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[Enclave Jedi de Caamas] Bienvenue en ces murs... |PV Alyvan|

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Abigaïl Horrain
Rang IV - Maitre Jedi
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Dim 15 Avr - 17:39
" Maitre... Vous vous sentez mieux ? "

Mes yeux n'avaient nul besoin de s'ouvrir, que je savais qui m'entouraient. 5 jeunes initiés, tous membres du même clan, qui logeaient et grandissaient dans cette enceinte. Et profitant ainsi encore de la chaleur du soleil brillant, assisse sur un banc de pierre blanche, j’esquissais un sourire.

" Oui, Likku, je vais mieux. "

Mes yeux s'ouvraient alors, illuminés alors par le même soleil, et apprivoisant la lumière avec une certaine difficulté passagère pour se poser sur ce club des cinq, formé par Likku -une twi'lek-, Zard -un gand-, Volgan et Bior -deux autres Twi'lek- et Luke -l'humain de la bande-. Tous plus ou moins du même âge, soudé à leur façon à la fois par leur famille mais aussi et surtout par un pacte d'amitié.

" Vous étiez inquiets ? "

" Eux oui. Moi, j'étais confiant... " s'empressa de répondre Luke, de son naturel engageant et rapide. Une réponse qui lui valu un instant d'être amicalement repoussé par les bras et la gêne que ressentaient les autres. Une réaction amusante, rigolote à voir lorsqu'elle venait d'enfants.

" Maitre Horrain... " commença Bior, " j'ai entendu Maitre Kork'n dire que vous êtes capable de manipuler le feu grâce à la Force. C'est vrai ? "

" Bien sur que c'est vrai. Maitre Horrain, elle est trop forte. C'est la plus forte des Maitres d'Enclave ! " répondit Likku, me faisant ainsi rougir en mon fort intérieur, flatté que j'étais par cette démonstration de confiance et de compliments, mais aussi craindre la suite. Alors, avant qu'un autre ne prenne la parole, je me faisais un devoir de leur rappeler :

" La plus forte, n'allons pas jusque là. Et oui, Bior, j'en suis capable. On appelle ce pouvoir la Pyrokinésie. "

" Waaaaahhhhwww " ajoutèrent-ils, d'un choeur qui laisserait presque croire qu'ils avaient répétés ce moment ensemble.

" Vous nous montrez ? " ré-engagea Bior, presque aussitôt.

Et comme pour répondre à leur demande, je les invitais, chacun, à aller chercher du petit bois, ainsi que des cailloux pour faire un feu. Une tâche qu'ensemble ils ne mirent pas longtemps à réaliser. Ensuite, je fis jaillir, à l'intérieur du nid qu'ils avaient formé une braise, et la fit grandir jusqu'à avoir des flammes, feu élémentaire pour qu'ils s'installent autour, finalement rejoint par trois autres initiés pour la leçon du jour. Une leçon qui leur parlerait du Jedi Nicolla Menstri, remarquable sentinelle dont l'histoire se souvenait pour une décision difficile qu'elle avait du prendre à un moment crucial d'une de ses missions : celle de dire la vérité, s'exposant alors à de possibles représailles envers l'Ordre et les Jedi de l'époque ou mentir, au risque de s'enfoncer dans la voie du Coté Obscur de la Force.

Sur le moment même, et bien que sachant les risques encourus, tous décidaient de mentir, afin de préserver ce qu'ils connaissaient de l'Ordre. Une réaction normale, car l'Ordre était pour chaque enfant qui en fait partie une famille, un repère, une ancre auquel se rattacher. Il devient alors facile et aisé de se dire qu'un mensonge, même petit, est un acte de bonne conduite, une action pour le plus grand bien.

" Si vous prenez cette décision, soyez prudents. Car il y a mentir pour protéger effectivement, mais alors vos motivations doivent être exempts de toutes motivations personnelles. Lequel d'entre vous peut me dire honnetement qu'il n'a pas pensé à ce qu'il deviendrait alors ?"

Je souriais devant les regards qu'ils se lançaient les uns aux autres, consciente du piège que je leur avais tendu en leur racontant cette histoire. Ce n'était pas pour rien que cette leçon leur était enseigné à cet âge-là, et leur réaction était toute à fait naturelle, attendue et "normale".

" Maitre Horrain... "

La voix métallique qui venait d'interrompre le cours, je la connaissais bien. C'était celle d'un des droides protocolaire de l'enclave : C4-T7. Et alors que mon visage se tourna vers lui, il remplit son devoir en m'exposant la raison de sa présence, ou plutôt en me la rappelant :

" Le Sénateur Chaldren est arrivé. "

J'avais été averti par le Conseil et le Sénat de l'arrivée de ce Sénateur que je ne connaissais que peu, de réputation et encore. Remerciant alors la clique de bambins qui m'entouraient, et les invitant à se diriger vers le refectoire du batiment pour souper, je rendais C4 à ses tâches pour me diriger vers l'une des entrées du Parc, entrée où l'on pouvait apercevoir le Wroonien en visite en ces lieux.

" Sénateur. Soyez le bienvenue dans ces murs... " déclarais-je en arrivant à son niveau, avec une révérence respectueuse eut égards à son rang dans la société galactique. " J'espère que votre voyage s'est bien passé. "


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Alyvan Chaldren
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Lun 16 Avr - 16:37
Caamas était une planète magnifique, un écrin sauvage où surgissait soudainement la civilisation, harmonieusement construite en accord avec la jungle verte qui peuplait la majorité de sa surface. Même le spatioport de la capitale paraissait d’une tranquillité exarcerbée, à l’opposé de l’immense majorité de ceux qu’Alyvan avait pu visiter au cours de son existence. Bien sûr, certains, souvent ceux de la Bordure, étaient d’un calme olympien, mais cela tenait plus à leur désaffection qu’à autre chose. Les caamasis, eux, étaient fidèles à leur réputation. Doux, apaisés et apaisants, tous marchaient sans se presser dans les allées, apparemment sourds aux préoccupations du monde extérieur. Pour autant, à en juger par la légère nervosité du plénipotentiaire que le gouvernement local lui avait envoyé comme guide, le wroonien ne put s’empêcher de penser que malgré toute leur placidité, les caamasis n’étaient pas imperméables au remue-ménage galactique. Ils le cachaient simplement mieux que d’autres. Le contraire, eu égard à leur situation diplomatique, aurait été étonnant, car jamais leur peuple n’avait été à ce point attaqué depuis l’offensive contre le Pius Dea. Comme quoi, ces mammifères discrets avaient une tendance à se trouver au cœur des événements républicains …

Pour être parfaitement honnête, Alyvan avait du mal à croire que le Sénateur de Caamas, timide créature relativement lénifiant et moraliste sur les bords, ait pu commettre le crime qui lui était reproché. Cependant, il devait s’efforcer de voir au-delà des apparences. Nul doute de Contispex XIX n’avait probablement pas anticipé que le cœur de la révolte contre le règne de sa secte fanatique viendrait des caamasis … et pourtant ! Malgré leur pacifisme légendaire, ils avaient été la pierre angulaire permettant d’unir Alsakan, l’Ordre Jedi et leurs alliés sous une même bannière pour rétablir les valeurs de la République et mettre un terme au règne sanglant des dévots fous. D’un point de vue logique, néanmoins, il s’agissait de se prémunir contre une politique de plus en plus agressive. Même si Caamas s’alignait sur Alsakan généralement dans la Rotonde, la situation était loin de celle de l’époque à laquelle tous pensaient … non ? Rien qu’en pensant ces mots, le wroonien ne put retenir une légère grimace : clairement, si auparavant, l’échiquier galactique était déjà branlant, les derniers événements avaient achevé de le rendre définitivement instable. Surtout qu’il ne voyait pas vraiment ce qui pourrait l’arranger … Le Sénateur de Caamas était retenu sur Coruscant, et nul doute que si procès il y avait, ce dont il ne doutait pas, les conséquences seraient dramatiques. Plus que l’enjeu judiciaire, il s’agissait presque d’un renouveau de la traditionnelle confrontation entre Coruscant et Alsakan. Et les dernières n’avaient pas forcément évolué dans le bon sens …

Au milieu de cette équation politique complexe, il y avait en outre l’Ordre Jedi et son enclave sur Caamas, sommée de se désolidariser du Sénateur de la planète qui l’accueillait, et qui faisait pour le moment le dos rond. On disait le Grand Maître de l’Ordre d’une prudence rare. Certes, les préparatifs pour l’inauguration de leur base sur Mustafar pouvaient servir un temps d’excuse, mais il faudrait urgemment se positionner. Or, cette position pouvait durcir les oppositions ou bien au contraire préparer un terrain de convergence … Ce qui constituait le désir secret du représentant de Wroona, plus inquiet à vrai dire des événements de la Bordure que des tribulations politiciennes coruscanties, sans ignorer l’impact des secondes sur les premiers. Que la République et l’Ordre se divisent, et ce seraient les citoyens de la Bordure qui en pâtiraient, y compris les colons wrooniens de planètes comme Saleucami. Cela, évidemment, il ne pouvait le tolérer. Bref, pour résumer, il était en opération officieuse de déminage …

Constatant que son hôte s’impatientait, Alyvan s’excusa gracieusement, prétextant son ébahissement face à la beauté du paysage sous ses yeux et de l’architecture caamasie, ce qui eut le mérite d’apaiser le plénipotentiaire qui se lança dans une longue explication minutieuse sur les constructions écologiques de sa planète. Le discours n’était pas dénué d’intérêt, aussi le sénateur y prêta une oreille attentive alors qu’ils se dirigeaient vers la navette censée l’emmener vers l’enclave Jedi. Le trajet en lui-même ne prit que peu de temps, à moins que le babillement du caamasi ne l’ait occupé suffisamment pour qu’il ne se rende compte de rien. Ce fut en tout cas frais et dispos que le Sénateur arriva devant les portes de l’enclave, qui débouchaient sur un très beau parc à l’unisson de ceux qu’il avait pu voir dans les localités caamasis. Il ne lui restait plus qu’à attendre que les Jedi ne se passent le mot et qu’on vienne le chercher, une fois qu’il se fut annoncé à un droide de protocole. Bientôt, une femme se présenta, avec une chevelure rousse qui la rendait aisément reconnaissable. Heureusement qu’il avait demandé à ses services d’effectuer quelques recherches. Elle le salua avec respect, s’enquérant de son voyage. Lui adressant un sourire sincère, Alyvan lui répondit :

« Je vous remercie pour votre prévenance Maître … Horrain, n’est-ce pas ? Je présume que c’est avec vous que mon secrétariat a négocié cette visite. Je suis navré de ne pas l’avoir fait en personne, j’étais sur Ando, avec une de vos consœurs, sur demande du gouvernement local et du Sénat. »

En quelques semaines, Alyvan avait été particulièrement sollicité, et à vrai dire, son escale sur Camaas n’était que le prélude à un retour sur Coruscant qui s’avérait mouvementée. D’après les communications faites par ses services et certains de ses pairs, les réunions de commission s’annonçaient rudes, à son retour. Quelques-uns murmuraient même que la Chancellerie allait prendre à bras le corps les problématiques entre Lianna et ses voisins, dans la Bordure. Autant dire que le Sénateur voyait son emploi du temps s’alourdir au fur et à mesure sans parvenir à y mettre quelques jours de répit.

« Mon voyage s’est fort bien passé depuis Wroona. A vrai dire, vous êtes ma dernière escale avant mon retour sur Coruscant. »

Tandis qu’il observait les alentours avec intérêt, le wroonien déclara :

« Ce cadre est idéal pour enseigner, je gage. Nul doute que l’Ordre y est attaché. »

Dévisageant son hôte, il conclut :

« Vous désirez me faire visiter, ou bien commençons-nous nos discussions immédiatement ? Dans ce parc ou à l’intérieur, d’ailleurs. J’ai trop passé de temps enfermé dans des navettes ces derniers temps pour ne pas apprécier la quiétude de cet endroit. Et je n’ai jamais visité cette enclave. Je connais mieux celle d’Abhean, pour être honnête. »

Etant donné que la production des vaisseaux de l’Ordre s’y faisait essentiellement et que l’Explocorps y était omniprésent, cela n’avait rien d’étrange au vu du passé d’Alyvan et de sa collaboration avec ce corps plusieurs années auparavant. Après tout, ses liens avec les Jedi étaient anciens, et s’ils avaient été en sommeil pendant un temps, les dernières semaines les avaient considérablement ravivés, entre ses retrouvailles avec Nathanael Kort et sa mission en compagnie de Neela Acksedge. Le wroonien avait une attitude, de ce fait, bienveillante envers la confrérie, et c’était précisément cela qui le motivait pour obtenir des réponses à ses interrogations secrètes.
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Abigaïl Horrain
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Lun 16 Avr - 22:11
A l'énonciation de mon nom, j'acquiescais d'un nouveau signe de tête, autant que d'un léger sourire, afin qu'il sache que j'avais vu juste. Pour autant, ce n'était pas directement avec moi que cette rencontre avait été arrangé. J'en avais été simplement informé, à mon réveil. Un détail qui importait finalement peu, et que je ne relevais pas.

-"Ne soyez pas navré..." ajoutais-je simplement, dans l'unique but de le rassurer.

Ainsi donc, il avait croisé d'autres Jedi sur son chemin, un chemin le ramenant à la Capitale. Bien que cela se "sentait", je n'y aurais guère prêté attention s'il ne l'avait pas souligné par lui-même. Cette rencontre précédente pouvait par contre avoir un impact sur ce qui serait l'objet de cette visite de la part du Wroonien, et j'espérais secrètement que si cela devait arriver, l'impact serait positif pour l'Ordre.

-"Prenez en ces lieux le temps qu'il vous faut. On dit que la Capitale est particulièrement agitée en ce moment, surtout pour un sénateur."

Taquine ? Pas vraiment. Sincère plutôt, et sans envie pourtant d'aborder le principal sujet qui amener cet alien sur Caamas. Mais la vérité était là : le sénateur serait le bienvenue, et une chambre lui avait été préparée de toute façon au sein de l'Enclave.

-"Vous devez savoir que votre vaisseau ne va pas repartir tout de suite. Aussi, nous avons pris la liberté de vous faire attribuer une chambre et un espace personnel dans l'un de nos blocs résidentiels. Vous y trouverez tout le nécessaire pour votre séjour ici."

Je jugeais bon de l'en informer, car c'était là nécessaire. J'avais peut-être manipuler quelques événements lorsque j'avais appris cette visite et son but, en prétextant le transport de fret de Caamas à Coruscant par cet intermédiaire, mais je n'étais pas la vilaine cachotière. Seule ma vraie raison lui resterait caché, à moins que ce sénateur ne me pose ouvertement la question.

-"Sur ce point, vous avez raison. La paix qui règne ici est d'une rareté impressionnante. Je serais triste qu'il soit dans vos dessins de la troubler."

Triste et protectrice s'il le fallait. Car mon rôle, en tant que Grand Maitre de cette Enclave, était de protéger ce lieu autant que les personnes qui y résident. Et reprenant l'un des chemins parcourant le parc, invitant l'honorable invité qu'il était à ma suite, j'entreprenais de le guider à ma façon à travers les jardins, suivant un dédale de plaques au sol en direction de ses appartements.

-"Cette enclave n'est pas aussi vieille que celle d’Abhean."

M'arrêtant près d'une fleur, j'en sentais un instant le parfum, avant de regarder le sénateur, continuant :

-"Mais il est vrai que la quiétude de ce lieu est propice à la méditation. Aussi, qu'importe la durée de votre séjour, vous serez toujours le bienvenue ici tant que vos activités n'entravent en rien celles qui ont cours."

Mon regard pivota alors dans une autre direction, vers un groupe d'initiés qui, sous la tutelle d'un Maitre Ithorien, était en pleine communion avec l'énergie mystique. La discipline qui se dégageait alors était admirable, respectable, presque incroyable. Et je l'appréciais peut-être plus que mon invité, sentant le sérieux avec lequel ces jeunes s’efforçaient à réussir leur exercices. Toujours en les regardant, droite, je reprenais à l'encontre du seul pouvant m'entendre alors :

-"En contrepartie de ce respect, je répondrais à vos questions avec la plus grande sincérité. L'Ordre Jedi et cette enclave n'a rien à cacher, quoi qu'en pensent certains de vos homologues de la rotonde."

J'esquissais un sourire à son encontre, qui n'était ni vrai ni faux, mais juste simple. Je lui promettais la sincérité, et en même temps pas de répondre pleinement à toutes ces questions. Et s'il était sénateur, il saisirait le détail et en comprendrait parfaitement la nuance. Pour autant, je disais vrai : cette enclave n'avait rien à cacher, et je n'avais pas l'intention de faire de ce lieu un cible ou un prétexte politique pouvant nuire aux bonnes relations de l'Ordre, que ce soit envers la République ou envers Caamas.

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Alyvan Chaldren
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Dim 22 Avr - 16:16
Alyvan n’aimait pas être pris au dépourvu. Il ne détestait pas les surprises ou prendre des décisions sur un coup de tête, même s’il essayait d’éviter depuis qu’il avait pris la tête de la représentation wroonienne. Simplement, comme beaucoup de personnes, il n’avait qu’une appétence toute modérée pour ces moments où des heures de préparation tombaient à l’eau à cause de la décision d’un autre individu. Il ne savait pas exactement à quoi la Jedi face à lui jouait, mais la perspective de ne pas pouvoir repartir, annoncée de la sorte, lui provoqua un vif déplaisir. Il avait organisé cette escale comme il le pouvait, son gouvernement désirant avoir des nouvelles fraîches de Coruscant, sans compter qu’il devait de toute urgence rendre compte des progrès de sa mission sur Ando, et que faire attendre les commissions d’examen n’était pas forcément une excellente idée. Sans compter ce qu’il avait plus ou moins deviné vis-à-vis de ce qui l’attendait prochainement. Bref, autant le dire : une part de lui aurait voulu avoir cet entretien et repartir rapidement. A la rigueur …

« J’aurai préféré repartir dans un délai court. Je dois rendre compte de résultats importants au Sénat, et je ne tiens pas à faire patienter plus que de raison la Rotonde. Comme vous l’avez si bien dit, l’atmosphère est suffisamment électrique pour ne pas l’envenimer un peu plus. »

Dans des moments aussi dangereux pour la stabilité républicaine, les esprits avaient tendance à s’échauffer plus que d’habitude, les egos à s’entrechoquer, et globalement, chacun cherchait à savoir ce que l’autre préparait, surtout parmi les non-alignés comme lui, puisqu’il se tenait notoirement éloigné de Corellia, malgré les liens anciens existants entre les deux planètes. Contrairement à d’autres planètes du cadran sud, Wroona n’était pas une colonie, pas peuplée d’humains, et suffisamment riche pour ne pas subir le poids des entreprises corelliennes. A vrai dire, son peuple, allié aux pantorans, menait sa propre politique de colonisation, aidé en cela par le caractère aventureux de certains de ses membres qui, ne pouvant trouver leur place au sein des archaïsmes de leur monde, partaient pour d’autres contrées plus accueillantes et conformes à leur mode de vie. Ainsi, comme dans un parfait écosystème, chaque composante contribuait à la prospérité générale et à l’influence des wrooniens dans la galaxie. Dans tous les cas, il espérait que son interlocutrice comprendrait ce qu’il voulait dire. Une nuit à la rigueur, mais pas plus.

Du reste, sa méfiance, ou du moins ce qu’il percevait comme de la méfiance, le troublait. Etait-ce une manière de protéger ses élèves, de se protéger, ou une mise en garde sur la nature future de leurs échanges ? Le wroonien était ici en visite privée, nullement envoyé par le Sénat. Il tendait une main amicale et ne voyait pas vraiment ce qu’il gagnerait, pour le moment, à se mettre à dos une enclave Jedi, surtout qu’il travaillait agréablement, du moins jusqu’ici, avec l’Ordre, et avait plutôt une réputation positive vis-à-vis de ce dernier, ce que certains lui reprochaient d’ailleurs, arguant qu’un équilibre était plus dans les mœurs de Wroona, ce à quoi Alyvan répondait généralement que son peuple devait continuer à être reconnaissant envers ceux qui avaient libéré la République du Pius Dea. Si sa planète avait moins souffert que d’autres, le statut de proche-humain étant plus enviable que celui de non-humain, ils n’en avaient pas moins été marginalisés, et certains des leurs avaient payé le prix fort de la tyrannie de la dynastie des Contispex. Il n’avait donc aucune mauvaise intention, et était assez peiné qu’on puisse penser le contraire, surtout qu’il estimait n’avoir manqué de respect à aucun moment à son interlocutrice, ni avoir donné des signes de menace. Fronçant ses sourcils, il répliqua donc :

« Insinueriez-vous que je viendrai avec de mauvaises intentions ? Si c’était le cas, je me serai contenté de vitupérer avec la meute, et en aucun cas de m’arranger pour venir vous visiter entre deux voyages interstellaires …

Tout comme la plupart des Sénateurs ont l’habitude de se plier aux coutumes locales, lorsqu’ils sont invités. A moins que vous ne m’imaginiez wroonien à envoyer des cailloux sur la tête de vos disciples pour les distraire ? »


La plaisanterie finale atténuait la sécheresse de son début d’assertion. Histoire de balayer immédiatement tout faux-semblant, il déclara posément :

« Entendons-nous bien. Je ne représente pas le Sénat mais ma propre planète. Ce que peuvent penser d’autres que moi n’a donc aucune importance. Surtout que la plupart attendent davantage une prise de position, quelle qu’elle soit, plutôt qu’être ainsi tenus dans l’expectative. »

Ses yeux jaunes se posèrent sur son interlocutrice :

« Par la force de l’histoire, vous apparaissez vous, et plus globalement votre Ordre, comme une alliée d’une personne qui se trouve accusée d’un assassinat qui, au rythme où vont les choses, risque fort de relancer un nouveau conflit alsakani. Je n’y tiens pas particulièrement.

Donc je trouvais normal de venir m’enquérir en personne, et non par de simples bruits de couloir de votre position.

A vrai dire, je doute que l’ensemble de l’Ordre ne discute pas de cela, et des implications de chaque réponse pouvant être apportée. »
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Abigaïl Horrain
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Mar 22 Mai - 11:10
Un délai plus court ? Je pouvais le comprendre. Pour autant, je n’accéderais que peu à cette requête. Et ce n'était pas que de la mauvaise foi, ou manipulation de la ma part. J'avais simplement demandé que sa navette soit vérifiée en même temps. Non pas que je tenais à sa vie, mais beaucoup plus aux conteneurs qu'ils allaient transporté par la même jusqu'à la capitale.

Je le laissais parler ensuite, entendant ce qu'il avait à me dire, à me répondre eut égards de mes affirmations précédentes. Pourtant, sa plaisanterie m'enleva un sourire sur mon visage, si bien que j'ajoutais :

-"Dans ce cas, je vous imagine plutôt fuyant vos propres petits cailloux. Cela pourrait d'ailleurs être pour eux un entrainement interessant, si vous le souhaitez."

Je ne souhaitais pas qu'il se plie bon gré mal gré aux "coutumes locales". Mais chaque fois que j'imaginais quelqu'un, quelqu'il soit, venir et mettre en péril la sérénité de ce lieu, j'éprouvais à son égard une profonde peine. Non pour ce qu'il ferait, mais bien pour le sort que je lui réservais. Ce que le Wroonien devait maintenant comprendre, c'est que peu m'importait réellement les raisons de sa venue, la priorité à mes yeux était et serait toujours l'harmonie de ce lieu, autant que la paix de ceux qui y vivent. J'étais la responsable de ce bâtiment, la garante de cette paix, et même sortant de convalescence, je ne transigerais en rien cette règle.

-"Rassurez-vous, j'ai... confiance en votre bonne foi."

Il était sénateur, le terme [i]confiance[/b] était donc à prendre avec des pincettes. Mais son affirmation, dans laquelle je ne décelais aucune envie de mentir, affirmant qu'il ne représentait en rien le Sénat apaisa tout de même quelques craintes dans mon esprit.

-"Le pensez-vous coupable ?"

Mes yeux défièrent les siens, avec une certaine intensité non feinte.

-"Votre avis personnel, et non celui du sénateur de la Rotonde..."

Voila ce que j'attendais comme réponse. J'avais eu l'occasion, à plusieurs reprise de rencontrer le Sénateur en question. Et bien qu'il soit difficile dans ce genre de situations de démêler le vrai du faux, j'avais particulièrement du mal à le croire coupable. Mes sentiments envers la politique en place sur ce monde étaient-ils en jeu ? Je l'ignorais, bien que je m'étais de nombreuses fois déjà posé la question.

-"Plus que quiconque peut-être, je ne désire pas voir un nouveau conflit alsakani déchirer la République, sénateur."

Nul besoin de me poser la question cette fois, la raison était simple : je me sentais impliqué lorsque l'on me parlait d'Alsakan, et ce depuis que mon Maitre m'en avait appris plus sur mes origines. Je n'ignorais pas qui j'étais, ni même quelle place j'aurais pu occupé dans la société de cette planète, et je me sentais donc clairement impliqué. Mais j'étais aussi une Maitre Jedi, avec des responsabilités. Responsabilités dont je devais m'acquitter avec la plus grande impartialité.

-"L'ensemble de cette enclave, tout du moins. Je n'ai pas été à Ossus récemment pour juger du reste de l'Ordre."

Regardant à nouveau les novices, je continuais :

-"Vous comprenez peut-être plus maintenant pourquoi je vous incite à les respecter, autant que le calme de ces lieux. Ce ne sont que des enfants, qui luttent contre leurs émotions afin de ne pas prendre parti. Un exercice difficile, encore plus pour eux. Mais l'intelligence d'un enfant n'est pas à déprecier. Aussi, ils sauront qui vous êtes, et tiront leurs propres conclusions.

Il essayeront peut-être aussi d'en savoir plus, en s'approchant de vous, en vous parlant. Les plus vieux, surement, vous jugeront. Ne leur donner pas de crédits. N'influer en rien leur opinion. C'est ce que j'entendais par ma demande..."


Si vous avez besoin de parler, je serais là...
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Alyvan Chaldren
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Ven 1 Juin - 22:59
« J’ai suffisamment de cicatrices sur le visage comme cela, je crains de devoir décliner. »

Les yeux jaunes du wroonien avaient étincelé alors qu’une lueur d’amusement apparaissait en même temps qu’il prononçait ses mots d’une ironie grinçante, sa face grêlée se distendant à cause du sourire qui en prenait possession, accentuant la véracité de ses dires sur ses traits. Il n’avait jamais aimé son physique imberbe et doux. Voir sa peau immaculée subitement marquée profondément ne l’avait pas particulièrement réconcilié avec son apparence, même s’il avait suffisamment eu l’habitude des moqueries pour supporter correctement le choc initial. Alyvan n’avait probablement l’étoffe d’un séducteur, du moins, autrement que par sa position de pouvoir actuelle. Il n’était pas laid à proprement parler, mais se trouvait banal, et loin des standards ordinaires de la beauté masculine. Sec et fin, avec un faciès d’adolescent brûlé … Non, décidément, il trouvait ne pas avoir grand-chose pour lui, sauf sa personnalité peut-être, mais enfin … Il en souffrait modérément, et beaucoup plus à cause du déficit de crédibilité qu’une telle apparence causait qu’en raison d’une réelle douleur vis-à-vis de ce qu’il était. L’âge avait fait son œuvre. Il s’était accepté. Plus ou moins. A peu près, disons. Au moins, il savait en rire. La dérision avait toujours été un domaine dans lequel il excellait. D’après certains, c’était parce qu’il avait beaucoup à dire. Ils n’avaient sans doute pas tort.

Le Sénateur n’était pas l’orateur le plus brillant de la Rotonte, encore moins un politicien brillant. Il n’avait ni le goût de l’intrigue, ni le talent pour y parvenir si l’envie le prenait. Il était trop prudent, et trop consciencieux. Ce qui, dans la recherche scientifique, avait été des forces, devenait dans le second temps de sa carrière des défauts. Mais au moins, cela lui avait appris à lire dans les paroles des uns et des autres, à peser soigneusement chaque mot. La femme en face de lui se méfiait de ce qu’il représentait. Pas au point de l’admettre, ou de remettre en cause sa personne … Non, cependant, elle le considérait comme un trouble, intrinsèquement, de par sa fonction, de par ce qu’elle sous-entendait ordinairement. Il avait l’habitude de cette distance que les autres imposaient, de ce qu’il inspirait. Et il avait tendance à en être peiné, parce qu’il considérait qu’il était un être normal, et qu’il ne jouait pas un rôle. Seulement, il était difficile, souvent, de le faire comprendre, ou même que ses interlocuteurs l’acceptent. La confiance, précisément, se gagnait. Bon nombre de ses collègues n’avaient pas vraiment œuvré pour que l’ordre politique républicain l’obtienne aisément. Le Pius Dea demeurait dans les mémoires, et de manière presque essentialiste, la politique requérait des actions qui, aux yeux de la plupart des individus, étaient contestable. La froide logique de la raison d’Etat et du pragmatisme n’avait guère d’attraits pour l’œil profane ou moral. Ni pour lui, hélas.

« Les deux sont inextricablement liés. Je n’exerce pas mon mandat en dépit de ce que je pense. Et j’essaye de ne pas penser en contradiction avec ce que je fais. »

Il ajouta :

« Comprenez, Maître Horrain, que je ne suis pas un homme politique de formation. Je suis un scientifique. Et je réfléchis en scientifique, avec ce que cela implique comme rigueur. Du coup … Vous aurez l’avis d’Alyvan Chaldren. Dans tout ce que cela représente. »

Il n’avait pas bâti son existence sur l’attrait du pouvoir mais sur celui de la connaissance. Il n’avait pas eu de formation intellectuelle le préparant à son exercice, et si cela lui faisait défaut, il avait appris à composer avec. Mais il continuait de penser qu’éviter à tout prix une sorte de schizophrénie où il agirait d’un côté et aurait des doutes de l’autre ne pouvait être que délétère, autant pour sa santé mentale que pour l’efficacité de son action. Il avait besoin de croire dans ce qu’il faisait, d’y déceler une forme de logique. Le jour où il n’y parviendrait plus, alors il reviendrait à la vie civile, sans regrets, et retournerait à ses expériences.

« Pour être franc, je n’ai que peu côtoyé le Sénateur de Camaas. De ce que je sais de la culture des camaasis, un tel acte serait … inhabituel. Néanmoins, les traditions sont ce qu’elles sont, et juger toute une espèce dessus serait ignorer la part de libre arbitre et de caractère que nous avons tous.

Ce que je me demande c’est … Qu’avait-il à gagner ? Supposons que le Sénateur ait réussi son forfait. Le beau-père du Chancelier meurt inexplicablement. On crie au complot, soit. Le Chancelier perd un soutien précieux. Mais ce ne serait que temporaire, et jamais le parti d’Alsakan n’aurait obtenu un Sénateur favorable à ses prises de position. Peut-être moins obtus que le défunt, je vous l’accorde. Je trouve tout de même que c’est risquer beaucoup pour peu de résultat. Autant viser le Chancelier directement, dans ce cas.

Bien sûr, le Sénateur de Coruscant était un adversaire farouche des camaasis, politiquement parlant, et du bloc entourant Alsakan en général. Et il est possible que certains de ses projets non publics aient eu un tel retentissement potentiel que des actions radicales devenaient nécessaires. C’est l’hypothèse la plus … logique. »


Enfin, si on admettait le présupposé que le Camaasi avait tué le Sénateur de Coruscant, évidemment.

Doucement, il ajouta :

« Je n’ai pas de preuves qu’il ne soit pas coupable. Et au vu des éléments matériels, il est difficile de penser autrement. Cela ne m’empêche pas de constater que cette instabilité ne profite pas à ceux qui auraient, si je m’en tiens à cela, commandité ce meurtre. »

Alors … A qui profitait ce crime ? Ses yeux balayèrent les jeunes autour d’eux. Et après avoir laissé la Jedi exposer son point de vue, il répondit, son sourire plaqué sur les lèvres :

« Ce ne seront ni les premiers, ni les derniers à me juger. Ni ici, ni ailleurs. Mais je répondrai à leurs questions, s’ils en ont. Parce que sinon, ils continueront à me juger, précisément. Et leur opinion ne se forgera que sur cette image qu’ils ont de ma fonction.

Après, ils penseront ce qu’ils voudront. Comme tout un chacun. Comme tous les wrooniens, même si je les représente, finalement. »


Son sourire s’élargit :

« Je ne suis pas en campagne après tout. Et je suis un démocrate. Ainsi qu’un homme attaché au raisonnement scientifique, neutre par essence, donc. Voyez-y la déformation d’un xénobiologiste indécrottable.»
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