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Rencontre en espace lointain... [PV: Xenia]

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Siri Draimas
Rang IV - Amiral
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Ven 3 Aoû - 15:53
Siri contemplait le noir constellé d’étoiles depuis la baie vitrée du pont de commandement de la corvette Centurion, de classe Koros, quelque part dans la Bordure Extérieure. Droite dans son uniforme blanc, la directrice à la chevelure immaculée égrenait les minutes de retard dans un coin de sa tête. Le rendez-vous d’aujourd’hui était important depuis que des informations avaient commencé à remonter sur des activités mandaloriennes et hutts dans les régions du Nord de la République. Officiellement, l’echanie n’était pas présente à bord de la corvette, mais en déplacement quelque part dans la région pour superviser les récents évènements concernant Lianna et ses proches environs. Bien qu’elle eût délégué cette tâche à plusieurs subordonnés, elle ne pouvait s’éterniser trop longtemps pour éviter d’éveiller certains soupçons. Aussi soupira-t-elle, alors qu’il n’y avait toujours aucun signe du vaisseau attendu.

« Amiral, cela fait maintenant vingt-quatre minutes que nous avons dépassé l'heure du rendez-vous que vous aviez fixé avec ces criminels. Il faut vous rendrez à l'évidence qu'ils ne viendront sans doute pas. »

Et qu'il lui avait gaspiller une journée de dur travail par la même occasion. Une journée que la directrice allait devoir rattraper. Une journée de rapports inintéressants et formalités barbantes qui devaient déjà s'amonceler sur son bureau sous la forme d'une pile difforme de blocs de données. Ce travail long et fastidieux ne lui était pas épargné malgré son grade, son rang et sa fonction et s'amoncelait de concert avec les véritables renseignements confidentiels qui remontaient toujours jusqu'à son bureau. Sans doute serait-elle déjà morte écrasée par le surmenage si elle n'avait pas possédé cette hargne, cette volonté de duranium qui la caractérisait tant. Pourtant, quitter son bureau pour se rapprocher de l'action était quelque chose qu'elle avait eu moins l'occasion de faire depuis son ascension, aussi appréciait-elle malgré tout la possibilité qui lui était offerte de s'éloigner de Coruscant ou de son navire amiral.

« Ils vont venir, madame. Il est possible qu'ils aient eu un contre-temps. » rétorqua l'homme qu'elle avait mis en charge de la surveillance de cette vaste région du territoire républicain.

« Un contre-temps ? » lâcha-t-elle froidement en se retournant dans sa direction, les bras toujours croisés dans le dos. « Qu'est-ce qui vous rend si sûr de vous, Amiral ? Leur curiosité ? Leur appât du gain ? ... leur "morale" ? »

L'officier supérieur, âgé, marmonna un début de réponse mais la vieille directrice le fit se taire d'un mouvement de main. C'était-elle la plus gradée et la plus crainte, il était formellement interdit de l'interrompre dans ses réflexions, fussent-elles à haute voix. Elle reprit donc :

« Ce n'est certainement pas leur "morale". Je doute d'ailleurs qu'ils en aient une, ou alors celle-ci est fort réduite... L'appât du gain est toujours un motivateur important pour ce genre de personnes, et nous avons accès à d'importantes ressources. Néanmoins, je parierais plus sur leur curiosité. Après tout, pourquoi nous embêterions-nous à nous intéresser à un petit groupuscule agissant dans une portion aussi réduite du territoire républicain, au point de venir usurper les prérogatives des forces de sécurité locales pour nous en approcher ? »

L'echanie s'éloigna de la baie vitrée d'un pas lent et légèrement poussif. Ses yeux, constamment interrogateurs, balayèrent l'espace devant elle pour tenter d'accrocher un regard quelconque. Elle en soutînt plusieurs avant de devoir reporter son attention en direction d'une console en particulier qui émettait un bip d'alerte suffisamment caractéristique pour nécessiter le déplacement du capitaine de la corvette.

« Un vaisseau est en décélération en vitesse-lumière. Seuil hyperspatial confirmé à quatre mille cent deux kilomètres, position quatre-unité-deux. Azimut trois-deux-deux. » déclara-t-il, répétant les informations s'affichant sur la console.

« Ce sont eux ? » rétorqua aussitôt l'instigateur de cette rencontre au milieu de nulle-part.

« Ils émettent le signal modulé attendu mais leur balise est éteinte et leur vaisseau n'est pas référencé au bureau des vaisseaux et services. »

L'echanie toussota et se tourna de nouveau vers la baie vitrée qui donnait sur le vide de l'espace, principalement sombre et dépourvu du moindre corps céleste dans la proximité immédiate des deux navires.

« Venant d'un vaisseau pirate ce n'est guère étonnant. Seuls les amateurs ou les inconscients ne prennent pas de pareilles mesures. Où est l’intérêt d'attaquer un convoi si vous affichez clairement qui vous êtes, d'où vous venez et où vous allez ? Vous seriez poursuivis jusqu’à votre cachette et arrêté. »

Sa direction faisait la même chose avec ses navires lorsque ces derniers devaient agir discrètement sans pouvoir être suivi à la trace. C’était d’ailleurs le cas à cet instant précis. La corvette qui tournait avec un équipage réduit au strict nécessaire fonctionnait également sur l’énergie de réserve pour réduire au maximum son rayonnement et ainsi diminuer les chances d’être détectée à moyenne et longue distance. Il était possible, justement, que le vaisseau pirate ne les ait pas immédiatement détectés. La gestion de la furtivité dans l’espace était très complexe, car il n’existe pas d’absorption ou de dissipation naturelle pour masquer la signature énergétique d’un vaisseau, laquelle est d’autant plus détectable qu’elle est la seule source d’énergie décelable sur de très grande distance. Au final, même un tout petit appareil pouvait briller tel un phare une fois perdu au milieu du vide de l’espace. La seule façon de se protéger était donc de dissiper la quasi-totalité de l’énergie à l’intérieur du vaisseau, ce qui nécessitait généralement d’éteindre la majorité des systèmes internes et d’espérer que la température l’intérieur du navire reste tolérable pour ne pas frire.

Siri reporta son attention vers les quelques officiers de pont, le capitaine et l’amiral :

« Réactivez nos systèmes et établissez le contact. Nous avons assez attendu. »

Le capitaine acquiesça et l’echanie se remit à contempler l’espace vide à la recherche d’un vaisseau qu’elle ne pouvait pas encore voir à l’œil nu du fait de la trop grande distance qui le séparait de la corvette. Elle pouvait entendre les systèmes se remettre en route autour d’elle alors que le vaisseau reprenait vie, et derrière elle, la voix du capitaine se fit entendre lorsqu’il s’adressa au vaisseau pirate par radiocommunication :

« Vaisseau non identifié, ici la corvette Centurion. Veuillez transmettre vos codes de confirmation transmis lors de notre précédente prise de contact. Nous vous envoyons les nôtres. »

Siri resta immobile alors que la corvette républicaine s’approchait doucement du vaisseau en question. Ce dernier finit par apparaître, d’abord sous la forme d’un point blanc avant que la distance soit suffisamment courte pour pouvoir discerner l’intégralité de sa silhouette. Le Centurion s’immobilisa à quelques centaines de mètres alors que les codes étaient réceptionnés, comparés et considérés comme authentiques.

« Madame la Directrice, les codes sont authentiques. Ce sont eux. » confirma le capitaine sous la supervision du contre-amiral à l’origine de cette rencontre.

« Bien. Invitez-les à bord. Leur cheffe, avec maximum trois accompagnateurs. Sans armes. Et préparez la suite. »

L’officier acquiesça, tout en se doutant bien qu’il serait difficile de faire accepter à ces gens de se passer de leur armement. Siri en avait conscience. C’était là un moyen de savoir s’ils étaient réellement désireux de savoir ce qu’elle pourrait bien leur proposer, et s’ils étaient prêt pour cela à faire des concessions. Son regard, lui, scrutait désormais le vaisseau pirate à la recherche d’indices, comme elle l’avait eu l’habitude de le faire il y a vingt ans de cela. Il était évident que les membres d’équipage étaient suffisamment qualifiés et compétents pour effectuer cette tâche d’eux-mêmes, que ce soit à l’œil nu ou en utilisant les capteurs du bord, mais l’echanie ne faisait réellement confiance qu’à elle-même.

Le capitaine reprit la parole via les transmissions :

« Nous sommes prêt à recevoir une délégation à notre bord, sous les conditions suivantes. Ne seront admis qu’un représentant et une escorte de trois personnes, tous désarmés. La baie à navette vous est ouverte. Sommes-nous sur la même longueur d’onde ? »
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Xenia Lah'saa
Rang III - Capitaine de vaisseau
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Lun 13 Aoû - 23:01
La ponctualité est une chose importante dans la vie. Bien que la plupart des gens éprouvent le plus grand mal du monde à la respecter. Que se soit pour les évènements de grande importance ou ceux de la vie quotidienne. Contrairement à une idée faussement répandue, l’on considère ceux qui vivent en marge de la société comme étant peu enclin à suivre les règles de la ponctualité. Il n’y a rien de plus faux pour des gens comme des pirates. Ce qui est surtout le cas de la capitaine Lah’saa. La ponctualité est aussi la clé pour un raid réussi contre un convoi de vaisseaux à piller. Ce qui fait la différence entre la fortune ou la ruine. Mais dans le cadre d’un rendez-vous d’affaires, la ponctualité était aussi une arme, une arme entre les mains de celui dont on souhaite obtenir l’attention de la part du demandeur. La Chiss se retrouve dans cette position aujourd’hui. Aujourd’hui ce n’est pas elle qui quémande une audience et qui espère obtenir quelque chose de cet entretien. Ayant ainsi une maigre parcelle de pouvoir sur son interlocuteur, pour une fois, Xenia la jouait à la Hutt. C'est-à-dire que la rencontre aura lieu lorsqu’elle arrivera, même si elle est en retard. Comme un bon quart d’heure par exemple. Ce qui lui permettrait de jauger de la motivation de ces républicains qui souhaitent tant que ça de la rencontrer.

Le vaisseau que la Chiss avec lequel elle avait entrepris le voyage était celui devenu son vaisseau personnel lorsqu’elle avait mis la main sur un groupe de pirates, « L’Etoile Sanglante ». Il s’agit d’un yacht de classe Starscape ayant appartenu à une princesse Kuati déchue, devenue pirate, auprès de qui la Chiss avait servit. Et elle avait finit par se servir. Ce vaisseau avait été modifié durant les dix dernières années. Mais pour son malheur, le vaisseau n’est pas servit à son plein potentiel. Celui-ci tournant avec un équipage réduit. Xenia n’avait pas trop le choix. Cette rencontre ne devait pas s’ébruiter, alors elle ne pouvait s’appuyer que sur ceux auquel elle pouvait faire une confiance, un minimum. De plus, cet intermède ne devait en rien perturber les opérations en cours de son groupe. Moins de dix membres d’équipages accompagnaient la Chiss, huit exactement à bord. Tout juste nécessaire pour en assurer le fonctionnement.

Xenia Lah’saa ne voulait pas venir avec plus d’hommes. Déjà rien qu’avec ceux en qui elle pensait avoir confiance, certains avaient fait part, au mieux de leur méfiance, au pire de leur crainte quant à cette rencontre. Voyant là un piège tendu contre elle et contre eux. Cela restait une éventualité, mais à force d’y réfléchir, se serait une manœuvre au mieux pire qu’inutile. Lespirates ne forment pas une « nation » ni un « peuple ». Il s’agit de groupes armés profitants de la faiblesse de nations plus grosses en s’attaquant à leur commerce et aux routes marchandes pour faire fortune. Détruisez un vaisseau, éliminez un équipage, un autre apparaîtra.      


-On arrive bientôt, Xenia. Tu peux encore faire marche arrière. Renoncer à cette entrevue. D’autant qu’on est déjà en retard, alors…

-Alors tu crois que je vais renoncer pour un retard qui est calculé ?

Ça, c’était l’autre problème. Parmi ses gens de confiance, comme le Besalisk nommé Krell, peu pour ne pas dire aucun, ne croyait qu’il en ressortirait quelque chose de cette rencontre si ce n’est des ennuis. Et chacun, d’une manière ou d’une autre, le lui avait fait savoir. La Chiss espérait bien avoir le soutien du Besalisk, si au moins, lui, l’approuvait les autres suivraient. Mais il n’échappait à personne qu’il n’était pas à fond pour, mais suivait la « capt’aine ». Pour ça que le voyage avait lieu, même si le Besalisk essayait encore de la dissuader, la faire renoncer. Une alarme finissait par retentir sur la passerelle, le vaisseau arrivait à destination et commençait déjà à décélérer pour finalement revenir dans l’espace réel, sortant du tunnel hyperspatial.

-Trop tard, Krell ! Ajoutait-elle dans un ricanement.

Quelques instants plus tard, alors que le vaisseau était complètement sorti de l’hyperespace, les batteries senseurs du vaisseau pirate se remettaient doucement en route. Les hommes d’équipages nécessaires revenaient en courant sur la passerelle, allant à leur poste. Et l’espace semblait être… désespérément vide.

-Ouais, trop tard, cap’taine. Ils n’ont pas attendu. Har !

Une sonnerie retentissait à nouveau sur la passerelle. Un œil sur l’écran de sa console, Xenia voyait que les senseurs avaient repérés un objet dans l’espace. Un vaisseau qui semblait reprendre vie. Cet engin était là et son équipage venait de réactiver leurs systèmes, perdant ainsi le semblant de furtivité qu’ils avaient. Une technique que la Chiss avait déjà utilisée dans le passé avec certaines de ses proies. Même si en cet instant, c’était elle qui avait le désagréable sentiment d’en être une. Finalement, c’est une voix nasillarde qui vint balayer un tant soit peu les inquiétudes de la capitaine pirate quant à l’identité du vaisseau qui venait d’apparaître.

-Au contraire, Krell, ils sont bien là ! Tu peux leur répondre, maintenant.

-C’est fait… Ils ont des exigences, qu’on vienne à leur bord avec max trois d’entre nous qui t’accompagnes… Sans armes.

Ceux qui formaient son équipage étaient tous là et attendaient que leur « capt’aine » prenne sa décision.  Et la décision était prise. Tout d’abord elle désignait la seule autre femme à bord du vaisseau, une Twi’lek Lethan nommé Shaa’rys. Elle resterait à bord et aurait le commandement. Pourquoi elle ? Parce qu’elle a toujours fait preuve d’un sang-froid inégalé en plusieurs occasions. Si les  choses venaient à mal tourner, autant avoir quelqu’un qui à la tête sur les épaules. Ensuite, elle choisissait les trois qui l’accompagneraient. Il y aurait le Besalisk Krell, un Hum nommé Vriess qui a la particularité d’être coincé dans un fauteuil roulant. Mais le fauteuil en question est une armurerie ambulante, puis il y avait un mâle Twi’lek, Nawara, membre d’équipage. Aucun d’entre eux n’acceptait de monter à bord d’un vaisseau potentiellement ennemi sans leurs armes. Ensuite restait à voir comment monter à bord de la corvette. Venir avec la petite navette à la baie d’amarrage de la corvette républicaine ou jouer avec leurs nerfs en les abordant avec leur vaisseau ? L’idée plaisait bien à Xenia et pas qu’à elle. La Chiss voyait bien que l’idée traversait l’esprit de ses hommes. Mais… Ce n’était guère avisé.

-A la navette ! Au moins on ne l’aura pas apportée pour rien.

Et moins de cinq minutes plus tard, la petite navette accolée au vaisseau pirate se détachait de celui-ci et voguait en direction de la corvette républicaine. N’ayant confiance en personne d’autre pour ça, la Chiss la pilotait elle-même. Au cas où il viendrait à l’esprit des Reps de vouloir détruire la navette avec leur artillerie de bord. Xenia ayant davantage confiance en ses talents de pilote que dans celui de ses comparses. Fort heureusement, il ne se passa rien de particulier. La petite navette avait pu s’approcher et pénétrer à bord du vaisseau de guerre républicain sans encombre.

Dans le hangar le comité d’accueil était déjà là. Lorsque la rampe s’est abaissée, deux de ses hommes descendaient, armes à la main, sans pour autant se montrer plus menaçant qu’ils ne le sont déjà. Xenia descendait ensuite, suivit de celui en fauteuil roulant. Ce dernier arrachant davantage de regards de la part des membres d’équipages républicains qu’elle-même. Jusqu’à ce qu’elle vienne se planter devant l’officier qui avait finit par s’avancer, la bouche entrouverte, s’apprêtant à protester.

-Je sais, lieutenant, la consigne était sans armes. Mais c’est quelqu’un de chez vous qui m’a contacté, m’a demandé de venir dans ce coin paumé, de monter à bord de votre vaisseau… Vous êtes au moins trente là dedans, nous quatre. Ça devrait le faire, non ? Vous vous sentez en danger lieutenant ? Bon conduisez-moi à mon interlocuteur, maintenant !
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Siri Draimas
Rang IV - Amiral
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Mer 12 Sep - 9:59
« Ils arrivent, madame. »

Comme attendu.

Siri opina doucement du chef et s’écarta de l’avant de la passerelle pour se rediriger vers l’arrière, où se trouvaient les ascenseurs et autres accès aux coursives de ce pont. C’était également un moyen de se rapprocher de l’amiral dont les traits se faisaient de plus en plus perplexe. Le regard de l’échanie glissa sur le visage de ce dernier pendant un cours instant, suffisant pour comprendre que quelque chose froissait l’officier général.

« Il y a un problème, Jimas ? » lança-t-elle platement pour le sortir de sa torpeur.

L’officier réagit immédiatement, d’abord en se redressant bien droit puis en se décalant de quelques degrés sur sa gauche, pour ne pas tourner le dos à son interlocutrice, qui était également son supérieur. Il envisagea alors seulement de lui faire part de son appréhension :

« Ils n’ont pas négocié les termes de leur venue à bord, madame. Ils auraient dû, ce n’est pas normal. Pas même la moindre protestation. »

« Effectivement, ce n’est pas normal. Ça veut juste dire qu’ils ont ignoré nos instructions, donc qu’ils seront armés. » Elle soupira, brièvement, avant de se retourner dans la direction de l’officier commandant la corvette : « Parons-donc à toute action stupide de leur part. Déployez vos commandos autour de la passerelle pour en assurer la sécurité, capitaine ; puis poursuivez selon le plan prévu à cet effet. »

Siri attendit que l’homme acquiesce et collationne ses instructions pour prendre la direction de l’ascenseur réservé à l’usage spécifique des officiers de la passerelle. Là, elle n’attendit pas longtemps pour l’amiral Hart la rejoigne, avec pour destination le pont cinq, situé quelques niveaux plus bas. En considérant la taille relativement réduite la corvette, le trajet ne dura pas très longtemps, et l’échanie n’eut guère le temps de s’inquiéter des risques qu’elle prenait en acceptant de recevoir des pirates armés à bord, en sa présence, et bientôt à quelques mètres d’elle. La vieille femme avait passé l’âge de se mettre en danger de la sorte mais ce genre de poussée d’adrénaline lui manquait encore aujourd’hui.

Sur le chemin de la salle de réunion qu’elle avait choisi pour cette rencontre, loin des zones de vies et des installations vitales pour le vaisseau, l’échanie dégrafa ses galons qui l’identifiait bien trop facilement comme une personne d’une trop grande importance, tout en se remémorant les informations qu’on lui avait synthétisé concernant la capitaine pirate qui n’allait bientôt plus tarder à lui faire face. Son passif était des plus intéressants bien que peu de choses étaient connues sur les origines de cette femme. Plus jeune, Siri l’aurait faite disparaître par le sas pour collusion et trahison. Pourtant, si elle avait eu connaissance de son existence dix ans plus tôt, le profil de Xenia Lahssa l’aurait grandement intéressé, et peut-être aurait-elle eu son propre commandement quelque part le long de la frontière poreuse entre la République et l’Espace Hutt, voir l’Espace Hutt lui-même.

Siri laissa un soupir s’échapper après être passé devant deux de ses agents qui montaient la garde à l’entrée du périmètre de sécurité qu’elle avait défini avec le capitaine de la corvette.

« Quel gâchis. Elle aurait sans doute fait un bon officier si nous l’avions repéré avant sa défection… »

Hart fut prit au dépourvu par cette remarque qui lui semblait sortir de nulle part. Il déglutit, avant de lâcher, avec une légère moue :

« Je n’ai pas lu l’intégralité de son dossier. »

Ce à quoi l’échanie lui répondit sur un ton plus caustique :

« Vous auriez dû, Jimas. »

Il aurait dû faire son travail avec plus de soin, et Siri le lui reprochait clairement. Hart était l’exemple même de ce qui arrivait souvent aux officiers supérieurs lorsqu’ils atteignaient de si hautes responsabilités : il déléguait à tort et à travers, pour se reposer sur leurs lauriers. De ça, l’échanie n’en voulait pas dans ses services, et la remontrance avait sonné comme un avertissement des plus clairs.

« C’est ici ? » fit la directrice en s’immobilisant devant une porte flanquée par deux autres de ses agents.

Son subordonné opina du chef alors que les deux gardes venaient de se redresser pour adopter une posture plus adaptée, et surtout plus respectueuse vis-à-vis des deux amiraux, et notamment leur patronne.

« Oui, madame. Ils vont arriver par le couloir parallèle et entrer dans la pièce par l’autre porte. »

« Bien. Dans ce cas, c’est à notre tour de les faire attendre.

Vous avez votre arme ? »


Le sol se mit alors à trembler légèrement à travers tout le vaisseau alors que celui-ci se mettait en branle et virait de bord. Dans le hangar, l’espace sembla défiler un instant avant que la corvette ne saute en vitesse-lumière, non sans avoir envoyer au préalable une série de coordonnées et un horaire au vaisseau corsaire pour récupérer son équipage et son capitaine…

Dans le hangar, justement, le lieutenant écarta les bras pour signifier qu’il ne tenait pas rigueur à la bleue d’avoir débarqué en armes dans son antre. Il fit ensuite signe du doigt à plusieurs de ses hommes de se préparer à se mettre en marche, et ce avant d’expliquer calmement la situation :

« Ne vous inquiétez pas, nous avons transmis à votre vaisseau les coordonnées où il pourra nous retrouver pour vous récupérer. C’est une simple précaution, pour éviter tout dérangement. Après tout, vous êtes venu en armes alors que vous n’auriez pas dû.

C’est de bonne guerre, non ? Allez, si vous voulez bien me suivre, nous sommes attendus… »
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Xenia Lah'saa
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Lun 17 Sep - 21:20
On dit qu’aucun plan ne survit au contact de l’ennemi. Durant la période ou la Chiss était pilote-officier dans les forces de défenses de Commenor ou ensuite dans la flotte de la République, on le lui répétait sans cesse avant chaque exercice ou aussi parfois dans certains briefings avant une mission. Et bien aujourd’hui ce vieux principe était pour le moment démonté. Le vaisseau républicain venait de faire le saut en hyperespace. Ça, Xenia s’y attendait. Culotté, mais elle s’attendait bien à une action de ce genre. Surtout après les avoir vu débarquer sur leur vaisseau armé jusqu’aux dents. Le lieutenant s’empressait déjà de justifier cela par la présence des armes à bord de leur vaisseau. Mais qu’au moins leur vaisseau  avait reçu les coordonnées du lieu ou la corvette de classe Koros se rendait, avec un horaire à respecter.

Bien entendu ceux de son équipage qui l’avait suivie à bord du vaisseau républicain, redoutant que se soit un piège, n’appréciait pas cette entourloupe. Criait qu’ils avaient raison et elle tord d’avoir fait confiance à ces pourritures. Des mains se posaient déjà sur les armes, voir commençait à les sortir. Il avait fallu quelques instants de discussion pour intimer le calme et remettre de l’ordre là-dedans. Pour garder la main sur son équipage turbulent, la capitaine pirate assignait à l’un de ses hommes de rester près de la navette. Le choix s’était porté sur Vriess, l’Hum en fauteuil roulant. Pourquoi lui ? Parce qu’en cas de bagarre dans les coursives du vaisseau, il ne ralentira personne et qu’il lui sera difficile de piloter la navette pour s’enfuir. La Chiss ne voulait pas être coincée à bord à cause d’un trouillard qui s’enfuirait sans elle. Avec ce choix, le calme semblait revenir. Mais la colère était toujours là, menaçante, comme un orage qui refusait encore d’éclater rendant l’atmosphère lourde et suffocante. Ce qui résumait plutôt bien l’ambiance à bord.

C’est donc accompagnée du Besalisk Krell et du Twi’lek Nawara que Xenia suivait l’officier républicain, le tout encadré par plusieurs soldats nerveux. La Chiss était tout aussi nerveuse que ses hommes et appréhendait quelque peu cette rencontre. Se demandant bien ce qu’on lui voulait et ce qu’elle pourrait bien en tirer. Mais à la différence des autres, elle tentait bien de dissimuler cette nervosité et la boule au ventre qui l’étreignait. Le trajet ne fut pas long, mais ce dédale de couloirs, qui se ressemblaient tous, pouvait désorienter plus d’un. Mentalement, la pirate essayait de se souvenir du trajet, scrutant les murs à la recherche d’un indice de l’endroit où ils se trouvent. Si jamais il fallait regagner le hangar en catastrophe. Tout ce qu’elle avait vu, c’est qu’ils se trouvaient sur le pont 5. Mais cela ne lui disait rien, puisque la Chiss ne connait pas ce modèle de corvette, n’ayant jamais mis les pieds à bord avant aujourd’hui.

Ce n’est qu’une fois arrivé devant une porte que le lieutenant se retournait vers elle. Deux de ses hommes l’encadrant de part et d’autre. Deux autres encore le dos des pirates. Là il s’adressait à elle pour lui dicter de nouvelles consignes. Elle seule devait entrer. Tapant sur la commande de la porte, celle-ci s’ouvrait. Ses hommes l’attendraient ici dans le couloir. Ce qui Xenia acceptait. De toute manière, si à côté c’était un piège, elle se ferait avoir. Qu’elle soit accompagnée ou non, cela ne changerait rien. Cependant, quelques petites recommandations, les dernières.


-Bien, ne vous inquiétez pas. Mais si jamais les choses devaient dégénérer, tuez-le en premier. Dit-elle, dans un sourire, en pointant le pauvre lieutenant qui ne devait pas en demander tant.

Adressant un dernier regard à l’officier pour voir sa réaction, elle ne fut pas déçue. Le teint livide, la bouche entrouverte comme s’il cherchait à protester et un regard allant sur les deux pirates, qui ricanaient à cette idée, et la Chiss. Qui déjà se détournait pour entrer dans la pièce. Constatant qu’elle était vide. On allait la faire patienter un peu. Son regard glissait aux différents coins de la pièce. Voir quel genre de dispositif pouvait se trouver là. Ne trouvant rien d’anormal, Xenia faisait un pas de plus et la porte se refermait derrière elle. La main droite posée sur la crosse droite de son blaster, Xenia faisait le tour de la table de réunion qui se trouvait au centre de la pièce, ne constatant rien d’anormal avant de se diriger vers la baie vitrée donnant sur le tunnel hyperspatial qu’empruntait le vaisseau. Mentalement, la pirate essayait de deviner dans quel secteur de la galaxie il allait, en se basant sur le temps passé en hyperespace et la vitesse que l’hyperpropulseur de la corvette était capable de développer. Mais comme ces suppositions ne menaient à rien de concret, elle les abandonnaient. Une question de plus à poser à son interlocuteur lorsqu’il sera là.

La porte qui se trouvait à l’opposé de la pièce s’ouvrait, encadrée par deux gardes en armes, puis deux personnes entraient. L’un d’eux est en uniforme avec le grade d’amiral. Il s’avançait tout en ayant un regard, une attention, à l’autre personne qui l’accompagnait. Il s’agissait d’une femme. Celle-ci avait la peau pâle que ses cheveux blancs ne faisaient que souligner. Son regard argenté était braqué sur la Chiss. Regard que cette dernière semblait soutenir. Elle l’ignorait encore, mais c’était la première fois que Xenia voyait une Echanie, croyant avoir à faire à une Humaine. Son âge était indéfinissable, mais l’amiral républicain qui se tenait à ses côtés ne semblait être qu’un second. Qu’était-donc cette femme ? Une militaire ? Aucun insigne ou grade n’était visible. Une fonctionnaire ou une politicienne ? C’est ce que la pirate envisageait davantage. La mine sévère de la femme Hum n’en était davantage soulignée par l’uniforme blanc, sans insigne, qu’elle arborait. Ce qui contrastait sans mal avec la combinaison de cuir que portait la Chiss. Cette dernière faisait face aux nouveaux arrivants, la main droite toujours posée sur la crosse de son blaster. La main gauche posée sur sa hanche, juste au-dessus de son neuro-fouet enroulé et accroché à la ceinture, les scrutant tour à tour pendant quelques instants. Attendant de voir qui prendrait la parole en premier. Comme personne ne se lançait, ce fut elle.


-Dites-moi qui est l’homme mort qui vous a permis de me contacter ?
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Siri Draimas
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Lun 22 Oct - 0:01
« Je pense que le message est passé. Allons-y. »

La voix de l’echanie venait de rompre un silence qui planait depuis déjà plusieurs minutes au cours desquelles la pirate qu’elle était venue rencontrer prenait son mal en patience en fouillant la pièce du regard. Elle n’y trouverait aucun système de surveillance ou d’enregistrement, la conversation qu’elle était sur le point d’avoir devant rester purement confidentielle, et donc ne devait jamais avoir existée. Le seul système d’alerte se trouvait dans le comlink que Siri avait au creux de sa dextre, et qu’elle vînt accrocher à une poche de sa veste. Elle demanda alors a un garde de lui donner son arme de poing et l’amirale se saisit du pistolet blaster qui lui était tendu dans son étui et l’accrocha à sa ceinture avant de retirer le cran de verrouillage de l’arme, n’en gardant que la sureté. Suite à quoi elle fit signe à Jimas d’entrer et l’officier général fit le grand pas.

La porte coulissa et l’humain entra dans la pièce, suivit de près par Siri. Le regard de l’échanie se fixa immédiatement sur l’humanoïde à la peau bleue et aux yeux étrangement rouges. Son espèce lui était inconnue, les hypothèses émises dans le vieux dossier militaire de la femelle ne l’ayant pas convaincue. Elle n’était clairement pas wroonienne, ou pantorane. Non. C’était autre chose. Le regard de la directrice glissa rapidement vers le bas, découvrant une tenue de cuir guère professionnelle et clairement provocatrice. Décidément, se dit-elle, certaines habitudes et coutumes militaires que cette femme avait connu, et embrassée, n’était plus d’actualité. A première vue, la personne qui se tenait devant elle ressemblait plus à une vulgaire voyou perdue dans les tréfonds de Nar Shaddaa qu’une capitaine de vaisseau au passé militaire. L’échanie réprima une pointe de dégoût face à un tel gâchis et s’immobilisa en face de la pirate, de l’autre côté de la table métallique dressée au milieu de la pièce, qui n’était autre qu’une ancienne aire de stockage située deux ponts en dessous des générateurs secondaires, dont les champs magnétiques brouillaient naturellement toute communication avec l’extérieur du vaisseau.

Siri resta là, debout et silencieuse, soutenant le regard de cette femme sans jamais vaciller, non sans avoir remarqué le blaster que cette dernière gardait à portée de main. Finalement, ce fut la pirate qui rompit le silence pesant et oppressant, par l’intermédiaire d’une remarque qui fit presque sourire l’échanie. A sa gauche, Jimas prit place sur sa chaise sans répondre et se contenta de croiser les mains devant lui, et ce, avant de venir porter son regard vers sa supérieure.

« Vous êtes difficile à trouver. Croyez-vous donc vraiment que nous allons nous révéler cette information, capitaine ? Les dossiers que j’ai lu à votre sujet se tromperaient-ils à ce point ? Vous valez mieux que ça.

Laissez donc cette arme tranquille, elle ne vous sera d’aucune utilité ici. Asseyez-vous donc, nous devons discuter. »

L’échanie tendit sa main en direction de la chaise vide située en face d’elle et à proximité de la chiss. Voyant son hésitation ou son scepticisme, l’amirale se sentit obligée de préciser :

« Allez-y. Nous ne sommes pas là pour vous arrêter. Seulement pour vous parler. Vous pourrez partir librement après nous avoir écouté. Quelle que soit votre décision. »

Sur ces paroles l’echanie prit elle-même place sur une chaise qui se révélait peu confortable et qui devait sans doute avoir été réquisitionnée à l’ordinaire. Son fauteuil moelleux et massant lui manquait déjà. Elle ne tarda pas à se laisser reposer contre le dossier dur et jeta un bref coup d’œil à son subalterne, attendant que la chiss décide de s’asseoir. Ou de rester debout. Au final, ça n’avait guère d’importance. Si elle pensait pouvoir s’en prendre à eux et quitter le vaisseau ensuite, elle se trompait sur toute la ligne. Au final, son arme était plus là comme assurance que par réelle nécessité.

« Bien. Voici l’amiral Hart. Je présume que vous le connaissez déjà puisqu’il était en charge d’organiser cette petite réunion. Pour la part, je suis l’administratrice Celes, et j’ai pour mission d’enquêter sur de mystérieuses disparitions à la frontière entre la République et l’Espace Hutt dans le secteur de Saleucami pour le compte du Sénat, dans une certaine mesure.

Nous savons de source sûre que vous n’êtes pas impliquée et que vous n’avez aucun lien direct avec les responsables.


Elle marqua une pause après avoir bien appuyé sur le fait qu’elle ne reprochait rien aux actions de la pirate. Et pour êtes tout à fait franche, Siri n’avait strictement rien à faire des aventures quotidiennes de son interlocutrice, cette dernière ne représentant pas un danger pour la sécurité générale de la république.

« Mais nous espérions que vous puissiez le devenir. » reprit-elle aussitôt, pour que la chiss ne perde pas le sujet actuel de leur entrevue. « Votre profil, et vos capacités, vous le permettrait. »

Un petit peu de flatterie ne faisait de mal à personne dans cette situation, car Siri espérait sincèrement pouvoir compter sur l’aide de la femme qui se trouvait devant elle. Que ce soit de son plein gré, ou bien avec quelques réserves. Elle n’avait pas menti à Hart en affirmant que la chiss avait un potentiel intéressant qu’elle avait honteusement gâché. En d’autres circonstances, quelques années plus tôt, Siri se serait contenté d’entrer dans la pièce et de lui loger une décharge en pleine tête. Mais la situation était différente. Elle n’avait rien à faire d’un déserteur, si ce n’est de l’utiliser pour obtenir ce qu’elle voulait.

« Ce n’est pas commun que la République fasse appel à des personnes de votre trempe, mais croyez-moi, la situation n’est pas commune. Seriez-vous encline à nous aider, ou tout du moins écouter ce que j’ai à vous proposer ? »
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Xenia Lah'saa
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Mer 7 Nov - 22:18
Et bien entendu sa question allait être ignorée ou balayée, d’un simple revers de la main, derrière une formule toute faite. Une formule du genre « on ne dévoile pas nos sources » ou quelque chose dans ce genre. C’est cette seconde solution qui a été choisie. Son regard allait et venait entre l’amiral Hart et l’Echanie. Xenia avait l’impression qu’on essayait malgré tout de la maintenir dans le floue. L’air de dire que « si on est capable de vous contacter, on est capable aussi de vous atteindre ». Intéressant. A croire que leur informateur ou leur équipe d’espionnage qui se trouvait non loin de la Zone Franche. L’envie de le trouver cet informateur et le faire disparaître la prenait. Après tout, n’avait pas dû faire cela pour prouver à ses nouveaux « amis pirates » qu’elle était des leurs, d’éliminer une équipe de surveillance républicaine dans la Zone Franche ? A présent, la Chiss s’inquiétait à propos de cette vieille histoire. Qu’on la lui ressorte en pleine figure maintenant et que cela mette fin à ses ambitions. L’un après l’autre, les républicains allaient s’asseoir. Lui proposant de le faire à son tour et de laisser tomber l’idée de pouvoir refuser de les écouter et de sortir d’ici blaster au poing. Il y avait la « promesse » qu’elle pourrait repartir d’ici après les avoir écoutés. Les écouter ne coûtait rien et n’engageait à rien… pour le moment.

L’appréhension l’étreignait et à défaut de parle, c’est par un hochement de tête qu’elle répondait. Après un instant, Xenia se dirigeait vers la chaise qui lui était désignée. Elle n’était guère confortable alors qu’elle s’appuyait contre le dossier quelque peu tournée sur le côté. Ensuite la Chiss croisait les jambes, l’étui du blaster bien en évidence et une main restant apposée dessus. Après tout ne s’agissait-il pas d’une sorte d’entretien ? Sans doute vu le ton employé par l’administratrice Celes. L’amiral Hart, celui l’ayant contacté et organisé la rencontre, restait silencieux. Approuvant ainsi les propos tenus par l’Echanie. Cette dernière était en charge d’enquêter sur les désordres sur les routes hyperspatiales entre la République et l’Espace Hutt. Et plus précisément au niveau de Saleucami. Et elle prétendait ne pas savoir où la pirate résidait ? Surtout après avoir évoqué son dossier…

*Tu parles… Ils savent parfaitement où tu es.*

Même si dans la foulée l’administratrice s’empressait de la rassurer en l’informant que sur les actes de pirateries qui avaient attirés son attention, la Chiss n’était impliquée dans aucun. La pirate en doutait. Elle imaginait sans mal l’administratrice faire son choix face aux différents rapports d’attaques pour ne choisir, soigneusement, que ceux qui l’excluaient.  En plus d’ajouter de n’avoir aucun lien avec les responsables désignés par l’Echanie. Xenia pille les vaisseaux les plus intéressants et peut importe sous quel pavillon ils naviguent puisqu’elle préfère éviter les témoins trop gênants. Quelque part c’était rassurant de savoir qu’elle pourra quitter ce vaisseau debout. Mais le but de cette rencontre venait de lui être pleinement dévoilé. Ils voulaient qu’elle œuvre pour eux, la recruter.

-Je suis encline à vous écouter. Après tout, je suis bien là devant vous, non ?  

C’était toujours l’appréhension que la pirate éprouvait encore qui parlait. Le fait de parler, de dire qu’elle était encore là, vivante, la rassurait encore un peu. L’administratrice Celes marquait un point cependant. Ce n’était pas courant que la République veuille traiter avec des gens comme la Chiss. Mais la pirate avait bien conscience que la situation actuelle n’était pas commune. Il y avait des histoires provenant du Noyau comme quoi un sénateur se serait fait assassiner. De ce côté-ci de la galaxie les tensions entre la République et l’Espace Hutt restent vivaces. Ce qui avait poussé Xenia à s’engager dans les forces de Commenor et les forces spatiales de la République. Elle voulait voir de la galaxie et voir aussi de l’action. Etre montée à bord de ce vaisseau, revoir cette rigueur toute militaire et ces soldats en uniforme lui rappelait à quel point elle s’était sentie fière la première fois qu’elle avait étreint son uniforme paré de ses galons de lieutenant. Elle ignorait ce qu’il y avait dans son dossier mais c’est peut être pour ça qu’ils voulaient lui parler et lui faire son offre. Sa période militaire était loin dorénavant. Et maintenant il y a ces guerriers étranges, les Mandaloriens, qui s’en mêlent. Et en plus de ça, il fallait ajouter la présence d’êtres étranges, des Jedi plus… sombres. Mais ce dernier point, elle allait le garder pour elle-même.

Xenia ignorait encore ce que les républicains lui voulaient. Ce qu’ils allaient lui proposer. Mais elle aussi avait des ambitions. Et la République pourrait être un atout, une aide, un tremplin. Mieux encore, ses ambitions pouvaient aussi aller dans le sens des intérêts de ce géant impotent... Si la récompense, au final, était à la hauteur de l’appétit de la Chiss. Les Kajidics pouvaient aussi se montrer généreux, mais Xenia n'est pas une Hutt et jamais elle ne pourrait s'asseoir autour de la table. La République semblait être la seule alternative raisonnable.

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