ossus – ou du moins, ne considérait pas la planète comme son monde d’origine à proprement parler, puisqu’elle était capable de disserter sur les habitudes culturelles de l’endroit où elle était née. Pour avoir grandi sur Saleucami, et non Wroona, Alyvan savait repérer ce genre de détails, et pour cause : il avait été incapable pendant la majeure partie de réellement évoquer les mœurs de sa planète natale sans ajouter un modalisateur pour expliquer qu’au fond … Il n’en savait pas vraiment plus que le commun des mortels de la galaxie. Heureusement, il avait considérablement rattrapé son retard, qui n’était pas béant au demeurant, puisque les colons wrooniens de Saleucami avaient tout de même conservé quelques coutumes de leur monde originel, un peu déformées par l’usage après des siècles, évidemment. Cela l’intriguait. Il savait que Nathanael, par exemple, ne savait pas d’où il venait, et avait réellement été élevé au Temple Jedi. Il avait conscience que c’était le cas d’un certain nombre de nouveaux-nés du Noyau, en vertu de lois gouvernementales passées en accord avec l’Ordre. Au fond, son caractère d’ethnologue pratiquement ressurgissait. Comment des passés si différents pouvaient-ils cohabiter harmonieusement, uniquement guidés par une idéologie, une foi, une morale – là encore, il n’était pas en mesure de dire le mot exact – commune ? La question était proprement fascinante, mais aussi riche d’enseignements sociaux. Dans tous les cas, les spécimens qu’il avait côtoyés jusque-là ne se ressemblait, tout en ayant des traits communs profonds, ce qui l’interloquait vivement. En tout cas, beaucoup ne manquaient pas d’humour, contrairement aux croyances de certains. L’assertion de la Jedi sur la sauce lui arracha un très léger rire, couvert par l’exclamation plus tonitruante du voisin de la jeune femme. En tout cas, le dîner se passait bien, les conversations allaient bon train, et l’adage qui voulait que l’humeur fût coordonnée à un ventre plein se vérifiait une fois de plus. Constatant qu’ils avaient une connaissance en commun, Alyvan sourit, avant d’expliquer, conscient qu’il n’en avait que peu dit sur son passé avec l’Ordre Jedi :

« En fait … Quand j’étais plus jeune … Il y a dix ans environ … Mince, déjà … Bref, j’ai été missionné pour travailler avec votre Ordre, plus précisément votre Corps d’exploration, en qualité d’expert en xénobiologie. Et puis, de mon côté, cela me permettait d’obtenir de nouveaux composants, de mener des expériences sur le terrain … J’ai passé beaucoup de temps avec des membres de l’Explocorps, dont le Chevalier Kort. Nous avons travaillé ensemble à plusieurs reprises.

Pour être honnête, malgré quelques frayeurs, j’ai vécu une année formidable. J’avais même commencé une thèse à mon retour pour étudier la mécanique de la sensibilité à la Force, d’un point de vue moléculaire … Mais je ne suis pas allé bien loin. »


Heureusement qu’il pouvait s’épancher de la sorte, car la suite de la conversation le mit mal à l’aise. Il n’aimait pas les compliments, encore moins sur ce qu’il estimait normal. Et le pire, c’était qu’il se sentait obligé de défendre ses collègues de la Rotonde, alors que parfois, il en pensait pis que pendre, comme si un réflexe grégaire, de caste l’animait malgré lui. En quoi était-il différent ? Lui aussi avait à cœur de contenter ses électeurs … Ses moyens étaient juste différents. Mais sur le fond … Il ne savait pas.

« Beaucoup de mes collègues au Sénat sont des personnes de grande valeur. Bien sûr, il y en a qui ne sont pas forcément des plus sympathiques … Mais s’ils sont compétents …

Dans tous les cas, j’ai agi au mieux. Je peux difficilement en dire plus. Ce n’est pas mal place, de toute manière. »

Il avait conscience qu’autour de la table, certains protestaient, et mettaient cela sur le compte de l’affection que la plupart des marins lui portaient. Avec ses manières simples et son sourire sincère, Alyvan n’avait pas mis longtemps à se faire apprécier du petit personnel gouvernemental. Il ne pouvait hélas pas en dire autant des huiles qui continuaient de se demander ce que leurs compatriotes avaient en tête au moment de porter ce scientifique bégayant et dénué d’ambitions réelles au Sénat. Enfin, ça, c’étaient pour ceux qui ne persiflaient pas sur les rumeurs, par ailleurs parfaitement fondées, entourant sa naissance et le désignant peu ou prou comme un fils à papa … ce qu’il était, d’une certaine manière, au moins politiquement. Il aurait été illusoire de prétendre que l’appui fourni par son géniteur n’avait pas été crucial dans son élection. Tout le monde le savait. Et les raisons de ce soutien, même si officieuses, paraissaient claires pour qui était doué de logique et physionomiste.

La déclaration de la Jedi acheva de jeter un froid sur l’assemblée. Si au cours du repas tous avaient oublié sa responsabilité dans la mort du Sénateur de Saleucami, sa réplique venait de mettre à nouveau en lumière ce fait … et le malaise qui saisissait à nouveau Alyvan. Un instant, couard qu’il était, il se demanda s’il ne ferait pas mieux de botter en touche, surtout que le dessert qui arrivait – un gâteau aérien, pour continuer le thème corellien de leur repas. Pour autant, une part de lui se récria : elle avait essayé de faire le premier pas, il n’allait quand même pas fuir, non ? Un peu de courage, que diable !

« Le Sénateur de Saleucami était un homme d’une rare valeur. Sa perte est tragique, surtout que cela ajoute à l’instabilité de la région, qui n’en a guère besoin … Même s’il paraît que son remplaçant est des plus compétents. »

Alyvan Chaldren, ou l’art de mettre les pieds dans le plat. Il n’y avait pas de juste milieu avec lui.

« Ceci étant dit, malgré les liens historiques qui unissent Wroona et Saleucami, il s’agit d’une autre planète que la nôtre, et nous n’ignorons pas qu’il arrive que le pire se produise dans la Bordure lorsque des personnes intègres tentent de changer les choses.
Vous serez jugée par Wroona sur vos compétences, Chevalière Acksedge. Pas sur le passé. Nous ne sommes ni obtus, ni rancuniers. »


Du moins … En théorie ? Les missions d'escorte qui finissaient mal ... Il y en avait tant. Ce n'était pas comme si elle avait assassiné consciemment le Sénateur de Saleucami, et personne n'avait proféré de telles paroles, d'ailleurs. Conscient néanmoins de la lourdeur de l’atmosphère, Alyvan se fendit d’un large sourire maladroit, avant de lancer à la cantonnade :

« Qui veut du dessert ? Le carbosirop au feen est délicieux, à ce qu’il paraît ! »
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Neela Acksedge
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Ven 20 Avr - 11:47
Neela trouvait amusant de voir le sénateur Chaldren orienter les conversations vers un terrain qu’il trouvait plus confortable, ce qu’était la xénobiologie dans son cas. C’était une situation forte intéressante et qui soulevait l’intelligence du wroonien, qui fait préférer faire appel à ses connaissance réelles, à juste titre puisqu’il avait très certainement raison sur le principe d’évolution de son espèce, plutôt que de s’aventurer de façon hasardeuse en émettant des hypothèses plus ou moins justes pour expliquer les faits. Il n’avait pas le même parler que la plupart des dirigeants adoptaient pour s’élever dans une conversation et donner l’impression de savoir tout sur tout parce qu’ils étaient plus puissants, parce qu’ils étaient plus cultivés. Tout comme ils n’hésitaient pas à imposer leur culture pour déstabiliser l’autre et garder l’ascendant sur leur interlocuteur. La Jedi se souvenait encore du jour où elle avait été contrainte de rencontrer le représentant de Daalang pour régler une affaire qui gangrénait l’économie locale et l’accueil des plus méprisants de ce dernier. La rousse savait apprécier qu’Alyvan Chaldren ne soit pas de ceux-là, et trouvait même charmante la manière dont le wroonien réagissait aux félicitations et la flatterie. Bien évidemment, la plupart savait feindre la modestie mais celle du sénateur qui se tenait assis en face d’elle était sincère. Neela avait passé des années à analyser le comportement des gens pour savoir quand et comment agir pour ne pas se défaire de sa couverture quotidienne, puisqu’il était assez rare qu’elle affiche publiquement son statut de Chevalier Jedi qu’elle avait été pourtant si fière d’obtenir. Fière, ça, elle l’était toujours. Elle avait juste appris à le cacher pour pouvoir se cacher dans la masse des classes moyennes ou populaires si bien que les seules missions qui lui offrait l’opportunité d’agir à découvert étaient les missions officielles, généralement diplomatiques, qu’elle avait mené ces dernières années, dont l’affreux échec ayant causé la mort du sénateur de Saleucami. La question du wroonien sur ses origines fit également ressurgir les souvenirs de son premier retour sur son monde natal et les difficultés rencontrées lors de ses premières discussions avec les habitants. Etre la fille de celle qui avait approfondi les dissensions qu’elle était venue apaiser n’avait pas aider à faciliter le premier contact, mais son statut de Jedi avait finalement permis de calmer l’animosité initiale. Neela était finalement parvenu à ses fins et a gagner une certaine renommée auprès des habitants.

« Je viens de la Bordure Extérieure. De Lucazec pour être précise. Un monde oublié à quelques parsecs de la Perlemienne. Des déserts et des plaines arides à perte de vue. La planète idéale pour un bronzage intégral. Enfin, dans certaines régions le climat est plus tempéré, mais ce n’est pas suffisant pour développer une véritable agriculture. Les Acksedge y ont une vraie réputation, si jamais l’envie vous prend un jour de passer par ce recoin de la galaxie. »

Neela ne critiquait pas son monde natal mais adoptait le point de vue objectif de tout voyageur qui découvrirait Lucazec pour la première fois, et cela commencerait inévitablement par « Bon sang, ce qu’il fait chaud ! » Même si les régions les plus peuplées se trouvaient dans les zones les moins arides, la température moyenne de la planète était bien plus élevée que sur les planètes aux climats tempérés proches d’Alderaan ou Corellia. Ces contraintes climatiques limitaient irrémédiablement le développement économique de la planète, lequel était déjà fortement impacté par l’éloignement avec la route commerciale Perlemienne. Le tourisme n’avait jamais été envisagé comme solution réelle de revenus et de développement pour la planète, mais peut-être était-ce là que la solution se trouvait, en plus du développement de l’exploitation minière des riches gisements qui se cachaient sous la surface de Lucazec. On comprenait immédiatement l’intérêt qu’avait eu Alsakan à installer une colonie sur ce monde il y a des millénaires de cela… L’accueil y était en revanche plutôt bon, le climat ayant au moins eu l’effet bénéfique d’ancrer l’entraide et la bienveillance envers les étrangers dans les us et coutumes locales, alors il était inutile de préciser que toutes les portes vous étaient ouvertes si vous aviez l’occasion de connaître une des familles de l’aristocratie locale. D’ailleurs, si le sénateur Chaldren avait posé la question de son monde natal, c’est qu’il ne connaissait certainement pas grand-chose sur les origines de la Jedi dons son ensemble. Neela trouva que ce n’était peut-être pas plus mal pour commencer, car elle ne voulait pas bénéficier d’un traitement spécial qu’elle ne méritait pas sur le simple fait qu’elle avait des origines aristocratiques, que ce soit d’un monde de la Bordure Extérieure ou du riche Noyau.

La rousse parue satisfaite de voir que ses sorties avaient permis de détendre l’atmosphère au point de déclencher des rires dans la salle, y compris chez Alyvan Chaldren. Ce que ce dernier lui racontait sur son passif avec les Jedi l’intéressa particulièrement. Elle avait effectivement lu que le représentant de Wroona avait séjourné quelque temps auprès du Corps d’Exploration, lequel semblait d’après les rapports avoir retiré quelque chose de bénéfique du passage du xénobiologiste mais Neela trouvait toujours plus intéressant d’entendre les faits sortir directement de la bouche des protagonistes plutôt que d’un simple rapport. Preuve en était son ignorance de la profondeur du lien que semblait avoir le sénateur avec Nathanael, qu’elle pensait se résumer à une simple connaissance du fait d’un travail commun, et non pas d’une succession de projets que l’Anzati et le Wroonien avaient accompli ensemble. Le fait qu’Alyvan ait posé une question aussi directe à propos du chevalier Kort avait bien attiré l’attention de la lucazec, mais certainement pas au point de suspecter une amitié entre les deux mâles.

« Je vois. Je pourrais le saluer pour vous si je le croise à l’occasion, si vous le souhaitez. Je suis certaine qu’il appréciera. C’est quelqu’un de plutôt sociable, et dont j’apprécie la franchise et la curiosité. J’imagine que c’est là un trait que nous partageons tous les trois, d’ailleurs. Le chevalier Kort pour l’inconnu, vous pour les formes de vie étrangères, et moi pour, hé bien, disons pour la culture, l’évolution et le comportement de nos sociétés. Je serais d’ailleurs honorée de pouvoir discuter de nos sujets de prédilection respectifs.

Justement, si je peux me permettre, votre abandon de l’étude de la mécanique de la sensibilité à la Force n’est pas un échec en lui-même. De nombreuses personnes ont essayé de trouver un mécanisme inhérent à la logique, la biologie ou que sais-je, mais tous ont soit échoué, soit été contraint d’abandonner leurs recherches du fait du caractère… non-éthique de celles-ci. »


Lorsque l’on en venait à enlever des individus sensibles à la Force pour les enfermer dans des laboratoires secrets en vue de mener des expériences géniques sur eux, il n’y avait plus de moralité mais uniquement de la cruauté. Pour beaucoup, cependant, la moralité n’était qu’une question de point de vue, comme beaucoup d’autres choses. Neela n’y était pas étrangère, puisque ses enquêtés nécessitaient souvent de mettre de côté le pan moraliste de la philosophie Jedi, elle comprenait donc parfaitement que des représentants au Sénat prennent leurs décisions dans l’intérêt de leur monde avant celui de la République, mais il ne fallait pour autant que cela entraine une généralisation qui mènerait à l’oubli des idéaux républicains, comme cela a pu être le cas par le passé. Le fait que les dernières paroles du sénateur Chaldren à ce sujet puisse susciter des réactions autour d’elles alors qu’elle prenait le temps de savourer les derniers morceaux de ses saucisses corelliennes ne faisait que renforcer ses certitudes sur la bienveillance républicaine qui régnait au sein de la délégation wroonienne au sénat. La Jedi à la crinière de feu préféra rester silencieuse pour ne pas remettre de l’huile sur le feu et se contenta de fixer le sénateur, comme pour faire usage du poids des mots et expressions flatteuses de sa propre délégation pour appuyer son point de vue sur le wroonien.

Hélas, les mots que Neela finit par prononcer à l’approche du dessert doucha subitement les ardeurs bien malgré elle. La lucazec savait qu’elle avait mit les pieds dans le plat en évoquant la période de tension qui avait suivit cet incident tragique dont elle se savait responsable, mais dont elle acceptait les conséquences. Elle avait en effet passé depuis longtemps ce moment de doute où chaque individu se remet en cause, et pointent l’existence de solutions ou de méthodes qui auraient pu mener à un déroulement différent des évènements. La Jedi avait fait le bon choix, celui de vivre avec et d’aller de l’avant, en l’ajoutant au tissu cicatriciel de son âme. Néanmoins, comme souvent, il était toujours agréable d’entendre les autres tenter de vous dédouaner des faits…

« Je vous remercie pour ces mots sénateur. Je fais moi-même de mon mieux pour tenter d’offrir un avenir meilleur aux mondes de la Bordure, mais ce ne sont pas actions de quelques individus isolés qui feront bouger les choses.

Sachez que je saurais me montrer digne de votre hospitalité, tant en mes qualités de Jedi que de mes origines lucazecs. De fait, je prendrai volontiers un peu de ce dessert. »
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Alyvan Chaldren
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Dim 29 Avr - 23:29
Ainsi, la Jedi venait de Lucazec … Donc de la Bordure Extérieure, de ce qu’il comprenait. Avait-il déjà entendu parler de la planète avant ? Oui, vaguement. Savait-il où elle se trouvait ? En haut d’une carte galactique classique, aurait-il dit sans conviction d’ailleurs. Pour le reste … Oui, autant l’avouer, Alyvan n’avait strictement aucune connaissance sur ladite planète, hormis qu’en effet, ce ne devait pas être un endroit très couru. Pourtant, il avait, surtout vu l’emplacement de son propre monde, de bonnes bases géographiques, mais ne pouvait pas évidemment savoir tout sur l’ensemble des planètes de la galaxie. Déjà que de la République … Oh, il apprenait l’existence de nouveaux mondes tous les jours, au Sénat ! Au moins, il n’était pas seul dans ce cas, puisque le reste de la tablée affichait une mine perplexe … Sauf Wrontir, qui était né sur Quermia, et avait voyagé longtemps dans la Bordure, avant de se ranger quelques années auparavant et d’intégrer la marine de Wroona suite à son mariage. Il devrait peut-être l’interroger discrètement après le repas, histoire d’en savoir plus et de ne pas paraître comme un rustre à leur hôte. Au moins pouvait-il voir à quoi le climat qu’elle décrivait correspondait, vu que Saleucami, où il avait grandi, était une planète essentiellement désertique.

« Je vois … J’ai aussi grandi dans la Bordure Extérieure, sur Saleucami, même si je suis né sur Wroona. Autant dire qu’en matière de climat désertique, je pense avoir une bonne expérience de ce que vous évoquez. Heureusement d’ailleurs, parce que si je devais un jour visiter Lucazec, ce serait fâcheux que j’en ressorte violet, et non bleu ! »

Que le premier ayant vu un wroonien brûlé par le soleil lui jette la pierre, mais il n’y avait rien de plus disgracieux ! Et de risible pour un humain probablement … Enfin, même si eux-aussi avaient des réactions amusantes à la chaleur. Il se souvenait des humains sur Saleucami, et de leurs grandes tâches rougeâtres sur la peau … A l’époque, il était fasciné de voir les différences de réactions entre les différentes espèces, probablement une prémisse de son intérêt scientifique pour les divergences de métabolisme. D’une manière générale, Alyvan éprouvait une forme d’attrait réel pour la biologie humanoïde : pourquoi telle espèce avait évolué d’une certaine manière et pas une autre, pourquoi les humains, qui n’avaient finalement rien d’extaordinaire, avaient réussi à essaimer de la sorte dans toute la galaxie ? Il n’y avait rien de péjoratif dans ce qu’il disait, simplement une constatation : certaines espèces avec des avantages conséquents en termes de force, par exemple, ne prospéraient pas, alors que la race humaine se propageait, colonisait, se reproduisait avec rapidité … Sa réponse, évidemment, n’était pas différente de celle de beaucoup : les humains étaient hautement adaptables, cependant, pour lui, cela tenait autant de la biologie que du culturel. Le métabolisme humain était fait pour une amplitude de température médiane qui rendait beaucoup de mondes habitables pour eux. Ils avaient aussi une réelle capacité à se fondre dans une civilisation étrangère. Après tout, la minorité humaine sur Wroona avait parfaitement réussi à se faire accepter, tout en conservant ses propres traditions. Il s’agissait d’une réelle force, en soi. Sans doute également que les possibilités multiples de reproduction avec d’autres espèces aidaient … Pourquoi est-ce qu’il pensait à ça, déjà ! Vite, il devait se reconcentrer avant de rougir … Et donc d’avoir les joues mauves. Il en serait mortifié.

« Oh, oui, si vous en avez l’occasion. Enfin, éloignez-vous d’abord de son vaisseau, il a le don de faire avoir le mal de l’espace à n’importe quel estomac normalement constitué … »

Gentiment, il ajouta :

« Si vous voulez, bien entendu. Nous avons du temps devant nous, après tout. La culture wroonienne vous intéresse-t-elle ? »

Si oui, elle allait gagner des points avec son équipage. Non pas que les wrooniens soient chauvins mais comme toute espèce, ils avaient leur petite fierté. Quant à ses recherches …

« Oh, j’avais obtenu de bons résultats … Mais pour aller plus loin, sans sensibilité moi-même, et sans fonds supplémentaires … Enfin, ce n’était sans doute pas raisonnable. Même si le sujet est passionnant. Une évolution rare commune à toutes les espèces, pratiquement … C’est le rêve de tout xénobiologiste, que de trouver un caractère de la sorte, une forme de matrice du vivant …

J’avais cru comprendre que c’était ainsi que vous voyiez les choses, au sein de l’Ordre. »


Les croyances n’étaient pas forcément éloignées des réalités scientifiques. Beaucoup avaient pour fondements l’observation de l’environnement, alors qu’il y avait des points communs entre son esprit cartésien et la philosophie Jedi ne l’avait jamais vraiment étonné. Il eut été idiot de balayer d’un revers de main un autre système de pensée, simplement parce qu’il n’y était pas initié, et ne pouvait pas le comprendre entièrement.

« Je précise tout de même que mes recherches étaient parfaitement éthiques … Non pas que la dissection ne m’intéresse pas, mais je la préfère sur sujet mort de sa belle mort que vivant … »

De l’humour noir ? Même pas. Alyvan ne voyait pas pourquoi il s’en cacherait : une partie de son travail consistait clairement en cette tâche peu ragoûtante pour le commun des mortels, mais néanmoins essentielle pour comprendre le fonctionnement précis des anatomies. Ce n’était pas l’ensemble de ses recherches, mais cela y avait contribué, oui. Alors après, chacun en pensait ce qu’il voulait. Lui assumait pleinement tous les aspects des travaux qu’il avait pu mener. Que ceux qui n’étaient pas d’accord le dise, et tout le monde en resterait là.

« Par moment, Sénateur, vous êtes un peu bizarre … »

« C’est les scientifiques ça, Wrontir ! Sauf vot’ respect … »

Le politicien se contenta de sourire, heureux néanmoins de ce détournement de sujet. Surtout que la suite s’annonçait tout aussi difficile. Enfin, ils avaient aplani le problème majeur qui flottait dans l’air depuis que l’humaine était montée sur ce vaisseau. Et manifestement, la Jedi s’en contentait. Tout était pour le mieux, donc. Du moins, à première vue. Avec un joli sourire, Alyvan lui répondit donc :

« Mieux vaut quelques actions isolées pour soulager de souffrances que rien du tout. Même si, en effet … Des politiques plus amples ne seraient pas de trop. Hormis sur la diaspora wroonienne, je n’ai malheureusement pour le moment que peu de pouvoir.

Avec le temps, peut-être que cela changera. »


Il lui servit du gâteau, et tous savourèrent leur dessert. Finalement, ce voyage commençait peut-être sous de meilleurs auspices qu’il ne l’aurait pensé de prime abord …
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Neela Acksedge
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Jeu 3 Mai - 10:35
La Bordure Extérieure était effectivement très vaste, et Lucazec se trouvait perdu loin des routes affluentes qui zébrait la partie connue de cet immense territoire. Ce n’était pas le cas de Wroona, qui se situait sur la Bordure Intérieure et à proximité d’un des plus grands axes commerciaux de la galaxie. Pourtant, la Jedi n’aurait pas pu positionner précisément sur une carte le monde que représentait le sénateur Chaldren. Elle n’avait même jamais mis les pieds sur la planète aux océans de moisissure avant ce jour. Elle connaissait en revanche Saleucami, et savait exactement où positionner cette planète sur un atlas de la galaxie. Proche de Lucazec géographiquement car situé à presque égale distance à l’opposé de la Route Perlemienne, il s’agissait là aussi d’une planète au climat aride, presque désertique. C’était aussi la demeure du sénateur que la Jedi avait perdu lors de sa dernière mission diplomatique d’envergure. Elle se souvenait de son passage dans un des déserts situés proche de l’équateur, aux-côtés de Maitre Rao, où elle avait pu réaliser que son trop long séjour à Ossus lui avait fait perdre l’habitude de la chaleur écrasante de Lucazec. La rousse était revenue au vaisseau avec la peau plus rouge qu’une tomate, et ce malgré le voile de tissu qui avait protégé son visage du sable et des rayons du soleil. Aussi rigola-t-elle légèrement lorsque le sénateur Chaldren évoqua la réaction cutanée des wrooniens, et qu’une pensée imagée de la chose présenta à son esprit.

« Ce serait fâcheux, en effet ! Mais n’hésitez pas à me contacter si vous faites un tour sur Lucazec. Si je peux me rendre disponible… »

La Jedi se surprenait presque elle-même à proposer ce genre de choses à un homme qu’elle ne connaissait que très peu, mais qui s’était montré des plus aimable. Elle le dévisagea un peu plus tout en buvant une gorgée de son verre, analysant les brûlures qui arquaient le visage du wroonien au niveau des pommettes et du nez, puis prit conscience de son observation dérangeante et détourna le regard pour rebondir sur la remarque d’un des officiers présents autour de la table. Gênée, la Jedi venait peut-être de comprendre pourquoi elle trouvait le sénateur Charldren si aimable et agréable, ou plutôt un facteur de plus à coller à côté de son comportement courtois et sa réelle bienveillance : le wroonien lui faisait penser peu ou prou à un homme qu’elle avait rencontré sur Alderaan neuf ans plus tôt, et avec qui elle avait eu ce qui était sans doute à ce jour sa seule relation sincère. Certes cette personne n’avait pas le teint bleu, n’était pas wroonien et encore moins sénateur, mais il se dégageait d’Alyvan Chaldren une aura similaire. Et elle devait l’admettre, malgré ses brulures, le sénateur possédait un visage charmant aux traits agréables. La rousse chassa cette pensée de son esprit avant de se mettre à rougir et s’accrocha à la réponse de son hôte pour ne pas laisser trop de place à ce qui n’avait pas sa place en ce lieu :

« Je m’intéresse à toutes les cultures, et je ne connais que trop peu celle de votre peuple. Je serais ravie d’en apprendre plus, oui. »

Et hop, Neela retrouva aussitôt toute sa consistance et la maitrise d’elle-même, acquiesçant et remerciant les membres de l’équipage pour leurs réponses immédiates avant de rebondir sur le sujet des recherches du sénateur concernant la Force et l’influence que celle-ci exerçait sur tous les êtres de la galaxie. La Jedi n’hésita pas à abonder dans le sens du sénateur avant de souligner qu’il était l’un des rares à avoir fait de l’éthique une ligne rouge à ne pas franchir. Puis, levant son verre pour boire une nouvelle gorgée, elle finit par reprendre la parole pour éclaircir le raisonnement du xénobiologiste qui résidait au coeur du wroonien :

« D’une certaine façon, c’est de cela dont il est question. La Force est bien une forme d’énergie générée par le vivant, qui nous entoure et nous transcende. Mais plus que ça, la Force est ce qui lie toute la galaxie. En soi, elle est bien une forme de matrice du vivant, mais la circonscrire à ce simple aspect est une erreur. Elle est bien plus, c’est un tout. Sinon, comment pourrais-je soulever cette fourchette ? »

Elle accompagna son raisonnement en amenant sa main au-dessus de la table, paume ouverte, pour soulever le couvert et le faire doucement tournoyer quelques instants avant de le ramener sur la table et poursuivre on explication :

« La Force est également tissée à nos émotions, la peur, la joie, et se laisser accaparer par celles-ci décuple l’effet et l’influence de la Force autour de nous, pour le bien comme pour le pire. La Force a donc un aspect vivant, oui, mais elle est tout autant universelle. Vous pourrez peut-être trouver un raisonnement, une matrice, une explication concernant le vivant, mais votre réponse ne sera pas valable en ce qui concerne la Force dans son universalité. »

La rousse esquissa un léger sourire, et conclut :

« Néanmoins, je trouve votre analogie tout à fait pertinente, Sénateur Chaldren. »

Elle vida doucement son verre et accepta la proposition de son voisin de table lorsque celui lui proposa de la resservir et resta attentive aux remarques des autres membres de l’équipage. Neela esquissa un léger sourire similaire à celui du wroonien. Elle aussi, parfois, pouvait paraître quelque peu bizarre, ce n’était pas limité aux seuls scientifiques. La Jedi préféra ne pas s’attarder sur les problèmes de politique dans la république galactique. Ce n’était pas sa place que de commenter ce genre de choses de façon aussi ouvertes. Elle était là pour régler les problèmes locaux, et parfois régionaux dans la « discrétion » et non par l’intervention visible et marquée qu’impliquait ce genre de politique. Elle se contenta donc de répondre qu’avec le temps, effectivement, peut-être cela finirait par changer. Neela cependant n’y croyait point, mais chassa ces pensées pessimistes pour savourer le dessert typiquement corellien et profiter de cette discussion officielle avec le sénateur pour en apprendre plus sur ses affaires récentes. La rousse réserva ses questions sur la culture corellienne pour des entrevues moins formelles au cours de leur voyage, profitant également du trajet pour faire le point sur la situation politique et sécuritaire sur Ando alors que l’épidémie continuait de faire rage à la surface. Avec trois jours de trajet, la Jedi pouvait à présent confirmer que la compagnie du sénateur Chaldren était appréciable, et celle de l’équipage wroonien plutôt agréable étant donné son passif avec les derniers représentants de leur peuple. Sans doute que ses petites plaisanteries et son naturel acquis grâce à son expérience acquise intensivement au fil des années avait joué. Ils trouveraient d’autant plus bizarre de découvrir les autres facettes de la Jedi si la situation venait un moment à dégénérer…

Leur vaisseau finit par arriver sur Ando et la Jedi sentit les vibrations de la sortie de vitesse-lumière peu de temps avant que l’officier de quart ne l’informât de leur arrivée en orbite d’Ando. Neela signala son arrivée et quitta sa méditation avant de prendre le chemin de la passerelle. Une fois arrivée, elle demanda si tout semblait normal et écouta les échanges qui provenait du contrôle au sol. Le but : déceler d’éventuelles hésitations, des expressions ou des tics qui signaleraient une gêne chez le contrôleur qui trahirait un éventuel problème à venir à leur arrivée. La Jedi ne découvrit rien, et profita de l’entrée dans l’atmosphère. Ce n’est que lorsque le vaisseau diplomatique passa en vol atmosphérique en vue de se poser que la rousse quitta la passerelle pour se rendre vers le sas de la rampe de débarquement après avoir signalé son départ. Elle en profita pour consulter l’heure, et se rappela que selon l’équipage, c’était tout juste l’aube sur Wroona et elle était déjà réveillée depuis plus de trois heures.
Finalement, elle finit par retrouver le sénateur Chaldren, et  le vaisseau diplomatique ne tarderait pas à toucher le sol. Elle sourit à nouveau, et le salua d’un signe de tête prononcé des plus respectueux :

« Sénateur Chaldren. Avez-vous passé une bonne nuit ? J’ai cru comprendre que le gouverneur de la région vous attend avec une certaine impatience. Mais je n’ai détecté aucune animosité chez lui, si cela peut vous rassurer. »

Déjà, autour d’eux, des officiers de bord se rassemblaient pour préparer le débarquement.
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Alyvan Chaldren
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Dim 13 Mai - 17:34
« Vous ne le regretterez pas. Nous sommes un peuple qui gagne à être connu, Chevalière. »

Le Sénateur avait les yeux qui brillaient légèrement de malice à cette phrase, comme s’il s’amusait de s’inclure dans cet ensemble, se moquant doucement de sa propre transparence. Nul doute qu’il fallait bien le connaître, de caractère ou de réputation, pour comprendre l’ironie douce qui se dégageait de ses dires. Une personne à l’esprit mal tourné aurait pu également déceler dans son fin sourire une invitation indirecte, même s’il n’avait pas nécessairement ce genre de pensées en tête. Dans tous les cas, il laissa l’ambiguïté demeurer, ce qu’il faisait trop rarement. Il aimait ces facéties, du moins, une fois débarrassé de sa timidité et avait conservé en cela le joli goût de rire de ses vingt ans. Peut-être était-ce aussi pour cela qu’on le prenait pour bien plus jeune qu’il n’était. Il n’était pas rangé, pas marié, sans enfant, et arborait cette curiosité de gamin face aux mystères de la galaxie comme aux plus petits événements, de même que cet amusement d’enfant en privé, ce caractère léger qui aimait discuter et plaisanter doucement, rêver trop et ne pas penser à l’avenir, seulement au présent … Etait-ce la marque du génie, ou de l’immaturité ? Probablement un peu des deux, car le génie venait toujours avec une petite part de folie, ce grain étrange qui déconcertait. En un sens, Alyvan ressemblait à son physique : sous les cicatrices de l’âge adulte se cachait encore une âme délicate qui ne demandait qu’à s’envoler, qu’à guérir et vivre.

Cela ne l’empêchait pas d’être un indécrottable cartésien. Cependant, il l’avait toujours été. Ses rêves concernaient ses capacités à résoudre les énigmes galactiques, pas forcément à s’en émerveiller, ou du moins, sous un angle purement logique. Alyvan l’admettait volontiers : il aimait les défis intellectuels, ce qui dépassait le cadre apparent du pur esprit mathématique, de la sphère expérimentale, son champ d’action favori pour englober les champs sociaux, et même spirituels. Il était de ces hommes qui, plutôt de se morfondre sur le fait qu’ils n’avaient pas d’aile, en construisaient pour s’élancer dans les cieux. Sa curiosité envers la Force était de cet ordre. Il aimait entendre les explications des Jedi, parfois d’autres personnes clamant la voir, comme les miralukas, certains kel dor … Mais ce qui le passionnait, c’était en effet d’en tirer une explication. Il avait tendance à penser que rien n’existait comme un tout, sans pouvoir le prouver. La nature mystique de la Force n’était pas de son ressort. Il ne croyait guère dans les divinités wrooniennes, ce n’était pas pour aller épouser d’autres traditions à propos de quelque chose qu’il ne pourrait jamais embrasser dans sa totalité. Ce n’était ni grave, ni important à ses yeux. L’essentiel était ailleurs, dans ce couvert qui voletait. Avec une mine pensive, le xénobiologiste commenta la prouesse, qui faisait chuchoter quelques marins :

« Je pourrais hasarder la thèse que la Force, plutôt qu’une constituante au sens strict du vivant, est un composé atomique, et qu’ainsi, vous influez sur la structure même des molécules de l’air et de cette fourchette pour dépasser les lois de la gravité … Mais je ne suis pas physicien. Et ce ne sera jamais qu’une hypothèse purement scientifique, sans l’aspect … mystique entourant ce en quoi vous croyez et qui vous appartient. »

Rien qu’en parlant, son esprit échafaudait mille expérimentations possibles pour le prouver, qu’il ne mènerait jamais à bien. Qu’importait, au fond ? L’exercice seul lui suffisait. Et alors que le repas arrivait à son terme, Alyvan constata que tout s’était déroulé, au point que lui-même était allé au-delà de sa politesse ordinaire pour mettre à l’aise son hôte, renouant avec le jeune homme qu’il avait été pendant ses études, à animer joyeusement les conversations étudiantes de soirées entre amis pour plaire à sa compagne de l’époque qui le regardait s’animer, une lueur amusée dans le regard. Ah, que ce temps était loin … Et qu’il était plaisant, parfois, de le retrouver, et de redevenir un peu ce garçon assoiffé de connaissances, et non ce Sénateur prudent qu’il devenait peu à peu. C’était agréable, de discuter ainsi, de retrouver ses accents d’antan qui lui plaisaient tant. Quant il en eut l’occasion au cours du voyage et des jours qui suivirent, le wroonien se surprit à se perdre en conjectures ou simplement en gentils exposés sur l’histoire de Wroona, sa culture si particulière … La Jedi était une oreille attentive, ce qu’il appréciait. Et puis, l’avantage était qu’il n’avait pas forcément besoin de faire attention à ce qu’il disait. Mine de rien … cela faisait un bien fou.

Néanmoins, l’arrivée sur Ando survint, et Alyvan dût à regret retrouver ses allures d’homme politique. Aussi il se prépara, dans sa cabine, faisant le vide dans sa tête pour se concentrer sur le problème en cours et les échanges à venir, qui s’annonçaient longs et nettement moins gratifiants. Quand il s’estima autant satisfait de son apparence que de son état mental, le Sénateur sortit de sa cabine, l’atterrissage ayant eu lieu. Il retrouva inévitablement sa garde du corps impromptue pour l’occasion, et acquiesça un peu machinalement à son propos, avant de grincer, pince-sans-rire, et surtout horriblement nerveux :

« Je peux donc enlever mon armure complète … Et moi qui pensait que j’aurais l’air plus imposant ainsi, quel regret vous me causez …

Mon cauchemar de la nuit dernière se réalise donc. »


La passerelle descendue, ils l’empruntèrent, et aussitôt, un Aqualish de haute taille vint à leur rencontre pour leur souhaiter la bienvenue – du moins, c’était ainsi qu’Alyvan le comprenait. Leur interprète le confirma rapidement, alors que l’Aqualish, qui se présenta comme Ponda Nudo, gouverneur local, avant de leur proposer de les embarquer directement pour l’hôpital le plus proche, afin qu’ils se rendent compte de l’étendue des dégâts. Le wroonien, légèrement surpris par cette entrée en la matière pour le moins …  directe, finit par répondre par l’affirmative avant d’ordonner en quelques mots à ses hommes de sortir le matériel de protection et de décontamination. Après tout, ils ne savaient pas si l’infection s’attaquerait à leurs propres systèmes. C’est ainsi qu’ils se retrouvèrent bientôt dans une navette, harnachés dans des combinaisons et avec un fatras d’appareils de mesure.

« Voilà ce qui s’appelle rentrer dans le vif du sujet … »

Ils arrivèrent. L’hôpital faisait manifestement l’objet d’une procédure de quarantaine néanmoins, la présence de Nudo suffit à les faire admettre. A l’intérieur, le chaos était indescriptible. Plusieurs dizaines, centaines peut-être d’Aqualish gisaient à peu près partout. Beaucoup arboraient des lésions sur la peau purulentes, mais pas tous. Certains toussaient, crachotant du sang, quand d’autres paraissaient pris de coliques épouvantables. Heureusement que l’odeur était filtrée par la combinaison car elle devait être indescriptible. L’ensemble paraissait tout droit sorti des enfers. Alyvan observa un moment la scène, légèrement paralysé, avant qu’un grognement de douleur non loin ne le fasse sortir de sa transe. Mécaniquement, ses mains se portèrent à son matériel, et il en sortit des instruments divers, avant d’expliquer à leur hôte :

« Je vais commencer par faire des prélèvements d’écoulements et déjections … Est-ce qu’un médecin peut me dire quels sont les symptômes ? »

Un Aqualish manifestement harassé arriva après quelques minutes pour grommeler dans sa langue quelques indications que lui traduisit leur interprète, qui paraissait totalement mort de peur dans sa combinaison. Les malades étaient affectés de diverses manières, et beaucoup ne présentaient pas les mêmes affections. Alyvan résolut donc de faire des prélèvements sur trois cobayes non affectés par les deux autres symptômes principaux, et d’en faire un dernier sur un mourant. La tâche morbide, n’avait rien d’agréable. Il observa encore un peu, avant de soupirer :

« J’ai tout ce qu’il me faut je crois. Nous pouvons y aller. »

Face aux protestations de Nudo, le wroonien s’expliqua :

« Je suis xénobiologiste, pas médecin. Et du reste, sans savoir précisément de quoi souffrent ces gens, je ne peux pas envisager grand-chose. »

Il ignorait si la Jedi avait des dons en la matière que lui ne possédait pas. En l’espèce, pour autant, il ne pouvait que transférer en culture les échantillons, puis attendre et observer … Le gouverneur l’observa, avant de marmonner dans ses défenses et de tourner les talons.
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Neela Acksedge
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Dim 3 Juin - 15:21
La Jedi esquissa un léger sourire amusé en réponse à la plaisanterie du sénateur bien qu’elle ressentit une certaine nervosité chez l’homme qu’elle avait pour mission de protéger. Neela laissa glisser son regard en biais avant de le reporter sur la passerelle qui s’abaissait vers le sol et révélait aux membres de la délégation l’air chaud de l’extérieur. La rousse s’était bien gardée de questionner Alyvan Chaldren sur son soi-disant cauchemar, ne souhaitant pas le mettre mal à l’aise avant la rencontre à venir avec le gouverneur local. Elle se contenta plutôt de le suivre et descendit la passerelle à ses côtés jusqu’à ce que le plat de ses bottes touche enfin la terre ferme d’Ando. La chevalière avisa un instant l’homme qui vînt à leur rencontre, projetant distraitement la Force autour d’elle pour sonder son humeur et distinguer la moindre animosité ou contrariété mais ne décela rien d’intéressant ou représentant une quelconque menace, aussi lui rendit-elle promptement ses salutations lorsqu’il prit la parole pour souhaiter la bienvenue aux arrivants dont elle faisait partie.
Neela fut néanmoins étonnée de constater que leur interlocuteur était pressé de mettre ses invités au travail, ce qui trahissait la gravité de la situation et aussi peut-être la volonté du gouverneur de régler le problème avant qu’il n’échappe à tout contrôle. C’était là une décision sage aux yeux de la rousse, qui préférait voir un homme dévoué à la résolution du problème plutôt qu’un ploutocrate ou bureaucrate désireux de respecter un certain protocole au détriment de la population.

La chevalière devait bien admettre qu’elle n’avait pas bien réalisé la gravité de la situation dans laquelle elle avait accepté de se jeter mais le comprit bien vite lorsque le wroonien invoqua la nécessité de se protéger physiquement, à juste titre bien évidemment. Se retrouver engoncer dans une combinaison de protection avec un casque presque deux fois plus gros que sa tête lui rappela des souvenirs récents, avec le chevalier Kort, à bord de ce vaisseau abandonné porté disparu dans la Bordure Extérieure.
Neela retînt un soupir et afficha un air professionnel et sérieux pendant tout le voyage dans la navette jusqu’à l’hôpital, se demandant alors ce qu’ils faisaient tous là. Malgré la combinaison et le fait qu’ils approchaient de leur destination, la rousse n’avait pas encore compris la gravité de la situation et le danger qu’ils encouraient à se déplacer dans la zone de quarantaine. Ce ne fut que lorsqu’ils eurent débarqué et pénétré dans l’hôpital que la réalité vînt la frapper de plein fouet, son ventre se nouant durement.

« Sénateur, je… »

Le chaos était indescriptible, et il était difficile pour elle de ne pas ressentir fortement la détresse et l’agonie de tout ces gens. Elle s’immobilisa un instant, portant une main gantée et protégée contre le mur du couloir, pour se concentrer et chasser toutes ces pensées qui l’assaillaient avant qu’elle n’en perde le contrôle. Le malaise était intense, tant la scène se présentant devant elle était horrifiante. Il n’y avait pas assez de lits pour tous les patients, qui gisaient et vomissaient du sang à même le sol. Neela avait vu des choses indescriptibles, mais rien de comparable à ce qui se dressait devant elle. Bien que l’odeur ne traversât pas les filtres de sa combinaison, elle n’avait pas de peine à l’imaginer, âcre et immonde.

« … ça va aller. Allez-y, ne vous occupez pas de moi. » lâcha-t-elle pour éviter que le wroonien ne se détourne de la tâche la plus importante pour lui venir en aide.

Néanmoins paralysée, elle mit du temps à retrouver un semblant de contenance malgré la pensée qui continuait de persister dans son esprit : elle n’avait rien à faire ici, c’était des guérisseurs dont ces gens avaient besoin. Pourtant, instinctivement, elle suivit le mouvement lorsque le wroonien se mit en marche et demanda quels étaient les symptômes. A vrai dire, vu le nombre de patients à l’agonie autour d’elle, sans doute Neela aurait-elle pu les lui donner elle-même mais sa réponse aurait été grandement faussée puisqu’elle n’avait aucune idée du processus d’incubation, les aqualish autour d’elle semblant être au stade final de l’infection.
La Jedi prit une grande inspiration et se focalisa sur l’instant présent, chassant de son esprit les hypothèses et ses émotions les plus fortes, les cadenassant dans les recoins les plus éloignés de sa pensée pour aider au mieux le sénateur dans sa tâche et éviter que les patients les plus désespérés ne viennent lui demander son aide avec insistance. Elle n’avait écouté que distraitement les indications du médecin Aqualish, et se contenta de s’approcher d’un des mourants tout en évitant de le toucher. Elle chercha à canaliser la Force pour tenter d’établir une connexion, de ressentir l’agonie et la détresse de son corps, mais ses connaissances de guérison étaient de loin en deçà de celles des guérisseurs de l’Ordre.

Neela soupira et se redressa, uniquement pour retrouver Alyvan pointé du doigt par le gouverneur local, ce dernier insistant pour qu’il fasse quelque chose tandis que le wroonien lui expliquait qu’il n’était pas médecin. La Jedi secoua la tête puis vînt se placer entre les deux hommes :

« Ce n’est pas le lieu ni l’endroit pour… discuter de ce genre de choses. Votre peuple meurt, monsieur le gouverneur, et nous comprenons votre détresse, mais sachez que nous allons faire de notre mieux pour vous aider. Mais pour cela, nous devons faire ces analyses, vous comprenez ? Comment aider votre peuple si nous ne savons pas par où commencer ? »

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre ou de protester, et fit signe au wroonien de se mettre en marche. Elle avait besoin de respirer loin de cet enfer, pour mieux s’y replonger plus tard. Une fois dehors, elle fit une halte et interpella le sénateur :

« J’ai tenté de sonder un des mou… pardon, un des patients, avec la Force. Je sais que ce n’est pas la raison de ma présence ici, et que je ne suis pas guérisseuse mais je pourrais peut-être vous aider. Cependant… ça implique un contact direct avec ces gens. »
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Alyvan Chaldren
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Lun 25 Juin - 17:55
Etre xénobiologiste avait un inconvénient majeur : celui de n’être jamais à la hauteur des attentes, de ne pas être suffisant. Alyvan avait fini par comprendre que sa formation l’exposait irrémédiablement à la déception de tous ceux qui pouvaient faire appel à lui en dehors des cercles fermés que constituaient l’environnement médico-scientifique ou l’industrie pharmaceutique. Les laborantins exerçaient leur art dans l’ombre, et la plupart de leurs travaux servaient à d’autres pour se couvrir de gloire. Quand la paternité d’une évolution scientifique leur était attribuée, elle finissait généralement dans les limbes, trop absconses pour être comprise en dehors d’un petit nombre d’élus au vu de la technicité de ces découvertes. Et puis, évidemment, il y avait tous ces moments où il fallait expliquer que la science avait ses limites, et qu’elle ne pouvait pas créer des miracles à la demande. En somme, il y avait tous ces moments où il devait expliquer que son travail constituait en de la recherche, et qu’il n’était pas à même de soulager directement quelqu’un en souffrance. Bien sûr, in fine, ses œuvres y servaient … Mais manquait alors le lien charnel qui pouvait exister entre un médecin et son patient. Lui à la rigueur trouvait une formule chimique et … d’autres l’administreraient et on l’oublierait. Pour humble qu’il soit, le sénateur admettait sans mal que ce constat avait quelque chose de désespérant, alors que dans le même temps, la culpabilité pour ne pas parvenir à faire plus était bien réelle. C’était un crève-cœur que de devoir partir sans avoir rien tenté immédiatement pour aider ces malades, et ce alors qu’il savait parfaitement qu’une telle pensée était ridicule : en l’état, même un honorable professeur en infectiologie aquatique n’aurait strictement rien pu faire, hormis dispenser quelques médicaments pour diminuer la douleur et offrir une fin plus douce à ceux qui s’acheminaient vers l’oubli. Le savoir n’empêchait cependant pas pour autant le regret.

La Jedi semblait en avoir confiance, volant à son secours face à l’Aqualish désemparé. Alyvan le comprenait sans mal : voir souffrir les siens en étant aussi impuissant devait être atrocement douloureux. Sauf qu’il était sénateur, à la rigueur scientifique, mais sûrement pas faiseur de miracles. Il proposait d’aider, déjà, de réfléchir … Ce n’était pas rien non ? Il faisait avec ses propres moyens, finalement. Comme chacun. Comme Neela qui proposait avec audace d’ausculter les patients à travers la Force, si le wroonien comprenait correctement ses intentions. Peut-être aurait-il était plus efficace, s’il y avait été sensible. Peut-être aurait-il pu se concentrer réellement sur ses recherches, s’il avait été un Chevalier Jedi. Quelque part, il n’était pas sans compassion vis-à-vis de ceux qui jalousaient les membres de l’Ordre. Lui-même avait éprouvé une légère jalousie lors de ses voyages avec l’Explocorps en constatant que, même sans formation solide et sans connaissances particulières, la plupart était naturellement meilleur que lui pour réaliser des diagnostics ou mener des recherches, parce qu’ils voyaient des choses qu’il ne pouvait percevoir, et ce, par un caprice de naissance. Comment ne pas comprendre, quand tant de jeunes gens sacrifiaient beaucoup pour mener des études et plus tard une carrière prenante, alors que d’autres pouvaient se concentrer pleinement sur des recherches tous frais payés, sans se soucier de trouver un logement, de quoi se nourrir, subvenir aux besoins d’une famille … ? L’admiration que l’immense majorité portait aux Jedi ne pouvait que se teinter, par petite touche, l’espace de quelques secondes, d’un constat d’amertume. Mais cela, il ne pouvait pas le dire, car chacun considérait que ses sacrifices étaient plus grands que ceux de l’autre … Et difficile de donner tort à qui que ce soit, en toute honnêteté.

Ces considérations ne voilaient néanmoins pas son jugement sur la réalité : la Jedi avait quelque chose à offrir, et ce pouvait être important. Pour autant, il admettait une réticence à exposer quiconque à cet agent inconnu, même de son plein gré et en bonne santé tant que son inocuité pour les non-Aqualish n’était pas pleinement établie. S’il s’avérait qu’une contamination vers d’autres espèces était possible, alors cela compromettrait leur mission, qui devrait logiquement être mise en quarantaine, à moins d’isoler Neela complètement, ce qui n’avait pas réellement d’intérêt au vu de son affectation, à moins qu’il ne se passe de ses services pour compter sur ses wrooniens afin d’assurer sa sécurité. Or, s’il avait parfaitement confiance dans son escorte habituelle, il devait avouer qu’elle n’offrait pas le même type de services … sans compter le fait qu’une mise à l’écart rapide pouvait déplaire au Temple. Les Jedi n’étaient pas au-dessus de la méfiance ou de la lecture un peu brutale d’un fait de voyage, après tout ! Et puis … Au fond, tout simplement, accepter la mise en danger d’une personne lui répugnait, peu importe qui elle était et ses liens avec alors qu’il pouvait l’en empêcher. Que Neela prenne des risques le gênait profondément, parce qu’il ne le lui demandait pas, et qu’il ne désirait pas la voir se flétrir comme ces Aqualish dont les gémissements le poursuivraient longtemps dans ses pires cauchemars. Néanmoins, elle était une personne hors de son autorité et la contraindre ne l’enchantait pas non plus. Résultat ? Comme à son habitude, Alyvan était coincé entre deux options et décida de ne pas réellement trancher.

« Tant que nous ne savons ni la nature de l’agent à l’œuvre, ni sa capacité à se transmettre à d’autres espèces, cela représente un risque … conséquent. Trop à mon goût, honnêtement. Vous n’êtes pas obligée …

Cependant, vous avez toute latitude pour ne pas tenir compte de mon jugement. Je suis un homme très prudent. Et peut-être que les Jedi ont des moyens de protection qui sont hors de ma portée.

Dans tous les cas, je vais commencer mes analyses. Le plus tôt sera le plus mieux. »


Une fois Nudo mis au courant de ses intentions, Alyvan fut conduit dans la résidence où son matériel avait été installé – ainsi que l’endroit, accessoirement, où la délégation séjournerait durant leur temps de présence sur le monde des Aqualish. Tout était en place, et il commença ses recherches en cherchant tout d’abord dans les larges bases de données auxquelles il avait accès à recouper les symptômes selon différents algorithmes de classement. Les réponses apportées ne furent que partielles. Isolément, chaque symptôme pouvait correspondre à des affections relativement communes, quoique parfois dangereuses. Ensemble, il s’agissait d’un cocktail détonnant, mais qui ne correspondait à aucun agent toxique connu, et même en émettant quelques hypothèses sur de nouvelles combinaisons, le wroonien n’aurait pas parié sur un résultat satisfaisant. Quant aux observations transmises par les scientifiques locaux, elles faisaient état d’une évolutivité de la maladie par étapes, soit de manière foudroyante ou assez peu marquée jusqu’à présent. Certains patients, ce qui était plus troublant encore, paraissaient à première vue victimes de cancers ou d’infections auto-immunes qui s’amoncelaient petit à petit, comme s’ils déclinaient mystérieusement. L’ensemble devenait plus que troublant. Et les résultats qui arrivaient n’allaient pas arranger son affaire. Alyvan laissa échapper un profond soupir, qu’il réprima quand on frappa à la porte, et qu’un de ses hommes entra en portant précieusement les échantillons des sous-populations saines locales qu’il avait demandé. Un passage dans l’accélérateur de croissance moléculaire lui permit au moins de commencer des analyses plus poussées. Et il était là, plongé jusqu’au cou dans ses conjectures, armé de sa blouse, de ses lunettes de protection et de son datapad au milieu de son laboratoire ambulant, quand une tête rousse vint le trouver.
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Neela Acksedge
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Lun 9 Juil - 15:42
« C’est vous le spécialiste, sénateur. Je suis peut-être en dehors de votre… autorité, mais si vous affirmez que c’est trop dangereux et que le risque de contamination est potentiellement existant, alors il vaut mieux que je reste en retrait. Et je le ferais.

Qui plus est, ma mission est de vous protéger, pas forcément d’intervenir dans votre travail. Comment pourrais-je accomplir ma mission si je suis moi-même contaminée ?

Donc non, vous avez raison. Il est préférable d’attendre vos résultats. »


Sur ces paroles ils avaient quitté les lieux, laissant les mourants à leur sort, et le personnel médical exposé à la contamination. C’était à la fois triste, horrible et humiliant mais il n’y avait rien que Neela aurait pu faire pour leur venir en aide sans prendre le risque d’être à son tour atteinte par leur mal. C’était dur mais nécessaire, et la nausée mit tout le trajet à s’estomper. Le malaise, en revanche, restait permanent et puissant et assaillait les barrières de la rousse. Son empathie développée et accentuée par ses dons dans la Force faisait qu’elle ressentait le mal-être, la douleur et l’agonie de ces foyers de populations sur le déclin. Son regard distant et son manque d’attention pendant tout le trajet en était la conséquence directe, puisque la Jedi avait décidé d’écouter les plaintes de la Force dans l’espoir d’en découvrir les origines, et donc les causes. La lucazec resta également très silencieuse après leur arrivée dans la résidence et préféra laisser le sénateur Chaldren seul avec ses échantillons. Elle n’aurait pas été d’une très grande utilité de toute manière et il était préférable pour d’elle d’aller interroger la Force plus profondément. Ses compétences en médecine étaient principalement inhérentes à la présence du flux, et à ses capacités régénératrices et salvatrices. C’était au travers de la Force qu’elle avait les plus grandes chances de trouver une solution ne serait-ce que pour ralentir la propagation de la maladie, puisque cette dernière, comme toute chose, était transcendée par la Force.
La Jedi s’isola dans une salle du dernier étage dont elle tamisa la lumière e fermant partiellement les rideaux et en laissant l’éclairage artificiel éteint. A genoux au milieu de la pièce, Neela se plongea dans une longue et fastidieuse méditation. Elle tissa lentement sa toile, connectant son esprit et observant les êtres vivants autour d’elle. Elle se connecta à leur aura, leur rayonnement, pour se relier à l’immense réseau vivant qui l’encerclait, et qui les encerclait eux. Se retrouvant au milieu d’un tout et se concentra pour ignorer les âmes non aqualish, qui ne représentaient que peu d’intérêt pour son analyse. Sa maitrise de cette technique n’étant pas parfaite, elle ne put s’ouvrir aussi loin qu’elle ne l’aurait souhaité et dû se contenter d’un rayon beaucoup plus restreint où elle chercha à identifier els caractéristiques particulières des aqualish sains avec l’intention de réitérer l’expérience plus tard, en présence cette fois-ci d’êtres rongés par la maladie. Neela resta ainsi pendant une longue période pour parvenir à accomplir l’objectif qu’elle s’était fixée, mais la jeune Jedi dû finalement mettre un terme à sa recherche lorsque celle-ci commença à drainer ce qui lui restait d’énergie.

C’est épuisé et le ventre creux qu’elle se redressa et remit la pièce en ordre. La luzacec réalisa alors que la journée était bien avancée et que le soleil commençait lentement à disparaître au-delà de la ligne d’horizon. Ce qui signifiait que l’heure de se restaurer approchait, et elle descendit dans les niveaux peuplés par la délégation du sénateur Chaldren. Elle ne fut guère surprise de ne pas le trouver avec les autres alors qu’ils s’apprêtaient à manger. La Jedi avait bien compris que le wroonien n’était pas du genre à laisser un travail inachevé et elle était certaine de le trouver dans son laboratoire. La chose lui fut d’ailleurs rapidement confirmée. Une idée ne tarda pas à lui venir et la jeune à la crinière de feu se glissa dans les cuisines pour aller s’entretenir avec le chef.

Neela en ressortit moins d’une heure plus tard, l’air satisfaite et un plateau dans les mains, puis se mit en route vers le niveau inférieur où se trouvait le laboratoire de campagne du sénateur. Elle salua plusieurs wrooniens sur le chemin et finit par atteindre la grande pièce où, on le lui avait confirmé, Alyvan Chaldren se trouvait encore, plongé dans ses analyses.
Elle attendit que la porte coulissât devant elle et fit son entrée, découvrant l’ombre du xénobiologiste courbée au-dessus de sa table et entourée de matériels en tout genre qu’elle avait partiellement aperçu lors de leur arrivée.

La Jedi s’éclairci la voix dans un raclement de gorge :

« Vous devriez faire une pause, Sénateur » lâcha-t-elle sans animosité mais une attention sincère après avoir fait quelques mètres dans la pièce. « Vous détendre ou vous relaxer. Vous êtes là depuis des heures. Vous n’irez pas plus vite que vos instruments. »

La rousse se décala vers une table vide de matériel et située dans le coin opposé de la pièce. Elle y posa le grand plateau qu’elle avait en main. Neela avait insisté pour porter les deux assiettes et leur cloche elle-même. La Jedi jeta un regard en direction du scientifique qui avait sans doute réagi à son entrée dans son laboratoire de campagne, et lui offrit un sourire aimable.

« Je vous ai apporté à manger, vous avez raté le repas. » Elle souleva la coiffe du plat et huma l’odeur qui s’échappait du morceau de viande et de la purée crémeuse mais légère qui l’accompagnait. « Vous étiez curieux de découvrir les spécialités culinaires de Lucazec alors j’ai demandé à votre chef de vous préparer un petit quelque chose. Ce n’est pas de la viande de loup-renard Vjun mais la texture et le goût doit s’en rapprocher. »

Elle reposa le couvercle sur l’assiette et se rapprocha de nouveau du wroonien avec une certaine nonchalance et observa à nouveau les différents instruments et échantillons disposés sur sa table. La lucazec espérait sincèrement qu’il parviendrait à trouver une solution sous la forme à cette maladie sous la forme d’un remède. Mais chaque chose devait être faite en son temps, et il était inutile d’attendre avec angoisse des résultats qui arriveraient en temps voulu.

« Vous venez ? Nous pourrons parler de vos premiers résultats en mangeant. Vous devez vous restaurer.

Tout comme moi. »
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