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Les Hutts et le Temple perdu (pv Iséri Nisa)

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Lianna Tsi'a Cyan
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Mar 3 Avr - 0:36



« - Rapport journalier de Lianna Tsi’a Cyan. Analyse du Site 42 et des fouilles effectuées depuis le début de la semaine.»

Je parcours du regard la zone défrichée qui m’entoure. Un gros tumulus a été dégagé par les droïde-sondes. Ils ont retiré avec précaution les lianes et les racines qui recouvraient la structure, dévoilant sa forme hélicoïdale, étrange et singulière. Tout autour, d’autres bâtiments antiques, en partie recouverts par la jungle, se dévoilent peu à peu sous le travail des droïdes.

« - Nous avons dévoilé ce qui semblerait être un ancien habitat. La structure est typiquement Rakatas. Il s’agit peut être d’un avant poste ou d’un début de colonie. Au milieu, nous avons dégagé ce qui semble être un ancien temple. Visiblement le lieu a été abandonné par ses occupants mais pour l’instant nous n’avons pas d’hypothèse sur les raisons de cet abandon. Nous n’avons retrouvé ni traces de combats, ni de catastrophe naturelle pour l’instant, ce qui semble indiquer un abandon volontaire. Je reste prudente néanmoins dans mes premières conclusions. »

Cela fait bientôt trois ans que je travaille avec l’équipe de recherche de Yavin IV. Au départ, il s’agissait pour moi d’oublier ce qui me tourmentait et de retrouver un peu de sérénité. J’en avais bien besoin, même si cela voulait dire prendre ma retraite de l’Ordre. Je me suis prise au jeu ceci dit : L’archéologie a toujours été ma spécialité et je me suis plongée avec délice dans le travail pour oublier ma peine. Au bout de trois années bien remplies, j’ai accumulé des centaines d’enregistrements divers et de théories. Il me faudra sûrement au moins un an pour tout ordonner, ce qui met les nerfs du Bonbon Rose à rude épreuve. Ma jeune élève Twi’lek est une maniaque de l’organisation et du rangement tandis que je préconise un laxisme constructif propre à éveiller l’intuition. Inutile de dire que ce charmant petit Bonbon Rose a pas mal de difficultés à s’adapter à ma façon décontractée de gérer les choses. Je prends un malin plaisir à en jouer d’ailleurs.

« - Note pour Iséri : il faudrait que tu vienne au site 42. J’ai trouvé une dalle intéressante et comme tu es particulièrement sensible aux objets, j’aimerai que tu me donne ton impression. »

Je tourne le senseur optique de l’enregistreur vers une dalle, gravée de symboles hiéroglyphiques Rakatas, à moitié recouverte de mousse que j’ai commencé à nettoyer. Elle était enfouie sous un dépôt d’argile datant de plus de 300 ans après l’abandon du site. Elle a probablement été recouverte lors d’une inondation.

« - J’aimerai que tu sois attentive à ce pictogramme là… »

Je zoome sur une représentation étrange d’un Rakata les paumes ouvertes mais les doigts écartés comme des griffes dressées. C’est une posture étrange qui pourrait à première vue être prise comme amicale mais qui m’évoque quelque chose de plus sinistre. Ce qui selon nos connaissances sur cette race peut aisément être le cas.

Spoiler:


« - … et ne laisse pas ton esprit s’aventurer trop loin. Terminé. »

Je transmet la dernière partie du rapport à C.Y.Bot, afin qu’il le donne au Bonbon rose. Il en profite pour me signifier par une bordée d’injures son mécontentement d’être cantonné au camp au lieu de pouvoir jouer au sabbac avec les membres de l’équipe.

« - Brzzzz bip dip Zzzzzrchtttt tac biditac Bzzzz ! »

Je ris de bon cœur. J’aime le sale caractère de mon droïde. Son passé sur un vaisseau contrebandier en fait le tas de boulon le moins fiable de l’univers, mais il obéit tout de même… Enfin la plupart du temps.

« - Transmets ça, tas de boulon virusé. »

Nous sommes une toute petite équipe, pas plus de  dix personnes, et avant l’arrivée d’Iséri Nisa, j’étais la seule Jedi du groupe. Puis le Bonbon rose est arrivée, officiellement pour terminer sa formation. Elle savait déjà le plus gros de ce qu’elle devait savoir et j’ai bien compris la véritable raison de sa venue sur Yavin IV : Me ramener auprès de l’Ordre. J’étais contente de la revoir. C’était une de mes élèves les plus douées sur Ossus. Et elle me faisait toujours rire avec ses tentatives pour me séduire.

Elle est toujours aussi douée et ses idées ne cessent de me surprendre. J’ai plus avancé dans les recherches depuis qu’elle est là qu’au cours des trois dernières années. Elle m’oblige à me remettre en question et j’adore ça. Je la taquine en l’appelant Bonbon rose parce qu’elle est vraiment à croquer. L’un dans l’autre, je suis contente qu’elle soit venue me trouver. Le fait qu’elle me regarde toujours avec les mêmes yeux énamouré n’est pas pour rien dans mon plaisir de la revoir, je crois…

Je me tourne vers T4C808, un droïde de fouille archéologique et je lui donne de nouvelles instructions :

"- T4C808. J’aimerai que tu dégages cette dalle mais veille à ne pas la déplacer. Il faut que… »

VRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !


Je lève la tête et prenant appui sur une colonnade, je scrute le ciel. Je distingue un groupe de trois appareils. Il me survole et se dirige tout droit vers le campement principal. Ce sont des transports équipés d’une plateforme de tir à 360° située à l’arrière. Inquiète, je porte mon communicateur à mes lèvres : que viennent faire ces transports sur une lune recouverte de jungle comme Yavin IV ?

« - C.Y.Bot, ici Lianna. Des vaisseaux se dirigent vers vous. Peux tu pirater leurs transmissions ? »

Une bordée d’injures toues droites sorties d’un lexique de pirates et de contrebandiers me répond :

« - DipZrrrr Krreee Bing Tzieennnn ! »

Je hausse la voix, ce qui ne me ressemble guère.

« - Je me fous que tu sois en train de jouer et de gagner ! Fais ce que je te dis ! Vite ! »

J’entends des grésillements et des bruits de voix incompréhensibles sous fond de vrombissement de réacteurs. Soudain, la retransmission se fait plus claire et j’entends des voix caverneuses.

« - Dooga. Jagga naa jiii da koba ! Jada raah na ga jaga ! »

Du Hutt ? Ici dans ce trou paumé ?

« - Joooh na charaga ji na badda var sarlaaaa ! »

Je blêmis soudain comprenant la teneur des communications. C’est une attaque. Leur chef demande à ses hommesde main de faire le plus de prisonniers possible mais d'effectuer une démonstration de force.

« - C.Y.Bot. Alerte vite Iséri. Que le camp s’apprête à être attaqué. ! J’arrive ! »

Je bondis sur ma moto jet sans même prendre le temps de donner des ordres aux droïdes qui m’entourent. Les voix de plusieurs Hutts résonnent à mes oreilles et je distingue aussi celles d’autres créatures, moins facilement identifiables.

« - Laa naa riga ta dogoba Sarlae gedra dooo, hohoho ! »

Je démarre en trombe et je file à toute vitesse au milieu des arbres gigantesques. Je suis à une dizaine de minutes du campement, même en poussant la vitesse à fond. Seule Iséri est vraiment entraînés à se battre. Les autres archéologues ne sont que des scientifiques sans expérience du combat. Le Hutt que je viens d’entendre est si sûr de son affaire qu’il en rit à gorge déployée.

« - Analyse des voix au second plan. »

l’IA de mon communicateur me répond :

« - Il s’agit d’expression et d’intonation typique des être originaires de Gamorr. Les Gamoréens sont souvent utilisés comme garde du corps et soldats sacrifiables par les Hutts… »

Trois navettes et au moins deux Hutts, peut être trois, et leur gardes. Soit pas moins d’une vingtaine de combattant entraînés et armés. Je tente de contacter Iséri sur une ligne brouillée :

« - Iséri. J’arrive dans quelques minutes. Ne tente rien tant que je ne suis pas là. Cache toi si tu le peux. J’arrive. »

Je ne suis pas certaine qu’Iséri puisse se tenir à ces ordres. Je suis même certaine du contraire. Je ne sais pas ce que sont venus chercher exactement les Hutts mais ils en ont après l’expédition. Nous aurons du mal à négocier pacifiquement.

J’accélère à nouveau…
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Iséri Nisa
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Jeu 5 Avr - 1:12
Tout se déroule comme dans un film. La forme indistincte d’une assiette, légèrement déformée par un voile semblable aux reflets de l’eau, semble naviguer sur un décor qui défile en accéléré. L’objet en lui-même est très élégant: un dessin coloré orne son centre, représentant une créature verte, tandis qu’autour s’éloignent des lignes concentriques de couleur noire. En dehors du jour et de la nuit qui défilent, les seuls éléments qui viennent perturber le décor sont quelques silhouettes fantomatiques qui le traversent très brièvement. C’est un spectacle fascinant de voir le temps qui défile, le passé qui se livre à moi. C’est une sensation qui donne le vertige aussi. Plus je lis en lui, et plus je me sens devenir cet objet de poterie que je tiens entre mes mains.  
Tout à coup l’assiette se soulève, brusquement emporté par deux mains munies de griffes qui la déplacent précautionneusement.

“- Dame Iséri, puis-je requérir votre attention ?”

La voix neutre de Monsieur-Balourd me tire de ma profonde méditation ; il me faut une pleine seconde pour me remettre en tête que je suis une twi’lek et pas une assiette en terre cuite. Celle que je tiens dans les mains est d’ailleurs beaucoup moins belle que dans ma vision du passé: elle a non seulement perdu toutes ses couleurs, mais aussi un certain nombre de morceaux !
Sans même relever la tête, je lâche à l’adresse de mon droïde:

“- Non”.

Sur cette brève réponse, je me replonge à demi dans le compte à rebours des années de solitude qu’a traversé l’objet que j’analyse. A demi seulement, car je devine mon droïde de service personnel sur le point d’insister sur un ton de reproche:

“- Dame Iséri, je suis navré d’insister mais il s’agit d’une communication de... tuuuuuut… l’unité C.Y.Bot, de la part de dame Lianna.”

Ce “tuuuuut”, c’est un peu l’équivalent chez mon droïde d’un “hum-hum”.
Très patiemment, je reprends mes notes et les reporte soigneusement sur informatique, indiquant la période étudiée (une dizaine d’années, il y a plus de trente mille ans de ça), mes observations, et mes déductions. Selon toute probabilité il ne s’agit pas d’un objet utilitaire mais d’un bibelot. C'est merveilleux car ça indique plein de nouvelles choses sur les habitants de ces lieux ! Pendant ce temps Monsieur-Balourd semble attendre patiemment, et la vue de mon stoïque droïde quadripode fait naître sur mes lèvres un sourire mi-bienveillant mi-amusé. L’ayant suffisamment fait mariner, je lui indique:

“- Voilà, tu peux envoyer la transmission”.

Le message contient le rapport d’étude journalier de mon ex-maîtresse remplaçante jedi, ainsi qu’une note à mon attention.
Chère Lianna… horrible peste bordélique de Lianna ! J’ai beau l’admirer et l’aimer… euh, l’apprécier -arrête de me regarder comme ça Monsieur-Balourd, je ne rougis pas !-, en dépit de toutes ses qualités Lianna Tsia Cyan possède un horrible, terrible, impardonnable défaut: elle a beau être une archéologue de talent, il faudrait au moins une seconde archéologue à temps plein rien que pour s’occuper de gérer le bazar qu’elle génère à elle toute seule ! Combien de fois devrais-je lui dire de ne pas mélanger ses notes et sa communication interne ?! Comment voulez vous présenter un rapport d’étude propre après ça ?!

En dépit de mon bref agacement je suis tout de suite intéressée par l’étrangeté du pictogramme. Nous avons bien retrouvé quelques représentations d’individus ou d’entités, mais aucune avec cette posture si singulière. Je me laisse prendre à l’observation sous tous les angles de l’image affichée par mon droïde lorsque la voix d’Elmo m’interrompt (Elmo c’est l’un des dix membres non jedi de notre expédition. C’est un rodien d’un âge assez avancé, vert, de grands yeux noirs, une crête sur la tête… bref, un rodien classique quoi ! Mais en vieux). Il me dit avec sa voix auto-tunée de rodien:

“- Jeune dame Iséri [...]”

Je me permets de couper Elmo pour préciser un point. Habituellement je ne suis pas à cheval sur la politesse. Les titres, tout ça, c’est bien joli mais je m’appelle Iséri et pas “dame”, “honorable chevalier jedi”, ni “dame jedi”. Seulement je me dis que ce serait parfois bien utile d’être plus stricte là dessus pour forcer le respect à mon égard, par exemple -à tout hasard !- dans une mission où tous les autres membres de l’expédition ont au minimum quinze ans de plus que moi !
Ce “jeune dame” de la part du vieux rodien signifie que toute jedi et érudite que je sois, il estime clairement que son âge lui donne la préséance et qu’il ne tient pas à faire des courbettes devant une gamine ! Vieux machin va ! Est-ce que je t’appelle “vieux monsieur Elmo”, moi ? Oh mais… peut-être que je devrais ?!

Bref, désolée, j’ai coupé le rodien dans une phrase peut-être importante. Reprenons donc !

“- [...] notre radar de surveillance a repéré plusieurs vaisseaux en approche. Ils n’ont émis aucune tentative de communication pour le moment. Vous devriez venir voir.”

Allons bon. Qu'est-ce qu’ils ont tous à vouloir m’interrompre d’un coup ?! J’avais espéré une journée tranquille moi ! Peut-être une ou deux découvertes intéressantes, un bon repas, et qui sait, que Lianna me… hum ! Hum ! Ou alors mieux encore, que je reçoive enfin la cargaison de ravitaillement qui doit contenir ma commande de chocolats.
Pince sans rire, Monsieur-Balourd réplique:

“- Je suis navré, monsieur, de vous indiquer que dame Iséri ne souhaite recevoir aucune communication”

Je lance à mon robot un regard taquin avant de me retourner vers le rodien. Me retenant de pouffer, je le dévisage plus sérieusement du monde et lui répond:

“- Entendu vieux monsieur Elmo, je vous accompagne.”

Difficile de deviner simplement à l’expression de son visage si un rodien sourit ou non. Sur le coup je crois l’avoir choqué ! Sans lui laisser le temps de réagir, je sors du paravent sous lequel j’étais installée et, suivie d’Elmo et de Monsieur-Balourd qui progresse de sa démarche maladroite, je me rends jusqu’à notre pc de communication.
Notre campement est constitué de plusieurs structures en préfabriqué, de divers auvents de fortune abritant toutes sortes de nos trouvailles, de tables, chaises, caisses, véhicules d’exploration, droïdes, et matériels informatiques plus ou moins épars, ainsi que de trois vaisseaux de transport actuellement utilisés comme logements et ayant servi à amener sur Yavin 4 respectivement: l’équipe d’archéologues, Lianna, et moi-même. Quant au “Pc de communication”, c’est un terme un peu pompeux pour qualifier l’antenne du vaisseau de transport principal reconvertie en radar de surveillance du périmètre.
C’est à  ce moment que mon droïde annonce:

“- Dame Iséri, une seconde communication de la part de… Tuuuuuut… l’unité C.Y.Bot. Urgente, visiblement.”

“- Urgente comment ? Si c’est de la part de Cylia, dis-lui de ne pas chercher sa batterie de rechange: je l’ai remise à sa place, c’est-à-dire dans la soute étanche du transporteur.

Difficile pour une grosse boîte de métal de prendre un air exaspéré, mais Monsieur-Balourd y parvint avec éloquence. Décidant finalement d’interpréter ma réponse comme un oui (ou peut-être pressé par l’urgence de la situation), il enclenche son transmetteur et diffuse la voix du droïde de Lianna:

“- Dizuuup, douip douip, tfrzzzz”

Au, oui, voilà encore autre chose…
Non mais sérieusement, c’était si compliqué de le programmer les robots pour qu’ils s’expriment en langage universel ?! Je veux dire, oui c’est mignon et tout, mais qui a cru sérieusement que s’exprimer en une série de “dibdilip dip douip” était une bonne idée, et que ce serait intelligible par qui que ce soit ?! Le pire c’est que tout le monde semble le comprendre ! Même moi je le comprends !! Alors que ça n’a aucun sens !!! Heureusement qu’il y a toujours quelqu’un -en l'occurrence l’honneur reviendra à Elmo- pour s’occuper de la traduction et de s’exclamer à voix haute:

“- Comment ? Il dit que le camp est attaqué ?! Il doit s’agir des vaisseaux que le radar  repéré...”

Il existe quelques mots qui provoquent aussitôt des montées d’adrénaline. Le même genre de mots qui transforment une matinée tout à fait paisible en une situation d’urgence !
Je me doute que Lianna ne parle pas d’attaque sans savoir ce qu’elle fait, et il convient de réagir vite, de ne pas perdre de temps et surtout de ne pas laisser naître la panique, au risque de voir tous nos compères archéologues s’égailler comme une bande d’oiseaux effrayés ! J’allume donc mon communicateur et transmets à toutes les personnes présentes sur le camp:

“- Iséri à toute l’équipe, une menace est en approche. Lancement de la procédure “poule mouillée” !…”

Il y a des gens capables de prévoir que même un paisible camp d’archéologues perdu sur une planète déserte est susceptible de se faire attaquer. Maîtresse Io faisait partie de ces personnes, et elle m’a transmis son obsession pour la prévoyance.
En concert avec toute l’équipe, nous avons donc établi diverses mesures ayant pour but de répondre à des situations d’urgence de base: un repli dans les vaisseaux, un rangement en quatrième vitesse de notre matériel, ou encore un abandon du camp. Quant aux noms de code choisis pour les différentes procédures, je ne sais pas si je surprendrai quiconque en disant qu’ils sont de moi aussi. La procédure poule mouillée correspond à la cessation immédiate de toutes les activités en cours avec obligation pour tout le personnel organique et mécanique de se réfugier dans le site 12, qui présente le triple avantage d’être proche de notre campement, suffisamment large, épais et en bon état pour y abriter toute notre petite équipe, tout en étant à demi enfoui dans le sol et donc relativement dissimulé.

Aussitôt le camp s’anime ; quelques voix paniquées fusent autour de moi, et j’entends les membres de l’équipe s’affairer avec plus ou moins d’empressement à suivre mon ordre. J’avais oublié à quel point il était compliqué de faire se déplacer efficacement une équipe de savants ! Je vois détaler Draco l’ugnaught, tandis qu’à l’inverse Conrad l’humain prends le temps d’ordonner aux droïdes de manutention de mettre à l’abri quelques caisses. De mon côté je parcours le campement d’un pas vif, cherchant du regard chacun de mes compagnons et essayant de les activer, et m’exclame soudain:

- Professeur Zol, cela vaut pour vous aussi ! Nous devons rejoindre le site 2, vite !
- Oui, oui, deux minutes !
- Dans deux minutes ils sera trop tard !
- J’arrive, j’arrive…


Avec un petit sourire, j’ordonne à l’intention d’un de nos droïdes de manutention:

- K0-4L4, tu seras gentil d’emmener de force le professeur Zol jusqu’à l’abri.

***


Il convient de mettre en priorité toutes les vies en sécurité, cela tombe sous le sens, et pourtant, cela me déchire le coeur d’abandonner ainsi tout notre matériel, nos vaisseaux, nos caisses pleines d’objets d’une valeur archéologie inestimable, et surtout les casiers contenant mes petites affaires ! Qu’un seul de ces attaquants, pirates, bandits, ou que sais-je s’avise de poser la main dessus pour voir !!

La meilleure solution pour éviter ça serait bien entendu d’essayer de dissuader les nouveaux venus de se poser ici. Je doute que nos visiteurs indésirables sachent que Lianna et moi nous trouvons ici, mais il est possible que d’apprendre qu’ils sont sur le point de tomber nez à nez avec deux jedi les fasse changer d’avis !

VRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !

Les vaisseaux aux formes rudimentaires apparaissent dans mon champ de vision, survolant les arbres juste au-dessus de moi. Misère, ils sont déjà là ! Et les trois quarts de mon équipe est encore en train d’essayer de décider s’il est plus important de courir pour sauver sa peau ou si la fuite peut attendre le temps de récupérer un peu de matériel !
Sans plus attendre je règle mon communicateur pour une liaison longue portée. Je préfère les intercepter maintenant, sachant que psychologiquement il sera beaucoup plus difficile de les inciter à repartir une fois qu’ils auront atterri. En essayant de prendre une voix claire et impérieuse, je déclare:

“- Ici Iséri Nisa, chevalier jedi. Vous pénétrez dans une zone d’opérations de l’ordre. Veuillez dévier votre trajectoire et poursuivre votre route.”

Un grésillement se fait entendre, me signifiant que la communication a été prise. Puis une voix me répond: une voix grave, grasse, profonde et traînante, typique de la race des hutt:

“- Chouba noouuuuga daba pa. Ho-ho-ho, ti balia douga.”

Bon, sans commentaires. C’est comme pour C.Y.Bot, encore un qui n’est pas fichu d’apprendre le langage universel ! Il aurait l’air malin si je ne savais pas parler sa langue ! Bon, en l’occurrence c’est le cas et je comprends très bien que le hutt m’assure que ses intentions sont pacifiques, et m’invite à lui faire bon accueil dans mon intérêt.
Une autre voix reprend:

“- Mon maître, le redoutable Dagraa le hutt, vous fait savoir que…”
“- Oh, c’est très aimable à vous de faire la traduction ! Mais ne vous en faites pas, ce n’est pas utile.”

J’ajoute à l’intention de Dagraa:

“- Respectable Dagraa la Hutt, je me fie à votre raison: au nom de l’ordre jedi je vous demande de passer votre chemin.”

C’est à ce moment que je reçois en double appel une communication de Lianna:

“- Iséri. J’arrive dans quelques minutes. Ne tente rien tant que je ne suis pas là. Cache toi si tu le peux. J’arrive.”

“- Ah ? Euh… trop tard !

En silence, je fais signe à mes compagnons d’accélérer le mouvement. Puis je reprends à l’adresse de Lianna:

“- J’ai lancé la procédure “poule mouillée”, mais… bah, tu sais comment ils sont, je suis sûre que je vais en semer la moitié en route. Et nos indésirables seront là dans un instant.”

J’ajoute d’une voix véhémente:

“- On ne peut pas les laisser saccager notre campement sinon toute la mission sera compromise !”

Bien sûr elle a raison, il faut nous mettre en sécurité avant tout… Seulement je ne suis pas voyante, mais je sais pertinemment que s’ils pénètrent dans notre camp ce sympathique Dagraa et ses sbires se feront un plaisir de piller tout ce qui a de la valeur et de détruire le reste !
A ce moment, l’un des trois vaisseaux passe en vol stationnaire juste au-dessus du campement...
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Lianna Tsi'a Cyan
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Lun 9 Avr - 23:44
« - Fais ce que tu peux. »

Malgré la gravité de la situation, je ne peux m'empêcher de sourire en entendant Iséri me parler de sa « fameuse procédure Poule mouillée ».

« Poule mouillée » c’est le bébé chéri de Bonbon Rose. A son arrivée, Iséri a absolument tenu à revoir toute notre organisation de fond en comble. Elle a mis au point sept procédures différentes en fonction de chaque circonstance et monté toute une série d'exercices d'alerte compliqués, oubliant qu'elle avait affaire à des archéologues distraits qui ne s'intéressent pas trop à tout ce qui sort de leur domaine de recherche.

J'avais fait les choses de façon moins organisée et formelle de mon côté : j’ai entreposé un nécessaire de survie sur le site 12 et indiqué à tout le monde qu’en cas de problème, nous pourrions nous y replier. Ceux qui oublieraient seraient sûrement mangés par les prédateurs. Simple, non ? Bizarrement tout le monde m’a écoutée.

Mais je n'ai pas voulu priver Bonbon Rose de son plaisir. Donc je l’ai laissé faire à sa tête, m’assurant que tout le monde se rappellerait bien le schéma suivant : Danger => Aller au site 12.

J’ai eu ensuite le rare privilège d’assister au délicieux spectacle d’une Twi’lek de 22 ans qui s’échinant à faire obéir une bande de professeurs de plus de deux fois son âge, frondeurs et dissipés comme des garnements, dont aucun ne la prenait au sérieux. Je crois que c’est l’épreuve du parcours du combattant qui m’a le plus fait rire. Entre les plongeons inopinés dans la boue et les gesticulations d’Iséri mimant une bête féroce, je crois que je ne me suis pas autant amusée depuis trois ans. Cela parait si loin maintenant…

Ceci dit, maintenant que nous sommes attaqués, peut être nos éminents collègues regretteront ils de ne pas avoir voulu prêter plus d’attentions à ma protégée, n’est-ce pas ?

Concentrée sur mon pilotage, je file entre les arbres à une vitesse déraisonnable. J’entends la voix de mon Bonbon rose me répondre :

« - On ne peut pas les laisser saccager notre campement sinon toute la mission sera compromise ! »

Des moteurs grondent. Ils sont là.

« - Le matériel, ça se remplace Bonbon rose, pas les gens. Qu’importe la missi… »

Thudd ! Thudd ! Thudd !

Des tirs ?! Ils ont ouvert le feu ! Je tente de contacter à nouveau Iséri mais seul un grésillement me répond. Visiblement qu’elle clame être une Jedi ne les impressionne pas.

« - Iséri ? »

Je tente de contacter C.Y.Bot :

« - Tas de boulon, réponds-moi ? »

J’entends à nouveau distinctement des tirs et une déflagration. Puis la voix d’Iséri. Finalement mon droide au sale caractère finit par me répondre :

« - Tsschhrr bid bo tzioouw ting ! »

« - Ne me râle pas dessus, je n’y suis pour rien. Dis-moi plutôt ce qui se passe là-bas ! »

C.Y.Bot se met à émettre une série de couinements excédés

« - Bzzzz ! Tsinng wiiiiiiiiiiiioui tsiiiiiiii binb bidibip Diop ! »

Oh non....

« - Mais non, je t’interdis de découper la coque de Monsieur-Balourd pour te faire une armure protectrice ! Et  non je t’interdis aussi d’y mettre le feu pour pouvoir faire diversion !  Ni même de coller sur lui une bombe artisanale ou toute autre idée saugrenue qui te viendrait Tas de boulon ! »

Comme si j’avais besoin que mon droide contrebandier retrouve sa programmation originelle….

VRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRrrrrrrrrrrrrrrrr !

Un vrombissement attire mon attention : A nouveau, je suis survolée par un appareil. Il s’agit cette fois d’une forme plus massive qui cache le soleil aux alentours. J’accélère soudain, filant sous le couvert des arbres les plus hauts pour ne pas être repérée.  Je traverse des feuillages, perturbant un groupe d’oiseaux qui s’envole en piaillant.


Je lève la tête. C’est un gros landspeeder allongé, ressemblant à une barge de plaisance dont le pont est recouvert de bâches pour abriter le personnel de service de la pluie toujours menaçante sur Yavin IV. Ralentissant un instant pour pouvoir observer la forme massive, j’entrevois des panneaux qui s’ouvrent sur ses flancs, dévoilant un équipage hétéroclite dont les membres les plus impressionnant sont deux gardes Gamoréens armés de grandes hallebardes sombres. J’entrevois un instant des courtisans de toutes races, vêtus de longs manteaux aux dominantes de brunes et kaki. J’entends distinctement une musique guillerette qui s’échappe des ponts inférieurs et une odeur saisissante de grillades irrite mes narines.

« - Des touristes pour un safari.... »

Musique :

Un bref instant, je passe à découvert, entre deux fourrés touffus et je distingue le visage rond d’un Hutt confortablement installé sur un canapé. Nos regards se croisent. Il pointe négligemment un blaser vers moi et tire !

Thudd !

Je rentre la tête entre mes épaules mais le tir me rate d’une longueur. Trois gardes s’empressent à présent du côté du sabord mettant en place un canon monté sur trépieds. Je fais un petit geste de la main, un sourire amicale sur les lèvres.

« - Héééé ? Bonjour ? Vous n’auriez pas vu une jeune Jedi toute rose ? Je l’ai un peu égarée là et j’aimerai bien la retrouver. Vous comprenez, j’en suis responsable.»

Une voix rauque portée par des haut-parleurs puissants retentit soudain :

« - Hohoho ! Bagda yaaaa, narsh Shara goo nooo noupa dahhhad Jedi ! »
Spoiler:
«- Hohoho ! J’offre une prime conséquente au premier qui me ramène la tête d’un Jedi ! »

Charmant. Les trois gardes me visent soudain avec le canon enfin monté. J’oriente l’avant de ma moto-jet pour plonger parmi les buissons et j’accélère pour prendre de l’avance sur la barge. Derrière moi, la jungle est soudain zébrée de tir de blasters, laissant des trouées béantes dans la canopée.  Pfiouuuu, j’ai vraiment le don pour m’attirer des ennuis…

Je remonte à portée du sabord, longeant le flanc de la barge avec ma moto-jet. Des fumées roses s’échappent de la fête qui bat son plein au pont inférieur.

« - Pardon, excusez moi ? C’est bien ici la fête ? J’aimerai une invitation. C’est une jolie barge d’agrément, vous savez ?  Elle est facile à réparer ? »

Les gardes tournent vivement le canon vers moi. Je plonge sous le ventre de la barge.

Thudd ! Thudd ! Thudd !

Une forte odeur de latrines et de moisissure me donne une soudaine nausée contre laquelle je dois lutter. J’entends des cris et la voix rauque du Hutt dans le haut parleur. Il n’est pas content… Il a peut être une rage de dent ? Qui sait ?

Je ralentis, laissant, la barge filer au dessus de moi jusqu’à ce que le moteur droit arrive à ma portée. Je sors mon sabre laser et je plonge vivement la lame verte dans la coque protectrice du réacteur. J’y laisse une balafre de deux mètres de long. Le moteur s’embrase soudain et la barge commence à perdre de l’altitude, tanguant dangereusement et manquant de se renverser. Je rengaine mon sabre.

« - Jada bar goo nar shaga do dash Jedi  dir shabba ! »

Je plonge vers la jungle en dessous pour éviter d’être écrasée. Un épais nuage de fumée, noire à présent s’échappe de la poupe de la barge. Celle-ci se rapproche inexorablement du sol. à présent, frôlant dangereusement la canopée.

« - Avec un peu de chance, cela les occupera longtemps…Bonbon rose ? Tu m’entends ? »

Pas de réponse… Si ce n’est un brouillage intense. Accélère m’éloignant de la barge qui disparaît parmi les arbres dans un grand fracas. La barge survivra sûrement mais au moins je nous ai gagné un peu de temps. Je me concentre, tentant de joindre l’esprit de ma padawan avec le mien.

« - Iséri ? Il y a une toute armée qui nous cerne. Je sens nettement leurs esprits à présent. Je viens de ralentir leur chef mais la priorité c’est d’évacuer nos compagnons. J’arrive. »

Je sens la présence de ma Twi'lek toute rose Son esprit est agité. Je me pose non loin d’elle, dissimulée par la jungle. Je descends de ma moto-jet. Il y a une odeur de fumée dans l’air. Un groupe de Runyips s'enfuit, manquant de me renverser.

Spoiler:

« - Je suis là. Dis moi ce qui se passe. »

Une communication fuse sur le canal tout à l’heure brouillé :

« - Dame Iséri ? Avec tout le respect que je vous dois, l’horrible droide qui sert d’assistant à votre maître vient de tenter de me découper avec son chalumeau… Au secours, Dame Iséri, je crois qu’il a des intentions déplacées à mon encontre… »

Oh C.Y.Bot... Foutu tas de boulon impossible ! Je porte mon communicateur à mes lèvres :

« - C.y.bot, je t’interdis de faire peur à Monsieur-Balourd pour qu’il serve de cible aux agresseurs ! »
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Iséri Nisa
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Mar 10 Avr - 23:55




VLAAAAAAAM !!!!

Accompagné du son retentissant d’une explosion, ce qui était il y a une seconde encore un auvent avec une bâche abritant un speeder d’exploration se voit transformé en un nuage de fumée incandescent ! Mon camp… mon pauvre camp… ! Bande de sagouins !!!
Je me relève avec empressement de l’abri où je m’étais roulée en boule au moment où j’ai pressenti le tir, et tombe nez à nez avec la bouille pleine de reproches -pour autant que puisse l’être celle d’un cube de métal- de Monsieur-Balourd.

- Dame Iséri, vous vous êtes servi de moi comme bouclier…

Je le sens un peu chiffonné par cette constatation. Prenant le contrepied de son accusation, je lui fais un grand sourire, une caresse amicale sur sa carcasse, et m’exclame:

- Oh merci mon Monsieur-Balourd ! Tu m’as protégée de l’explosion !

Je trouve mon droïde terriblement mignon, surtout quand il est bougon !
En regardant autour de moi je constate que l’attaque a motivé la bande des vieux. (Non, c’est vilain d’être mauvaise langue. Disons “la bande des archéologues”. Quoique… ils méritent un peu d’être taquinés quand même. “La bande des vieux archéologues” ? … Bref !) Ces derniers ont enfin compris l’intérêt de détaler à toutes jambes et les voilà qui se dispersent entre les arbres en direction du site 12, une large ruine à demi enterrée et très largement dissimulée par les broussailles qui heureusement n’est pas très loin.

Les communications sont brouillées et j’éprouve une pointe d’inquiétude pour Lianna. Je tempère vite mon angoisse cependant car je sais que la maîtresse jedi est une grande fille: les plus en danger sont certainement les sbires des hutts qui croiseront sa route !

“- Balourd, viens avec moi ! Il faut qu’on protège nos compagnons.”

La silhouette du vaisseau de combat surplombe toujours notre campement, frôlant la cime des arbres et faisant détaler les rares oiseaux n’ayant pas déjà fui à la première explosion. Sous la coque je distingue très nettement la silhouette d’un canon laser qui pivote, et crache une nouvelle salve suivie d’une déflagration:

Thudd ! Thudd ! Thudd ! …. BLAAAAAAM !

Cette fois c’est une pile de caisses qui explose, ainsi que l’arbre qui se trouvait à côté, remplacés par un cratère fumant ! Vous savez, ce genre de caisses qu’on trouve dans tous les campements, qui garnissent aisément le décor mais dont on a généralement aucune idée de ce à quoi elles servent. Sauf que là, moi, je sais: ce qu’ils viennent d’atomiser ce sont les fragments étiquetés de 100A à 299 C provenant du site 3, de véritables trésors archéologiques, des traces de l’histoire de Yavin IV à jamais perdues !

En quelques bonds je traverse le camp et rejoins les derniers de trainards de notre équipe. Pas besoin de les houspiller, ils comprennent très bien le danger maintenant. Le savant rodien que je viens de rattrpper laisse même tomber le module informatique qu’il tenait dans les mains pour lâcher du lest et presser le pas !
Je ralentis pour rester à son niveau quand tout à coup je ressens un frisson, un pressentiment... Je devine avec précision qu’un tir de laser est sur le point de fuser à quelques pas de moi, et de faucher le rodien en pleine course...

Prenant appui sur mon pied droit je m’élance sur le côté, dégainant mon arme…

Thudd !

… Mes lekkus virevoltent élégamment autour de mon visage et mon manteau claque dans l’air tandis qu’en un tournoiement je me retrouve derrière le savant, tournée face au vaisseau qui nous domine toujours de son ombre inquiétante, mon sabre dans la main. Le tir part et un laser orangé jaillit vers nous en même temps que j’allume ma lame et balaye devant moi d’un revers du bras. Un flash blanc m’éblouit un instant au moment où le tir heurte mon sabre, ricoche, et va exploser au sol un peu plus loin !

VLAAAAM !!!

Le choc a manqué de me faire trébucher mais nous sommes indemnes. Et surtout, mon compagnon rodien me dévisage avec un regard nouveau (pour autant que je puisse juger de la part d’une personne au faciès aussi peu expressif et aux grands yeux aussi uniformément noirs qu’un rodien): je crois qu’à présent il comprend que je ne suis pas juste une jeunette de l’âge de sa fille qui porte une robe de bure.

Par réflexe j’éteins ma lame rougeoyante qui fait de moi une cible aussi dangereusement voyante dans cette forêt qu’un robot tout neuf au milieu d’un essaim de jawas, puis me ravise: elle fait de moi une cible évidente justement, plus que mes compagnons qui pourront en profiter pour prendre le large !

Serrant le manche rassurant de mon arme, je fais tournoyer ma lame rouge et bourdonnante pour me mettre en garde. Nos attaquants ne tardent pas à répondre à mon invitation et les canons du vaisseau crachent une nouvelle salve dans ma direction.

Thudd !

… j’esquive le premier tir d’un bond sur le côté…

Thudd !

… Je dévie le second en le repoussant avec mon sabre, adaptant cette fois-ci mon énergie en conséquence pour ne pas être déséquilibrée…

Thudd !

… Je ne dois pas perdre le troisième: calculant avec soin mon angle de tir je m’élance, frappe, et renvoie le laser en direction du vaisseau ! Celui-ci repart dans les airs dans un sifflement et… Arf, trop court ! Le laser orangé va se perdre au loin et exploser parmi les arbres.
… Attends, ce n’est pas dans cette direction qu’était partie maîtresse Lianna ? Oups !

***

J’ai beau avoir manqué mon tir le vaisseau semble avoir senti le danger puisqu’elle dévie sa course. Sentant la présence de mes compagnons de plus en plus distante, je me replie moi-même prudemment sous le couvert des arbres. Ils ont pratiquement tous atteint l’abri à présent, et sachant ce qu’ils ont à faire ils vont entreprendre de s’y calfeutrer. A ce moment je saisis un écho inattendu, celui de la voix de la belle Li… Euh… Arrête, canalise tes émotions lorsque tu communiques en pensées sinon elle va les percevoir ! La voix de, euh, maîtresse Lianna.

« - Iséri ? Il y a une toute armée qui nous cerne. Je sens nettement leurs esprits à présent. Je viens de ralentir leur chef mais la priorité c’est d’évacuer nos compagnons. J’arrive.»

Je suis soulagée et rassurée d’entendre sa voix, et si je laisse échapper cette information un peu malgré moi j’assume sans difficultés ce sentiment. Elle a visiblement rencontré quelques péripéties en cours de route. J’espère qu’elle n’a pas encore manqué d’emboutir un représentant de la faune locale !

« - Je suis là. Dis moi ce qui se passe. »

De la même manière que Lianna, je réponds:

“- “Poule Mouillée” est un succès. Tout notre petit monde est indemne et en train de se calfeutrer dans le site 12. Par contre l’évacuation semble compromise: ils abattraient nos vaisseaux au décollage. Sauf si tu te sens d’attaque pour sabrer touts leurs vaisseaux un par un ?

Je ris, sans imaginer que c'est ce qu'elle ait vraiment pu commencer à faire ! Nous sommes interrompues dans notre échange par la voix exaspérée de mon droïde à tout faire:

« - Dame Iséri ? Avec tout le respect que je vous dois, l’horrible droïde qui sert d’assistant à votre maître vient de tenter de me découper avec son chalumeau… Au secours, Dame Iséri, je crois qu’il a des intentions déplacées à mon encontre… »

Si nous n’étions pas en situation critique, je crois que la scène m’aurait fait éclater de rire ! A côté de moi, le petit droïde de Lianna est en train de tourner autour du gros monsieur Balourd comme un moustique muni d’un chalumeau, tandis que ce dernier, rendu presque impotent mais aussi pratiquement invulnérable par son blindage, agite vainement les bras télescopiques qui émergent des orifices normalement destinés à accueillir les pompes à essence sur le modèle original, pour agripper son assaillant !
Visiblement exaspéré, il ajoute:

“- Dame Iséri, pourrais-je vous suggérer une nouvelle fois de proposer à dame Lianna de reprogrammer cet affreux petit droïde vraisemblablement défectueux ? Je serais tout à fait à même de m’en occuper moi-même si vous le désireeeeééeez !!

Alors qu’il ponctue sa phrase le droïde de protocole engoncé dans une carcasse de robot plunk effectue une embardée destinée à écraser son adversaire, mais celui-ci virevolte et l’évite sans grand mal.
Tsss tsss, il y en a que même les pires situations de disciplinent jamais ! Alors que le petit droïde teigneux effectue un rapide virage pour prendre mon pesant compagnon à revers, je l’attire doucement via la force avant de l’immobiliser dans ma main. Le regard sévère, affichant mon expression du visage “institutrice fâchée”, je lève le doigt et lui assène un:

“- Pas bien !”

J’ai beau rire de la rivalité entre nos deux compagnons mécaniques qui dégénère assez souvent, ce droïde est aussi mal élevé que le mien est trop tiré à quatre épingles ! Les mauvaises langues pourraient dire que C.Y.Bot est assorti avec sa maîtresse mais… Non, rien, pas de mais: je suis moi aussi une mauvaise langue ! Au moins grâce à leurs bêtises on sait qu’on peut de nouveau communiquer par des moyens conventionnels. A voix haute et avec un sourire mauvais je déclare:

“- Lianna ? En fait je trouve l’idée de diversion de CY.Bot très bonne. On pourrait lui souder un gyrophare sur le dos et l’envoyer sur les vaisseaux hutts avec une ou deux boîtes de chocolats en guise de présents de paix ?”

Pour le coup du chocolat je ne suis pas sûre. Ni du gyrophare. Ni d’une quelconque opération de confiance impliquant le droïde de Lianna en fait ! En revanche, pour la diversion…

“- Dzzzzi tuit, bziduidui tzzzip !”

“- J’veux pas le savoir, vilain droïde ! Je ne parle pas à ceux qui ne font pas l’effort de s’exprimer avec de vrais mots !”

Bien sur que si je suis capable de mettre mon plan à exécution ! Je suis même réputée pour mes idées saugrenues ! Et pourtant mon sourire amusé dément mes propos. C.Y.Bot est bien trop mignon pour que je lui fasse du mal avec son caractère de pirate, et pas assez solide pour que je le malmène autant que mon droïde se service personnel. Alors que j’étudie malgré tout cette possibilité, mon inconscient en éveil me rappelle à la réalité en me signalant du mouvement non loin de moi.

En quelques bonds discrets je me rapproche, et réalise que l’un des vaisseaux de nos assaillants a atterri et fait descendre plusieurs groupes de pirates qui se dispersent dans les bois, confirmant les informations de Lianna. Ils sont aussi hétéroclites et patibulaires que les pires clichés de pirates. C’est fou comme ce sont souvent les races moches qui ont tendance à embrasser les professions criminelles. N’allez pas me citer un contre-exemple, je sais très bien que je véhicule un gros cliché !
Dissimulée comme je suis ils ne peuvent pas me voir. En revanche… malheur, certains d’entre eux se dirigent vers le site 12 !

Non loin de moi, Balourd et C.Y.Bot sont toujours en train de se disputer:

“- Bipdouilip bip bip. Tfuuuuuuu !”

“- Tu vois, nos deux maîtresses sont de mon côté. Moi, ma maîtresse prend soin de moi et elle me fait confiance !”

Je me concentre. Les quatre pieds de monsieur balourd quittent la surface du sol, et je le guide mentalement jusqu’à hauteur de ma tête. Je sais que mon gros droïde réalise parfaitement ce à quoi je le destine, ce n’est pas la première fois que nous effectuons une telle manoeuvre, et il m’en veut déjà. Désolée Monsieur-Balourd… je sais bien que tu dois être horriblement vexé, mais heureusement pour moi tu n’es pas rancunier pour un sou !
Toujours concentrée je me focalise sur mon massif droïde blindé, sur le chemin à parcourir et sur sa destination… puis je le projette avec violence sur e vaisseau ennemi !!




L’impact du droïde contre la carlingue fait exploser un…. je ne sais quoi, un machin sur les vaisseaux qui explose, surement !!! Bah quoi ?! Je n’y connais pas grand chose en mécanique de vaisseaux hutt moi !!
En vérité mon lancer de droïde ne fait que peu de dégât, plus de peur que de mal et une carlingue cabossée et noircie, mais il provoque l’effet voulu: les pirates au sol se dispersent dans tous les sens tandis que le vaisseau prend de l’altitude en catastrophe. Et puis j’entends des:

- Jooogwana tiii ganoo !
- Regardez là-bas ! Abattez-la !!


Ce n’est pas une qualité que je mets souvent en avant, mais je suis bonne pour fuir: je cours vite, et j’esquive facilement. Au moins cette fois je m’en sers pour la bonne cause.
Comment ça “cette fois” ?! Je m’en sers toujours pour la bonne cause ! Les sens aux aguets, prête à esquiver ou à parer les tirs qui fusent autour de moi, je m’élance entre les arbres talonnée par les sbires des hutts ! Je n’ai aucun intérêt à les affronter groupés, et je préfère autant les attirer loin d’ici. En plus, j’ai l’intention de partager mon plaisir en bonne compagnie !

“- Maîtresse Lianna Dellila ♪ ? Heuuuu, j’arrive dans ta direction, et j’ai des gens pas très gentils avec moi !”
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Lianna Tsi'a Cyan
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Lun 16 Avr - 22:08
Thudd ! Thudd ! Thudd ! Thudd ! Thudd ! Thudd !

La jungle autour de moi est soudain traversée par des éclairs traçants rouges. Je me couche au sol pour éviter d'être blessée. Une explosion retentit à une centaine de mètres devant moi. Je ne pensais pas me retrouver un jour en zone de guerre lorsque je me suis retirée sur Yavin IV. Je me redresse cherchant par la pensée à retrouver Iséri.

Soudain, prise d'une intuition, je me décale d'un pas sur le côté et je sors mon sabre laser. La lame verte jaillit et dessine un arc de cercle horizontal sur ma droite.

VRRrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !

Une moto jet jaillit à toute vitesse et je tranche l'avant avec mon sabre. La moto bascule soudain vers l'avant et par en vrille pour s'écraser contre un arbre, éjectant au loin son pilote.

« - Maîtresse Lianna Dellila ♪ ? Heuuuu, j’arrive dans ta direction, et j’ai des gens pas très gentils avec moi ! »

Trouvée ! Je grimpe à nouveau sur ma moto jet. Je fonce à toute vitesse vers ma jeune compagne. J’apparais soudain au milieu d’un groupe de mercenaires de toutes races armés de blasters et de vibrolames. Ils se dispersent, saisis par mon arrivée en trombe. J’accélère vers Iséri

« - Bonbon Rose ! »

Je tends la main pour qu’elle s’y accroche et je l’emporte à toute vitesse, serpentant entre les arbres. J’entends C.Y.Bot râler et protester dans mon communicateur.

« - Bzzzzion ! Tsinng klonk !  Wiiiiiiiiiiiioui tsiiiiiiii binb bidibip Diop ! »

« - Je ne t’abandonne pas, Tas de boulon ! T’es un pirate non ? Fais donc un truc de pirate ! »

Iséri s’est glissée derrière moi, serrant ma taille pour tenir derrière moi sur la moto jet. Je file entre plusieurs mercenaires qui nous tirent dessus.

« - Tu vas bien Bonbon rose ? Tu sais ce qu’ils veulent ? »

Je fonce tout droit vers Monsieur-Balourd, les quatre fers en l’air au milieu des débris d’un appareil. Je manque de rire le voyant agiter les pattes, paniqué tel un gros scarabée renversé. . Une navette s’est arrêtée devant lui et deux mercenaires en sortent pour le menacer de leurs armes.

« - Ah tu l’as encore lancé sur quelque chose, c’est ça ? Prends les commandes, Bonbon Rose. »

Je saute dans les airs, laissant à Iséri le soin de s’occuper de son droïde et, emportée par la vitesse, j’effectue un saut périlleux en avant pour atterrir souplement sur le toit de la navette. Des tirs fusent tout autour de moi. Je tends ma main vers les deux hommes qui sont  sortis et d’une pensée, je les projette à l’intérieur sous le regard sidéré du pilote. Je cherche C.Y.Bot du regard. Je le trouve en train de farfouiller dans les caisses répertoriées par Iséri. Le petit pirate !

« - C.Y.Bot ! Pool ! »

Mon droïde sort de sa cachette et catapulte un objet rond dans les airs. Je découpe le toit de la navette d’un coup de sabre laser et je dirige le projectile droit dans le trou que je viens de créer. Les mercenaires à l’intérieur se sont redressés et braquent leurs armes sur moi.

« - Au revoir ! »

Je plonge le plus loin possible de la navette, roulant sur le sol lorsque j’atterri. La navette s’élève vers la canopée, les portes latérales s’ouvrent… laissant entrevoir des soldats paniqués.

« - Trop tard. »

BOOOOOooooooMMMMMM !

La grenade de C.Y.Bot déchiquette la navette et sa carcasse s’écrase sur le sol, ajoutant à la confusion. Une fois sur mes pieds, je recule vers la jungle, parant les tirs qui fusent vers moi avec mon sabre laser. Des ordres retentissent dans tout le campement en flamme.

« - Jagra Joooh na charaga dun na badda Var Darshiva ! »

C’est donc ça… Ils sont venus piller les ruines et ils recherchent ce qu’ils appellent le Var Darshiva… Je n’ai aucune idée de ce que cela peut être mais en tout cas, mieux vaut fuir pour l’instant.

« - C.Y.Bot ? Cesse de piller le campement ! On s’en va ! Vite ! »

PFFffffffffffffffffffchrrrrrrrrrrrtttt !

Propulsé par son réacteur dorsal, C.Y.Bot me dépasse pour disparaître dans les arbres, tenant dans ses pinces deux sacs remplis du fruit de ses rapines au cours de notre séjour ici.

« - C.Y.Bot ! Lâche donc ton butin et revient me chercher, espèce de sale pirate ! »

Maudissant mon droïde couard et cupide, je cours vers les arbres, espérant échapper à mes poursuivants.
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Iséri Nisa
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Dim 22 Avr - 21:26
“- Dame Iséri !”

S’exclame la voix offusquée de Monsieur Balourd qui galope aussi vite que lui permettent ses quatre grosses papattes de métal tandis que je le remorque grâce au grappin ma motojet !

“Vous m’avez encore balancé ! Dire que j’étais en train de vous couvrir d’éloges ! C’était en plein sur l’un des vaisseaux ennemis ! J’aurais pu être détruit. Pour la troisième fois !!”

Je l’interromps en lui tapotant affectueusement la carcasse:

“- Tu es si mignon quand tu es vexé mon monsieur balourd adoré ! Tu es vraiment mon droïde préféré tu sais ?”

Le gros droïde émet une série de bourdonnements pouvant être interprétés comme un bougonnement.

“- C’est vraiment déloyal de votre part d’essayer de m’amadouer comme ça.

Derrière nous, le véhicule ravagé par la grenade de Lianna projette des lueurs jaunes et orangées dans la forêt. Vu les dégâts qu’ils encaissent nos attaquants vont en être pour leurs frais ! Quoique… je ne sais pas trop quel prix met un hutt dans l’achat de ses vaisseaux et de ses mercenaires. Plus ou moins qu’un trésor archéologique de grande valeur ? Moins que ce fameux Val Darshava dont on parle depuis tout à l'heure et dont je ne sais pas vraiment ce que c’est ? Je ne crois pas que ça veuille dire “prisonniers” ni “trésor”, mais j'aurais du mieux réviser mes cours de langage hutt avant de venir ici, tiens !
Malheureusement la petite résistance que nous effectuons ne semble pas les décourager ; pire encore leur invasion de notre site de fouilles continue implacablement.

En adaptant la vitesse de ma motojet de manière à ne pas avoir un accident à cause de mon droïde je ne suis pas très rapide. Je pourrais simplement le transporter via la force, mais je ne voudrais pas m’épuiser inutilement et je pense le traumatisme de son dernier lancer est encore trop vivace pour qu'il apprécie. C’est donc en rasant le sol de la forêt à vitesse plutôt réduite que je tombe soudain nez à nez avec un groupe de pirates qui courait visiblement après quelqu’un d’autre que moi, et qui semble aussi surpris que moi par notre rencontre inattendue !

Les premiers tirs de laser me manquent de loin (le blaster n’a jamais été une arme très précise, encore moins entre les mains d’un simple sbire surpris !), et lorsque les suivants pilonnent ma position j’ai déjà détaché le filin qui me relie à mon droïde et effectué un arc de cercle pour attaquer le petit groupe de flanc.
Ils sont trois: tous des mercenaires avec des têtes de pirates de l’espace, ce qui comprend un accoutrement un peu hétéroclite, des bouts de métal un peu partout, des tuyaux qui ne servent à rien, ce genre de trucs... Pour ma part j’ai laissé mon sabre à la ceinture pour déployer ma technique de combat de prédilection: alors que je progresse parmi les arbres, les mercenaires peuvent remarquer que je suis peu à peu entourée par ce qui ressemble de loin à un halo qui bourdonne en silence autour de moi. Puis, les malheureux qui s’en approchent réalisent trop tard qu’il s’agit de projectiles: branches épaisses, petits rochers, gravats,... autant de petits objets qui gravitent autour de moi à grande vitesse et dont je me sers à la fois comme protection et comme projectiles redoutables et imprévisibles !

Je concentre mon esprit et affermis le commandement de force qui maintient chacun de mes vingt et une branches d’arbres, vingt sept pierres et neuf éclats de mur dans les airs, et les fait tournoyer avec violence en direction de mes adversaires ! La gèle de projectiles s'abbat sur eux et les fait hurler tandis qu'ils se roulent au sol en essayant de se protéger ! Quelques tirs se perdent dans le vide, et bien vite ils m'oublient pour se concentrer sur les cailloux, ce me laisse le loisir de les commotionner un par un à l'aide d'un projectile un peu plus lourd que les autres, fait de métal celui-là, en les frappant chacun à leur tour assez fermement pour les mettre hors de combat !

***

Avant de repartir je prends le temps d'épousseter ma bure, de réajuster mes lekkus dans mon dos et d’ajouter à mon halo de gravats les projectiles potentiels que je peux arracher à mes adversaires, en particulier leurs armes dont je préfère les délester. Je relève également Monsieur-Balourd qui se retrouve une fois de plus les quatre fers en l’air et qui semble un peu froissé d'avoir été utilisé comme marteau pour assommer les trois mercenaires.

“- Dame Iséri, je suis vraiment choqué que vous ayez recommencé aussi vite !”

“- Je ne vois pas pourquoi tu es surpris mon gros Monsieur Balourd, c’est à ça que sert ton blindage !”

Je lui fais un petit clin d’oeil de peste puis ajoute:

“- Bon allez: unité P4T4 P0-uf -c'est son vrai nom, et celui que j'utilise quand je redeviens sérieuse- direction le site sept ! Ils sont trop nombreux, il faut se mettre à l’abri. Tu vas partir en repérage pour t’assurer que le site est sûr pendant que je vais récupérer Lianna.

Alors que je projette mon esprit dans la forêt pour localiser mon ancienne maîtresse, j’entends justement la voix de cette dernière dans mon communicateur.

« - C.Y.Bot ! Lâche donc ton butin et revient me chercher, espèce de sale pirate ! »

Je m’insurge:

“- C.Y.Bot, tu n’as pas touché à mes petites culottes j’espère ?!”

En disant ça je me sens soudainement un peu bête. J’ajoute plutôt maladroitement:

“- Euh… ni rien de nos trouvailles archéologiques, hein ? Ne va pas mettre le bazar dedans !”

En vérité je trouve l'idée du droïde pas si bête: voilà au moins une partie de nos trouvailles sur laquelle les hutts ne pourront pas mettre leur grosse queue baveuse. Evidemment il faudra expliquer à C.Y.Bot le concept de propriété ! Et tout trier à nouveau... Et C.Y.Bot aurai surement mieux à faire. Mais bref, en ce qui me concerne qu'il fasse ça si ça le chante ! Sauf s'il a vraiment touché à mes affaires bien sûr...

Après avoir souhaité bonne chance à mon familier cubique à quatre pattes je repars à travers la forêt, beaucoup plus vite cette fois. J'ai tôt fait de rejoindre Lianna (c'est facile, il suffit de suivre les lasers !).

"- Lianna !"

Je lui fais signe de me rejoindre sur la moto. Heureusement, elle a l'air toujours indemne ! Elle s'attendait peut-être à ce que je lui rende les commandes de son véhicule mais je n'en fais rien et me contente de la laisser monter derrière moi et de repartir en trombe !
Je suis heureuse de la retrouver. Je ressens tout de suite sa présence rassurante dans mon dos et avec elle je me sens capable de tout ! Malgré ça... il va falloir calmer nos ardeurs et réfléchir à un plan un peu plus organisé !

"- Il en sort de partout, ça va être un peu compliqué de les repousser. Et avec leurs chasseurs on ne peut pas lâcher nos archéologues comme ça dans leurs vaisseaux."

Tout en parlant, je fais un crochet loin de notre base afin de nous éloigner de la zone de conflit et de prendre la direction du site sept où j'ai envoyé mon droïde. Heureusement que j'ai toujours l'esprit aux aguets car à peine ai-je fini ma phrase qu'un gros runyip gris s'élance et traverse la route juste devant nous et manque de nous emboutir !

"- Hou-la ! Il n'a peur de rien celui-là !


Finalement, je ralentis un peu en approchant de l'édifice en ruine. Nous arrivons dans un site relativement bien conservé, constitué d'un bâtiment pyramidal principal et de plusieurs autres un peu plus petits, tous reliés entre eux.
Une ombre passe non loin au-dessus de nous en crachotant une fumée noire: une barge Hutt qui poursuit sa course sur plusieurs centaines de mètres et vient se poser avec quelques difficultés en plein sur notre campement. Je le regarde avec un œil un peu mécontent (non mais c'est vrai, quelle bande de sans gène ! Ils vont renverser toutes nos bâches ! Rien que de les imaginer mettre le bazar dans nos affaires ça me révolte !) puis un léger sourire se dessine sur mes lèvres tandis que je me retourne vers ma compagne avec le regard pétillant:

"- Il n'a pas l'air d'aller fort leur machin. Ça ne ressemble pas aux hutt de voyager dans une poubelle volante et fumante. Je me demande ce qui a bien pu leur arriver !"

Je glousse avant de reprendre:

"- Maintenant que tout le monde est caché on pourrait se terrer en attendant que l'orage passe, mais ça ne me plaît pas trop. Il doit y avoir moyen de s'infiltrer et de dégager une voie d'évacuation, ou même de s'en prendre directement à leurs chefs. Ou alors..."

Je jette un regard interrogateur à Lianna:

"- Toi, tu as une idée en tête non ?"
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Lianna Tsi'a Cyan
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Jeu 10 Mai - 19:12
Mon droïde est un sale couard ! Je réprime une bordée d’injures tout en courant en zigzag pour éviter d’être touchée par les tirs qui fusent dans ma direction. Avec Iséri, nous avons semé suffisamment de pagaille pour que les Hutts et leurs hommes soient furieux. Des lasers frappent les arbres et les broussailles tout autour de moi.

Soudain je me retourne en entendant un vrombissement se rapprocher de moi. Un speeder transport de troupe fonce droit vers moi. Cette fois je ne plaisante plus. Je lève la main devant moi et d’un geste, je dévie la trajectoire du véhicule d’une poussée latérale. Il me frôle, soulevant autour de moi une violente bourrasque emportant feuilles et de branchages. Le pilote du speeder vire et tente d’éviter un gros arbre mais sa coque latérale droite le frappe de plein fouet. Des débris d’alliage métallique et de copeaux  de bois sont projetés sur une centaine de mètres. Je cours à nouveau, évitant soigneusement la carcasse de l’appareil.

J’entends soudain un cri.

« - Lianna ! »

Iséri accourt enfin aux commandes de ma moto jet. Au moins je peux compter sur elle, contrairement à un certain tas de boulon de ma connaissance. Je saute dans les airs, propulsée par la force et j’atterris en croupe juste derrière ma jeune compagne Twi’lek. Je referme mes bras autour de sa taille et je m’accroche. La moto fais un crochet et s’éloigne à toute vitesse du camp dévasté. Nous avons dû le laisser aux mains de nos assaillants.

« - Il en sort de partout, ça va être un peu compliqué de les repousser. Et avec leurs chasseurs on ne peut pas lâcher nos archéologues comme ça dans leurs vaisseaux. »

Il est hors de question d’affronter des troupes entraînées. Nous ne sommes que deux à savoir nous défendre. Trois si l’on compte C.Y.Bot, car Monsieur balourd n’a de valeur que comme projectile.

« - Cela me navre tout autant que toi mais on ne va pas pouvoir… Hééééé ? »

Un énorme Run-yip jaillit soudain devant nous et manque de nous renverser. Surprise par l’irruption de la bête, j’ai retenu ma respiration. Je souffle à nouveau

« - Hou-la ! Il n'a peur de rien celui-là ! »

Je pichenette doucement la nuque de ma compagne.

« - … Regarde devant toi s'il te plait, Bonbon rose. »

Tenant fermement Iséri par la taille,  je lève les yeux au ciel pour observer la barge de plaisance appartenant au gros poussah Hutt qui survole le site de fouille numéro 1 et notre campement. Elle laisse derrière elle un épais panache de fumée noire et manque de chavirer à tout instant. Visiblement, je n’ai pas touché que le moteur mais aussi un stabilisateur. Iséri a eu la même pensée que moi. Je souris mais au fond de moi je suis inquiète : mon Bonbon rose ne le sait pas, mais il y a plus en jeu que nos vies et celles de nos collègues archéologues. Même si je ne pense pas que les Hutts et leurs mercenaires soient au courant, il y a un trésor dangereux dissimulé dans les ruines. Je le sais pertinemment, puisque c’est moi qui l’y ai dissimulé.

« - Qui sait ce qui a pu arriver à leur foutue barge ? La plupart des gens étaient ivres à l’intérieur. Si l’engin chavire, cela ne fera pas beaucoup de différences pour eux. »

Le Hutt qui les dirige est furieux : Je sens d’ici sa colère malgré la distance. Nous nous sommes mise à l’abri du côté du site 7, prenant garde à ne pas nous diriger vers le site 12, là où l’expédition s’est réfugiée. A l’ombre d’une pyramide dont les sous-basements sont reliés à ceux d’autres structures plus petites par des tunnels à moitié dégagés, nous pouvons faire le point, tout en essayant de nous dissimuler.

« - Maintenant que tout le monde est caché on pourrait se terrer en attendant que l'orage passe, mais ça ne me plaît pas trop. Il doit y avoir moyen de s'infiltrer et de dégager une voie d'évacuation, ou même de s'en prendre directement à leurs chefs. Ou alors... »

Nous terrer ? Non, ils finiraient par nous retrouver. Et nous ne savons pas combien de temps ils comptent rester. Ce Var Darshiva qu’ils recherchent, ne peut être ce que j’ai caché puisque personne n’est au courant de son existence si ce n’est le Conseil de l’Ordre. Et même, mes supérieurs ne savent pas ce que j’en ai fait. Le mot Darshiva me dit quelque chose mais je n’ai pas ce qu’il faut sur moi pour faire des recherches. C.Y.Bot le pourrait mais il a dû se réfugier au site 12 avec les autres.

« - Toi, tu as une idée en tête non ? »

Je tourne la tête vers Iséri. Elle n’a pas tort mais elle n’a aucune idée de ma véritable préoccupation.

« - Oui. On ne pourra pas attendre. Il va falloir évacuer le site. »

Je devine la frustration qui doit l’agiter et je pose doucement mon index sur ses jolies lèvres. Un geste familier que je n’ai jamais fait encore avec elle.

« - Toi et moi, nous sommes les deux seules vraies combattantes. Je ne compte pas ton projectile blindé ni mon petit pleutre de C.Y.Bot. Cela me désole d’abandonner à ces brutes le fruit de nos travaux mais une vie vaut mieux qu’un trésor ancien. »

Je prends mon communicateur et je porte le micro à mes lèvres.

« - C.Y.Bot ? Fais moi le point sur la situation. Que détecte tu ? »

Il ne faut pas longtemps à mon petit pirate lâcheur pour me répondre :

« - Dizuuup, douip douip, tfrzzzz. Zzzz.  Tsinng wiiiiiiiiiiiioui tsiiiiiiii binb bidibip Diop . »

Un croiseur armé en orbite et une série de navettes qui entament un vas et vient entre l’orbite et le site de notre campement ? C’est pire que ce que je pensais. Je ferme les yeux un bref instant. Avec toute la vie présente autour de nous dans cette jungle de Yavin IV, il m’est difficile d’évaluer le nombre de serviteurs des Hutts. Je ressens néanmoins une forte concentration non loin du site 1.

« - C’est bien. Est-ce que tu as pu t’infiltrer dans leurs communications ? »

J’entends ce qui passe pour un rire cybernétique de la part de mon droïde.

« - Evite de rire sale tas de boulon. Je te rappelle que tu m’as laissée en plan toute seule. Et non, te dépêcher de sécuriser nos communications et mettre en réseau notre PC de secours du site 12 n’est pas une bonne excuse. »

C.Y.Bot prend un air plaintif, presque sincère pour qui ne le connaît pas aussi bien que moi.

« - Tsschhrr bid bo tzioouw ting Tsiooooon ?»

« - Arrête de pleurnicher et trouve moi un vaisseau pour que nous puissions évacuer les nôtres. Regarde du côté de la pyramide H24. Il y a une zone idéale pour y faire poser un ou deux appareils. J’aimerai savoir s’ils s’en servent… »

Toujours dans le dos de mon ancienne padawan, juchée derrière elle sur la moto jet, je serre de la main droite un bout de sa bure pour écarter doucement de la gauche un de ses lekkus qui pourrait me fouetter le visage si nous devions partir à toute vitesse. Je me presse tout contre elle et j’explique mon idée d’une voix douce à son oreille :

« - Tu te rappelle ces tunnels qui relies parfois les pyramides ? A partir de la plus grande du site3, il y en a un qui conduit directement à la pyramide H24 du site 1. C’est assez boueux et il faudra peut être nous frayer un chemin dans les lianes à coup de sabre laser mais nous devrions atteindre la pyramide H24 avec nos collègues, sans être repérés. Ensuite, il nous suffira de nous emparer d’un vaisseau et de mettre les voiles. »

Je fixe une oreillette à mon oreille un communicateur devant ma bouche. Je serre à nouveau mes bras autour de la taille de Bonbon rose attentive à ne pas écraser ses deux superbes lekkus.

« - Au secours – Au secours – Je suis en danger – Dame Iséri ? Puis je solliciter votre aide ? Des bandits vont sûrement me détecter et me désactiver. »

« - Tsionnn breee tzing chewww frrrrcht ! »

Je ferme les yeux pour sentir les présences qui nous entourent. Oui, je les ai trouvé.

«  Je ne suis pas programmé pour leur rouler dessus, espèce de droïde malpoli. Et non, je ne peux pas faire exploser mon gros… C’est inqualifiable ! Ohoh…je suis découvert… Au secours, au secours ! »

Je presse doucement l’épaule droite d’Iseri.

« - Il y a du monde à droite à 200 mètres. C’est sûrement là. Pas d’appareil, juste des fantassins.
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Iséri Nisa
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Mer 16 Mai - 0:22
J’entends la voix de Lianna et de C.Y.Bot, mais j’ai le plus grand mal à y prêter attention. Je veux savourer ce moment de plaisir, la sensation de la femme que j’admire qui se serre contre moi. Du doigt qu’elle a posé sur mes lèvres et dont je ressens encore les fourmillements. De… -je frissonne- sa main touchant mes lekkus. C’est un geste très intime, très perturbant. Dois-je l’interpréter comme un signe ? Est-ce que je devrais-je aller plus loin ? Ce n’est pas trop le moment, et pourtant...

Il me faut toute la force de ma concentration pour m’extraire à mes pensées alors que je devine, au ton de la belle humaine, que ce qu’elle a à me dire est important.
Sa main toute douce et délicate touche une nouvelle fois mes… oh, chut Iséri ! Concentre toi un peu !

Je m’administre une gifle mentale et sors autant que possible de ma rêverie. Lianna a échafaudé un plan pour essayer d’évacuer tout notre petit monde de la planète. C’est un plan “à la Lianna” comme d’habitude, c’est à dire avec une grosse part d’incertitude et d’improvisation ! Je visualise mentalement le parcours qu’elle a décidé, et essaye d’imaginer toutes les raisons qui pourraient empêcher son plan de fonctionner afin d’en tester la solidité. Si nous n’étions que deux je ne me ferais pas trop de soucis, mais avec nos compagnons archéologues c’est une autre histoire !

“- C’est une bonne idée d’utiliser les tunnels. La grosse difficulté sera d’y amener et de déplacer tout notre petit monde avec tous ces pirates autour.”

Sans vraiment y réfléchir, je caresse de la main le lekku que Lianna a touché tout à l’heure.

“- Notre principale difficulté sera de rester discrètes: si nous éveillons les soupçons nous n’aurons pas la moindre chance de décoller au milieu de cette armada. Je sais que tu aimes y aller à l’instinct mais cette fois on devra vraiment progresser pas à pas, d’accord ?”

Armada, le mot est peut-être fort mais il décrit assez bien la sensation que j’éprouve en voyant toutes ces navettes qui crachent une véritable petite armée au service des hutt. Il ne s’agit pas d’un petit raid de piraterie, mais d’une opération de grande envergure !

“- C’est dangereux, mais on peut y arriver. Heureusement pour nous, et c’est un gros avantage, les hutt ont toutes les raisons de penser que nous sommes en train d’essayer de nous éloigner. Ils doivent d’ailleurs être en train de ratisser la zone, mais en s’écartant de notre site de base. Qui sait, nous serons peut-être même plus en sécurité dans l’oeil de cyclone ?”

Je suis si concentrée à essayer d’ignorer le fait que Lianna est en train de se serrer à nouveau contre moi que j’aurais presque pu ne pas remarquer la voix plaintive de ce pauvre monsieur balourd qui semble -encore !- plongé dans les ennuis jusqu’au cou !

Au signal de Lianna j’active la motojet et file à toute allure ! Les serviteurs des hutts sont tout proches et nous les rejoignons en un rien de temps.
J’analyse la scène en quelques secondes: je compte trois malfrats, tous les trois debout devant Monsieur Balourd qui s’est blotti le dos contre un arbre. L’un des trois bandits tient un bâton qui crache des étincelles en direction de mon cube de métal préféré.

“- Hé ho, on ne touche pas à mon droïde préféré !”

En même temps que je les interpelle, les trois individus tournent la tête dans notre direction. J’aimerais dire que c’est grâce à mon invective, mais en réalité celle-ci n’apporte pas grand-chose puisque le bruit de la motojet suffisait largement à lui seul à annoncer notre présence. Seulement, comme le dirait maîtresse Tso?t: “Une entrée en scène est deux fois plus crédible si elle est adjointe d’une petite phrase classieuse de circonstance.” !
Alors qu’ils se tournent vers nous, les pirates ne remarquent pas que mon gros droïde se met à léviter à leur hauteur, et s’abat violemment sur eux comme une boule pachydermique sur un jeu de quilles ! Deux d’entre eux tombent au sol, écrasés par Monsieur Balourd. Je les presse un peu plus que nécessaire pour m’assurer de les mettre hors de combat, et alors que je soulève de nouveau Balourd pour m’occuper du troisième, je constate que Lianna l’a déjà envoyé découvrir d’autres horizons.

Soulagée, je souris et dis d’une voix attendrie:

“- Bien, toute l’équipe est indemne ! Tu as été courageux comme tout mon Monsieur Balourd.”

Je me tourne ensuite à demi vers ma compagne jedi:

“- Bon, direction le site 2 ! On va y aller à pied par contre, je n’abandonne plus mon droïde. C.Y.Bot, tu as trouvé un vaisseau ?”

Puis mon regard se fait espiègle:

“- Unité P4T4-p0uf, il va falloir nous montrer comme tu cours vite !”

***

Maintenant que les bruits des tirs de laser se sont tus, la forêt n’est plus dominée que par le ronronnement régulier des moteurs des différents aéronefs hutts, et, de temps à autre, l’écho d’un cri ou du vrombissement d’une quelconque machine.

Lianna et moi avons retrouvé nos archéologues terrés dans l’abri, comme convenu. Je crois que ce petit moment de solitude sous terre, entre eux, sans informations sur ce qui se passait dehors ni la présence rassurante de leurs deux jedi pour les protéger les a amenés à beaucoup d’introspection. Ils n’ont pas émis de grosse protestation à l’annonce de notre plan d’action, et ils se sont mis en marche assez efficacement.

Peu importe les remarques médisantes de Lianna, j’ai insisté pour que nous progressions méthodiquement. J’ai incité nos compagnons à avancer deux par deux de manière à éviter que notre groupe se disloque et afin qu’ils puissent se surveillent entre eux ; maîtresse Lianna ouvre la route avec C.Y.Bot car c’est elle la plus douée en perception, tandis que je ferme la marche avec Monsieur Balourd qui transporte le vieux Ji’vek, qui a  perdu sa chaussure. Nous devons avoir une drôle d’allure à nous faufiler ainsi entre les arbres  !
A vrai dire, je ne nous trouve pas très discrets ! Nous n’avons rien d’un commando ! Selon mes critères nos compagnons font un boucan d’enfer, si bien que je suis presque tentée de les faire léviter pour avancer plus discrètement !! D’ailleurs, rien que pour le spectacle de ces dix éminents scientifiques voltigeant comme dix ballons de baudruche au-dessus de ma tête cette idée me séduit beaucoup ! Mais il faut être raisonnable, ils le prendraient sûrement mal. Euh, je veux dire… il faut être réaliste ils ne font pas tant de bruit que ça, surtout si on considère que nous sommes assez loin de notre camp de base et que ce dernier est plongé dans une cacophonie de moteurs !
Et puis je suis un peu médisante: si je devais être vraiment sincère je dirais que pour la plupart les membres de notre groupe sont très débrouillards, et plus déterminés que mes propos un peu moqueurs ne le laissent supposer ! Ce sont des savants de terrain après tout !


Après quelques dizaines de minutes de marche précautionneuse, notre chemin nous mène finalement devant une pyramide un peu semblable aux précédentes. L’intérieur de ce grand bâtiment de pierre est à la fois majestueux, oppressant, fascinant, et toujours terriblement mystérieux. Nous traversons un petit dédale de couloirs de pierres brunes et lisses, à peine éclairés par nos quelques lampes qui brisent l’obscurité. L’endroit est légèrement humide, et de la végétation et de la mousse ont poussé un peu partout. D’ici on entend plus les bruits de l’extérieur, simplement nos pas qui résonnent, et de temps à autre de l’eau qui goutte sur les dalles.
Ayant déjà cartographié l’endroit avec précision bien avant mon arrivée sur la planète, le petit groupe n’a aucun mal à s’y retrouver et à s’y frayer un chemin pour rejoindre le tunnel souterrain. Ainsi, nous  atterrissons finalement, au bout d’un escalier, les pieds dans la boue ! L’entrée du tunnel est juste là: à demi encombrée par des racines et des végétaux qui dépassent par en haut, et en partie inondée d’eau et de boue qui monte au moins jusqu’à mi-cuisse ! Ce passage n’a jamais été déblayé, nous ne connaissons son parcours que grâce aux nombreux scans réalisés sur les sites, mais la traversée ne sera pas une partie de plaisir !

A l’étonnement de mes voisins -la plupart des races ont une vision étonnamment coincée et coupable de l’effeuillement !- j’entreprends de me déshabiller et me débarrasse de mon manteau et de ma robe de bure, puis de mes bottes, pour ne garder que mon petit haut léger et mon pantalon que je remonte jusqu’aux cuisses, dévoilant par la même occasion une longueur affriolante de chair rose ! Que ce soit clair et net: à la sortie de ce tunnel nous ressemblerons à des rats d’égout, et j’aimerais bien ne pas barbouiller tous mes vêtements ! En soi ma nouvelle tenue n'a rien d'inhabituel, je ressemble juste à... une jedi twi'lek normale ! Que voulez-vous, il faut bien entretenir les clichés ! D'ailleurs c'est culturel, bande de mauvaises langues !
L’idée que cela puisse au passage peut-être séduire un peu mon ancienne maîtresse ne m’effleure pas le moins du monde, non non, pas du tout ! Je ne suis même pas en train d’y penser d’ailleurs !

Mes préparatifs terminés et mes vêtements rangés sous le couvercle de monsieur balourd, je rejoins ma compagne jedi à l’entrée du tunnel qu’elle éclaire à présent à la lueur verte de son sabre laser. Je vous ai déjà dit à quel point je l’aimais, son sabre ? Lorsqu’elle le sort à des moments sans danger évidemment. Il diffuse une lueur douce et rassurante je trouve. Bon, elle s’en est aussi servi -sans grand succès pour le moment- pour tenter de m’entrainer à améliorer ma technique au sabre, et ça, ça m’inspire moins de doux sentiments !
Je lui adresse un sourire rayonnant lorsqu’elle me voit, puis lui désigne du regard la végétation qui obstrue en partie le passage:

“- L’idée de découper la végétation à coup de sabre me plaît beaucoup !”

Je suis sincère ! Il existe un petit plaisir indescriptible à l’idée de trancher des objets aussi facilement que du beurre et pour une raison valable en plus !  Mais dans le cas présent ce serait un gâchis inutile.

“- Malheureusement ce n’est pas très discret et puis ça prendra du temps…” -je souris- “Ne t’inquiète pas, je me chargerai de cette partie la !”

Les mains jointes devant mon visage, je me concentre. Je m’ouvre à la force vivante qui habite chaque racine, chaque branche. Puis j’écarte les bras en avant, les paumes ouvertes, et dans un bruissement confus la végétation qui gênait le passage s’ouvre devant nous comme une haie d’honneur !

Je sais que l’orgueil est une mauvaise chose, mais ce serait malhonnête de dire que je ne ressens pas malgré moi une petite fierté. J’apprécie de me mettre un peu en valeur devant mon ancienne maîtresse !

“- On y va ?”
Spoiler:
Manipulation de la végétation avec le pouvoir: croissance des plantes
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Lianna Tsi'a Cyan
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Dim 10 Juin - 21:33
J’ai cru un instant que ma jeune assistante allait discuter mon plan. Elle préfère toujours tout préparer en détail, ne laissant aucune place au hasard ou à l’improvisation mais il n’y a que dans les contes auxquels croient les enfants (et souvent les militaires) que les plans se déroulent comme prévu. Savoir improviser, c’est savoir s’adapter à toutes les situations. C’est comme ça que les espèces évoluent et survivent. Bonbon rose ferait bien d’apprendre la leçon.

Je la regarde avec un regard attendri : Elle se prend tellement au sérieux. Je ne peux m’empêcher de sourire en la voyant expliquer mon plan (agrémenté de développement inutiles et propres à ajouter à la confusion) à notre équipe d’archéologues vétérans. Ces derniers auraient eux aussi bien besoin de faire preuve d’un peu de souplesse et d’adaptation. Ils ne cessent de trouver plein d’objections :

« - Oui mais il faudrait passer par le campement pour que je puisse récupérer mes travaux… »

« - Mais nous allons devoir marcher dans la jungle ? On ne pourrait pas voler un speeder ? »

« - Et si on restait là en attendant que les secours nous viennent en aide ? »

« - Il va falloir que nous préparions nos affaires et que nous emportions quelques spécimens… Nous avons besoin d’une demi journée et… »

C’est là que l’expérience, fille de l’âge et d’une vie aventureuse bien remplie me vient en aide. Désolée, bonbon rose mais je prends la main. Je m’approche enfin du groupe et je balaye d’un geste toutes les objections en étouffant soudain les sons autour de nous, nous entourant d’une bulle luminescente. C’est instantané et tellement surprenant que même le chevalier Nisa à la langue si bien pendue se tait elle aussi. La bulle disparaît et je prends la parole.

« - Toutes vos objections sont enregistrées et seront traitées en temps utile. Puisque nous sommes tous d’accord, je pense que nous pouvons nous mettre en route. Rassurez vous, je suis sure que tout ira bien. Après tout, si nous perdons la moitié d’entre vous, cela voudra dire que l’autre moitié s’en sort. »

Je laisse poindre sur mes lèvres un large sourire, contemplant les airs catastrophés des scientifiques. Il n’y a rien de tel qu’un peu de sens pratique pour décourager toutes les discussions inutiles.

« - Bon. Comme l’a dit Bonb…le chevalier Nisa, en rang deux par deux et en avant marche ! Je prends la tête, Iséri gardera nos arrières et si l’un de vous est mangé par une bête, hééé bien, il ou elle fera partie des aléas impondérables. »

Et voilà le travail. Pas besoin de longs discours, Bonbon rose, tu vois ?


---------------------------------

Le vrombissement d’un speeder qui patrouille non loin de nous fait sursauter notre fine équipe. J’ouvre la marche, tous mes sens aux aguets malgré un air apparemment décontracté. C.Y.Bot avance à mes côtés, gêné par l’étroitesse de la piste que je trace mentalement devant nous en repoussant les hautes herbes et les branchages. Plusieurs fois, je l’entends pester. Je lui ai interdit de voler pour ne pas nous faire repérer et il semble trouver ça particulièrement injuste.

« - Oui, oui, j’ai compris. Mais c’est non. »

Je tapote affectueusement sa coque à la peinture écaillée qui commence à se recouvrir de mousse par endroit. Le climat humide ne réussit pas aux droïdes en général, et surtout pas à C.Y.Bot qui refuse par snobisme d’être entretenu par un de nos empotés de droïdes.

« - Et non tu ne prendras pas la place du professeur Ji’Vek sur Mr Balourd. Tu peux supporter quelques traces de boue sur ta coque. »

Nous avançons aussi rapidement que nous le pouvons, mais nous manquons de discrétion. Qu’importe… Je me concentre, tentant de repérer tout espion ou éclaireur qui pourrait nous observer. Nous avons pour nous la connaissance du terrain et la cupidité de nos agresseurs. Ceux-ci sont en train d’évaluer leurs prises et de fouiller les divers sites et campements que nous avons disséminé un peu partout, au fil de nos fouilles.

Nous approchons de leurs positions. Il va falloir prendre quelques précautions.

« - C.Y.Bot ? Il va falloir que tu brouille leurs communications à présent, juste le temps que nous arrivions devant le passage souterrain. »

Mon droïde ne peut s’empêcher d’émettre une suggestion

« - Bzzzzion ! Tsinng klonk ! Wiiiiiiiiiiiioui tsiiiiiiii binb bidibip Diop ! Honk Honk Honk »

Je secoue la tête

« - Non. Il est hors de question de laisser Mr Balourd faire diversion avec une charge d’explosif collé sur lui. Je sens que je vais revoir ta programmation si tu continue de persécuter le droïde d’Iséri .»

Les antennes de C.Y.Bot sortent de sa coque et commencent à émettre des signaux pour brouiller les fréquences. Nous franchissons rapidement la distance qui nous sépare de la pyramide, nous cachant dans les fourrés à chaque fois que nous sommes survolés par des navettes. A l’ombre de la forme massive de l’édifice, nous dégageons rapidement une ouverture dans le sol qui passe sous la structure. Je soulève une lourde dalle en me concentrant un instant

Je presse notre équipe :

« - Aller, vite ! Tous en dessous et suivez Iséri. Je ferme la marche. »

Une fois toute l’équipe en sécurité, j’use de mon pouvoir pour reposer la dalle derrière nous. Dès l’entrée, nous sommes bloqués par les épaisses racines des arbres de la jungle au dessus de nous. Le tunnel est à demi immergé et nous allons devoir avancer en pataugeant dans la boue visiblement. J’entends le professeur Sullub, un petit Sullustain pourtant habitué aux tunnels et aux mondes souterrains, protester :

« - Chub, lullabula You, ta paka choula bood ! »
Spoiler:
« - Je vais me noyer et le monde de l’archéologie perdra un spécialiste reconnu… »

Je me retourne vers lui, un sourire confiant sur les lèvres.

« - Mais, non, tout ira bien. Faites nous confiance. Nous n’aurons pas à patauger trop loin. Vous vous en sortirez très bien. »

Bien sur C.Y.Bot est là pour me faciliter la tache…

« - Tsin, Cling, bidibop honk honk honk ! »

Ben, voyons… Se servir du Professeur Sullub pour appâter les sauropodes qui pourraient infester l’eau boueuse ? Je tapote sa coque et je soulève le Professeur Sullub pour le poser sur le dos de mon « adorable » droïde. Celui-ci fait mine de protester mais voyant mon regard, il se garde bien d’insister.

« - C’est gentil de ta part de proposer d’ouvrir la marche C.Y.Bot… »

Je m’approche de la barrière de racine, l’éclairant avec la lumière de mon sabre. Je jette un coup d’œil vers Iséri qui s’est portée à mes côtés : Elle a retiré sa veste et remonté son pantalon au niveau des genoux, pour se protéger de la boue. Au niveau du buste, elle ne porte qu’un petit haut léger et moulant dévoilant son ventre et ses épaules et mettant en valeur ses jolis seins roses. Je lui souris

« - Jolie tenue, ma Padawan. »

Je me concentre, laissant mon esprit visualiser ce qui nous attend devant nous. Le tunnel est praticable, je pense… Iséri m’adresse un sourire espiègle :

« - L’idée de découper la végétation à coup de sabre me plaît beaucoup ! »

Je secoue la tête, amusée

« - Barbare, va. »

Pourquoi les jeunes Jedis aiment tant tout couper avec leurs sabres ? De vrais gamins, parfois…

« - Malheureusement ce n’est pas très discret et puis ça prendra du temps… Ne t’inquiète pas, je me chargerai de cette partie là ! »

Je l’observe tandis qu’elle se concentre pour entrer en communion avec les végétaux, une chose dont je suis bien incapable de mon côté. Le spectacle est fascinant : les racines et les pousses qui obstruent notre passage s’écartent simplement de nous, dévoilant le tunnel. Je m’avance, sans attendre, ouvrant la marche. Je saute de pierre en pierre, avec une agilité surnaturelle, évitant de me mouiller ou de patauger dans la boue. Je me tourne vers elle, un air espiègle sur les lèvres.

« - Tu vois, Bonbon rose ? Pas besoin d’enfiler ma tenue de danseuse Twi’lek… »

J’éclate de rire et je fais signe à notre fine équipe de nous suivre.

« - Bon ? On y va. C.Y.Bot, je compte sur toi pour que le professeur Sullub ne tombe pas. Les autres, on avance rapidement et discrètement, parce que célérité et silence sont la consigne à présent. Vous ne voulez pas connaître la vie exaltante de gigolos peu vêtus à la cours de Daggba le Hutt, non ? »

Je jette un regard amusé en direction d’Iséri.

« - Je ne suis pas sure que ce genre de vous aille tous aussi bien qu’au Chevalier Nisa. »

J’accompagne mon joli discours d’un petit geste de la main et je me tourne pour ouvrir la marche. Sautant d’un point sec à un autre, j’avance d’un pas léger.

-----------------------------------


« - Bon. Voilà ce que nous allons faire. »

Je regarde mes compagnons, l’air soudain plus sérieuse. Mon ton léger a soudain disparu. La traversée du tunnel s’est bien passée. L’équipe m’a suivie dans les dédales des tunnels et nous sommes arrivés sans encombre près de l’esplanade où je pensais trouver les vaisseaux des mercenaires. Deux transports rapides et armés, nous attendent sagement. Il nous suffit de nous en emparer. Ce n’est pas une tache impossible pour deux Jedis. Je préfère seulement que tous sache ce que nous allons faire.

« - Iséri et moi, nous allons nous occuper des gardes. C.Y.Bot, tu es chargé de mettre le vaisseau en route. Le professeur Sullub sera ton copilote. »

Je regarde le petit Sullustain qui est notre meilleur pilote, si on nous excepte Iséri et moi.

« - Vous êtes les deux éléments de notre troupe disparate qui sont les plus calés dans ce domaine. Votre tache sera de préparer notre décollage au plus vite tandis que le reste de l’équipe embarquera. »

Je tapote doucement Mr Balourd de la paume de la main.

« - Mr Balourd, tu sera chargé de protéger les moins rapide. Je compte sur toi pour exposer ta carcasse blindée aux tirs si besoin. Tu seras le dernier de l’équipe des… » Je songe un moment au terme employé par C.Y.Bot (les inutiles) avant d’adopter un terme plus diplomatique. « … scientifiques à monter dans le vaisseau. »

Je pose ma main sur celle d’Iséri, avant de la regarder dans les yeux.

« - Toi, tu es chargée de nettoyer le vaisseau. Je ne veux pas de mauvaise surprise et tu devras nous débarrasser du moindre soldat ennemi. Et des droïdes qui pourraient entraver notre fuite. C.Y.Bot est sous tes ordres. »

Je frappe d’une petite pichenette l’antenne de mon pirate favori.

« - De mon côté, je me charge des soldats à l’extérieur et de tout ce qui est diversion. Ne vous occupez pas de moi et foncez vers le vaisseau dès que nous vous donnerons le signal.. C’est bien compris ? »

Bien. Tout le monde hoche la tête et bizarrement les protestations et les récriminations se sont tuent à présent que nous sommes devant la tache la plus difficile. Je hoche la tête et je me tourne vers le vaisseau. Je fais un dernier signe de la tête et je m’avance, suivie par Iséri. Nous profitons de l’obscurité pour nous rapprocher. Un peloton de trois gardes se tient devant la passerelle d’embarquement du vaisseau. Je pose ma main sur l’épaule d’Iséri et j’approche ma tête de son oreille. Je ressens le trouble de ma jeune compagne.

« - Un dernier mot Iséri. Je ne viens pas avec vous. »

Elle tourne la tête vers moi, sans comprendre. Je pose un doigt sur ses jolies lèvres.

« - Je dois faire quelque chose avant de partir. Je ne pouvais pas le faire tant que les archéologues ne seraient pas à l’abri. Tu dois les protéger et les emmener en sécurité. »

Je tapote doucement ses lèvres du bout du doigt pour l’empêcher de protester.

« - C’est un ordre, chevalier Nisa. Tu connais ton devoir et tu dois l’accomplir. Je m’en sortirais, je te rassure. »

Je fais glisser mon doigt sur son menton pour le redresser doucement du bout de l’index.

« - Je te promets qu’il ne m’arrivera rien, Bonbon Rose. »

Je la regarde un long moment, consciente du dilemme qui doit l’agiter : Cette fille est amoureuse de moi et même si je la trouve adorable, je ne veux pas l’exposer et la perdre comme j’ai perdu Ons et Jen…

Il y a des années, j’ai dissimulé quelque chose au milieu des ruines, songeant que ce serait le meilleur endroit pour que personne ne le trouve. Il s’agit d’un Holocron qui est la clé d’un savoir si néfaste qu’il m’a coûté les deux personnes que j’aimais le plus au monde. Où une relique des premiers Jedis des temps jadis, serait elle mieux cachée que dans un site anciens consacré à la Force ? L’idée m’a paru bonne à l’époque… Je mesure mon erreur à présent… Une de plus sur une longue liste…

Je regarde le joli visage d’Iséri. Un petit rire chaleureux illumine le mien.

« - Je rêve où tu attends que je t’embrasse là ? Aller, Bonbon Rose, on a du travail ! »

Je saute par-dessus les caisses derrière lesquelles nous nous dissimulions et j’avance d’un pas rapide vers les trois gardes.

« - Qui va là ? »

Je lève la main.

« - Il n’y a personne ici. Vous pouvez vous détendre. Et si vous alliez boire un coup. Il ne se passera rien. »

Les mercenaires fixent une secondes avant de se regarder et de dire d’une même voix :

« - Il n’y a personne ici. On peut se détendre. Et si on allait boire un coup ? Il ne se passera rien… »

Ils se détournent de moi et s’éloignent sans ajouter un mot. Je me tourne vers Iséri, lui montrant l’entrée du vaisseau.

« - A toi de jouer. Je m’occupe de l’extérieur. »


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Iséri Nisa
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Ven 22 Juin - 6:49
Lianna est une horrible peste ! Elle est bordélique, insouciante, cachottière, menteuse, et en plus elle fait preuve d'une mauvaise foi indigne d'une jedi ! Je suis sûre que ça la ravit de savoir qu'elle me rend folle !
Mais le pire, c'est que malgré ça je sais bien que je ne pourrais pas me passer d'elle. Je suis dévastée de l'entendre me dire qu'elle ne compte pas venir avec nous... Pourquoi ? Qu'y a-t-il de si important et si secret -si dangereux ?- qu'elle ne veuille pas nous impliquer dedans ? Quelle genre de folie es-tu en train de faire, Lianna ? J'ai envie de lui dire non, que je ne l'abandonne pas, que je me fiche de ses ordres et que je ne suis plus sa padawan après tout... mais je ne peux pas. Elle a raison, je ne peux pas me permettre d'abandonner nos compagnons ni de les obliger à nous attendre, même si c'est ce qu'elle est elle-même en train de faire égoïstement.
Elle aura beau se moquer de moi elle a raison: j'aurais aimé pouvoir l'embrasser avant qu'on ne se sépare.

L'accès dégagé et tandis que Lianna s'éloigne, je fais signe à mes compagnons de m'attendre un moment et de guetter mes instructions, puis je m'engouffre à l'intérieur du vaisseau. Il s'agit d'un transporteur du cartel des hutt de taille moyenne, disposant d'un armement et d'un confort sommaire. J'étends mon esprit à l'intérieur du vaisseau afin d'y déceler une éventuelle présence, mais je ne ressens rien d'autre que la force émanant d'un droïde de taille moyenne, surement un mécano ou un droïde d'entretien. Rien de très gênant même s'il faudra s'en débarrasser pour la suite des évènements, ne serait-ce que pour éviter qu'il donne l'alarme. Quant au reste de l'équipage, je ne peux que supposer mais j'imagine qu'ils sont à présent dans notre campement archéologique en train de tout piller ou bien en train de battre la forêt à notre recherche.
Je mets la main au niveau de mon cône auditif et murmure:

"- Équipe des baigneurs, début de la mission Tous à la piscine ! Terminé."

Pourquoi tous ces noms de code, me direz-vous avec un sincère étonnement -ou même, si vous êtes une vilaine Lianna, avec un ton narquois et désobligeant- ? Pour deux raisons: la première est qu'il ne faut pas exclure que nos conversations soient écoutées, auquel cas il vaut mieux qu'elles n'aient aucun sens, mais surtout parce que c'est beaucoup plus classe et rigolo de parler comme ça !
Mais alors, me demanderez-vous avec cette fougue qui vous caractérise: pourquoi des noms de code aussi ridicules ? Eh bien... non mais hé ho, moi je les trouve très bien ces noms de code ! Vous êtes qui pour les juger, d'abord ?! Et puis arrêtez de me déconcentrer, j'ai un droïde à retrouver et à neutraliser moi !

A mon signal, les scientifiques sortent de leur abri et montent avec une discrétion qui est toute à leur crédit à bord du vaisseau. Je sais bien que je parle souvent d'eux de manière moqueuse, et c'est également vrai qu'ils sont parfois réticents à faire ce qu'on leur demande tant leurs préoccupations sont loin de celles de Lianna et moi (ou même de la réalité), mais dans l'ensemble nos compagnons archéologues sont quand même des personnes sur qui on peut compter.
De mon côté, je m'aventure d'un pas sur à travers les couloirs du vaisseau jusqu'à trouver celui que je cherche, un droïde astromécano occupé à faire le check up de l'appareil. Je le désactive d'un claquement de doigts (geste superflu, mais comme le dirait maîtresse Tso?t "Il ne faut jamais négliger les petits effets classe qui donnent de l'allure, c'est ce qui différencie les héros de récit des plantons de base"), et je murmure une nouvelle fois dans mon communicateur.

"- Les gêneurs ont quitté la piscine. Terminé."

Je retrouve peu de temps après le professeur Sullub, Monsieur Balourd et C.Y. Bot qui me rejoignent au poste de pilotage tandis que les autres archéologues prennent possession du vaisseau. Je suis également rejointe par le professeur Elmo, le vieux rodien, qui ne dit rien mais dont je vois très bien à son attitude qu'il attend que j'aie terminé pour me prendre à partie.

Tandis que le professeur Sullub se familiarise avec les commandes du vaisseau, j'attire l'attention des deux droïdes sur la suite des opérations.

"- Il va falloir qu'on soit très sérieux si on veut se sortir de là, et surtout si on veut revoir Lianna. C.Y. Bot, je sais que tu es un droïde courageux et indépendant, mais je sais aussi que tu aimes très fort ta maîtresse et que tu ne veux pas nous faire de peine. Je compte beaucoup sur toi et sur tes talents, sans eux nous risquons de tous mourir ici.
Monsieur Balourd, tu sais bien que tu es mon compagnon préféré et que je compte sur toi pour veiller tout le monde."
-j'ajoute sur un ton moitié sec, moitié taquin- "Et ce n'est pas grave si certains ne se comportent pas toujours très bien, tu peux leur pardonner vu la situation, d'accord ?"

Mes deux grands gamins droïdes étant attentifs, je leur explique le plan que je compte mettre en œuvre pour quitter l'atmosphère de Yavin IV. Si nous nous contentons de foncer bêtement il y a de fortes chances pour que nous soyons interceptés par les vaisseaux de la flotte encore dans le ciel et que nous soyons abattus en plein vol, même si nous occupons un de leurs appareils. C'est pour ça que je leur confie à tous les deux une mission très précise, très importante pour ce qui va suivre, et que seuls leurs talents de droïdes me permettent d'envisager.


A peine ai-je fait partir les deux droïdes que c'est au tour du professeur Elmo de venir me parler. De sa voix de rodien éraillée, il me demande:

"- Jeune dame Iséri, à quel moment allons nous retourner au camp pour récupérer nos recherches ? Votre maîtresse Lianna a bien dit qu'on s'en occuperait en temps voulu, et je crois que c'est maintenant ou jamais."

Je traduis ici hein, parce qu'il s'exprime plutôt à base de "Jooooowaaa tabaga noooo" inintelligibles. J'espère que vous m'en savez gré. Oui ? Non ? Je m'en fiche, c'est moi qui raconte ! Vous savez quoi ? Je devrais faire pareil, et ne m'exprimer qu'en twi'lek ! Ah, ils auraient l'air malins ! Et moi aussi parce que tous ne me comprendraient pas forcément...
Bref, en écoutant le professeur je réprime un soupir. Il n'est pas bête le rodien, il sait très bien que si ça ne marche pas de demander à Lianna il faut essayer avec la gentille Iséri. De préférence en soulignant que ma maîtresse a sous-entendu qu'on allait le faire. Le pire c'est que je suis presque sure qu'il est de bonne foi, et qu'il est tellement déconnecté de la réalité qu'il imagine tout à fait que nous puissions nous infiltrer dans le camp des hutt pour récupérer les dizaines de caisses volumineuses qui contiennent nos découvertes les plus importantes, nos notes, etc... Ou alors je suis trop naïve, je ne sais pas.
Tsss, et puis je te retiens, Lianna, avec ta diplomatie et ta manie de remettre les problèmes à plus tard !
Je décide de répondre avec mon sourire de vilaine peste. Puis je me ravise, et me dis que ce n'est pas très juste de ma part de renvoyer la balle sur Lianna même si elle le mériterait un peu, car le vrai perdant serait le rodien.

"- Je vois bien que vous êtes inquiet pour toutes nos précieuses recherches professeur. Moi aussi ça me désole que les hutts puissent mettre la main dessus. Seulement ils sont partout dans la forêt et notre camp à présent, et nous sommes en danger de mort. Si vous vous faites capturer par les hutt, ce sera encore pire que si nous perdons vos recherches !"

Le rodien insiste, même si je sens à sa voix qu'il comprend la justesse de mon explication:

"- Mais on ne peut pas les laisser tout prendre ! Ils vont probablement vendre ou détruire des trésors d'histoire millénaires !"

Mon regard plongé dans ses grands yeux uniformément noirs, je viens glisser ma main contre sa nuque et lui dis d'une voix apaisante.

"- J'en suis terriblement malheureuse moi aussi... désolée... J'ai aussi des travaux que je ne veux surtout pas perdre, mais entre ça et vos vies il n'y a pas à hésiter. On reviendra, et on sauvera tout ce qu'on pourra ! Et puis la plupart de nos notes sont encore intactes et informatisées."

***

Dans le poste de pilotage, C.Y.Bot et le professeur Sulub sont aux commandes avec Monsieur Balourd derrière eux, tandis que tout le reste de l'équipe s'est agglutiné à l'entrée de la cabine pour observer le départ. Chacun retient son souffle.

La navette décolle en soufflant les feuilles et les branchages autour d'elle, et s'élève progressivement au-dessus de la cime des arbres. Je sens que tout le monde est tendu, mais pour ma part je suis sereine et concentrée. Je me contente de fermer les yeux et d'écouter, d'attendre et de ressentir.
Lianna a toujours accès à nos communications, et c'est à son attention que je murmure:

"- Les baigneurs plongent. Terminé"

J'ai cru comprendre au vu des réactions de mes partenaires que le choix de mes noms de code ne faisait pas l'unanimité. Mais vous savez quoi ? Je m'en fiche, moi je les trouve très bien, très mignons, et suffisamment dénués de sens pour une oreille extérieure ! Cela dit... ôtez moi d'un doute... Hum, non, pas besoin en fait: je serais prête à parier mon serre-tête qu'elle n'a pas pris la peine de retenir la signification mes noms de code.
Oh, pas grave, grâce au ton que j'emploie elle doit se douter de ce qui se passe.

La navette a à peine dépassé la hauteur de la pyramide du site 1 lorsque le holo communicateur s'enclenche, affichant la face holographique bleu pâle et striée de blanc d'un transdosien dont qu'une voix gutturale et déformée par les effets un peu kitsch de la communication inter vaisseaux nous annonce:

"- Navette A-353, ici le Séisme sur Nar Shaada, nous n'avons aucune information concernant votre décollage imprévu. Donnez moi tout de suite vos identifiants et votre destination."

Rahlala, c'est d'un classique ! Ils devraient savoir que ça ne marche jamais parce que les héros trouvent toujours une solution ! Dans le premier cas ils répondent " 'chais pas, hahahaha !" avant de partir à toute berzingue, de slalomer entre les tirs de laser et de finalement partir dans l'hyperespace à la sauvage ! Ou alors ils ont récupéré au préalable les identifiants sur les gusses à qui ils ont volé la navette et ont pris le temps d'inventer un bobard crédible, auquel cas les questionner bêtement par holo communicateur ne sert à rien. Évidemment, j'ai opté pour la seconde solution.

J'ai laissé à C.Y. Bot le soin de dépiauter le droïde astromécano de tout à l'heure pour en extraire les identifiants demandés, et ce dernier se charge à présent de les transmettre. Dans le même temps, Monsieur Balourd envoie sur le holo communicateur de notre interlocuteur le fichier vidéo "garde-gamorréen-holo.avi" (vous savez, les gamorréens, ces espèces de phacochères verts qui traînent toujours en compagnie des hutts) que je lui ai demandé de télécharger dans le logiciel du vaisseau, de manière à faire croire au transdosien qui nous parle que c'est à un gamorréen qu’il s’adresse. Dans le même temps mon droïde (qui est à la base un droïde de protocole, ne l'oublions pas !) répond avec une voix de gamorréen parfaitement synthétisée:

"- Gruik gruik, ici navette A-353, ruiiik, je vous transmet les identifiants. Nous avons a notre bord le puissant Dragga le hutt dont la navette personnelle a été endommagée, et nous nous dirigeons vers..."

Le "gamorréen" semble se faire soudainement interrompre, et son image est remplacée par celle très convaincante de "hutt-holo.avi", également installée par les soins de nos petits droïdes. Et Balourd de reprendre, avec une voix de hutt cette fois:

"- Jabba dougga na bokka !! Issa doma !"

En gros, je crois qu'il dit au bonhomme de ne pas lui faire perdre son temps et de dégager le passage ! Mon hutt est correct (il paraît que ça fait partie de la base pour toute twi'lek qui se respecte avec la danse, mais ce n'est pas le sujet), mais pas aussi parfait que celui de mon droïde interprète.
Le transdosien marmonne un "entendu maître Dragga, veuillez me pardonner, blablabla", et la communication se termine là. Finalement on peut dire que les frasques de Lianna nous ont bien servi ! Je suis tellement contente qu'elle ait eu l'occasion de sabrer le vaisseau de plaisance de ce gros hutt alors qu'il se dirigeait vers notre camp ! Elle nous a donné sans s'en douter alors un alibi parfait !


"- Les coordonnées pour le passage en hyperespace sont prêtes ?"

"- Bipdilibip dzouip dzouip !"

"- Non C.Y. Bot, même si je suis très fière de toi il n'est pas question que tu sois le capitaine du vaisseau ! Mais je veux bien les coordonnées pour le passage en hyperespace quand même !"

"- Bzuuuuuuut !"

Non mais et puis quoi encore ? Ce serait un coup à finir comme pirates dans l'espace au lieu de retourner dans l'espace républicain !

"- Si tu continues, c'est Monsieur Balourd que je nommerai comme capitaine."

"- Excellente suggestion ! D'ailleurs, je profiterai de l'occasion pour vous demander de ne plus m'appeler Monsieur Balourd mais Capitaine Balourd."

"- [Insultes-moqueries que je ne traduirai pas]"

J'éclate de rire et m'exclame:

"- Hé ho, je plaisantais !"

Mon visage se fait soudain plus sérieux, presque triste.

"- Vous prendrez soin de vous et de nos amis archéologues, hein ? Vous leur obéirez bien. J'espère vous revoir très vite. Je suis désolée... je ne peux pas l'abandonner ici toute seule."

Et à ce moment, l'hologramme affiché par Monsieur Balourd me représentant, et qui me permettait d'être virtuellement présente dans le vaisseau via une silhouette bleue fantomatique, disparaît du poste de pilotage.
Des centaines de mètres plus bas, dans un trou au milieu des ruines d'un temple Rakata, je quitte des yeux mon disque holo communicateur qui affichait la cabine de pilotage et jette un regard nostalgique sur la petite navette qui accélère soudainement et disparaît dans l'hyperespace.

Désolée Lianna. Ce n'est pas ce que tu voulais mais il était impossible pour moi d'accepter de faire que tu me demandes. Je sais bien que tu es forte et débrouillarde, mais je ne peux pas t'abandonner toute seule sur cette planète avec une centaine d'agents des hutts armés et prêts à te tuer. Surtout si tu m'as fait des cachotteries ; surtout si tu es restée pour récupérer quelque chose d'important, ou pour faire une chose importante, ou n'importe quoi d'autres... j'imagine déjà le pire !
Tu pourras te moquer de moi, dire ce que tu veux, te fâcher même, mais tu avais raison: je tiens à toi plus que de raison, je suis amoureuse de toi, et c'est te laisser ici qui serait une trahison pour moi.

Au moins ma mission est accomplie. J'ai techniquement respecté ses ordres puisque j'étais pratiquement dans le vaisseau jusqu'à ce qu'il entre dans l'hyperespace, et que j'ai supervisé le départ jusqu'au bout.


***

Nos compagnons partis, je trouve que la planète prend soudainement un aspect hostile. Il n'y a plus que moi, des centaines d'individus brutaux et hostiles, et ma Lianna quelque part, seule au milieu des ruines et déterminée à accomplir sa mission insensée.

J'ignore où elle est partie, mais c'est une jedi et je suis capable de percevoir sa présence en me concentrant un peu. Je sais qu'en cherchant à la détecter elle saura que je suis là également, mais je ne tiens pas particulièrement à mon effet de surprise de toute façon. Au contraire, j'ouvre mon esprit vers elle et lui murmure en pensée:

"- Ici le chevalier Nisa. Je suis en mission ici sur cette planète pour récupérer un maître jedi coincée par les hutt, vous ne sauriez pas où elle est par hasard ? C'est une humaine, très séduisante, avec des cheveux blonds ?"

Je lui transmets ensuite une image de la navette qui disparaît dans le ciel. Cela fait, je sors de mon trou en un bond avec un petit sourire aux lèvres, et m'oriente en direction de là ou je sens la présence de mon aînée. Et ce n'est qu'au moment où je fais le geste de ranger mon holo communicateur que je réalise mon oubli: c'est Monsieur Balourd qui a gardé toutes les affaires que je lui avais confiées... y compris mon manteau, ma robe de bure, mes tablettes de chocolat, et même mes bottes !
Iséri... mais quelle idiote ! Elle a fière allure la chevalier jedi sauveuse !
Bah, peu importe. Il fait bon sur Yavin IV, et j'ai l'habitude de marcher pieds nus dans la forêt. D'ailleurs j'ai toujours aimé les forêts denses, dans lesquelles je me sens chez moi, les vieilles ruines, et le reste. Au moins je ne risque plus de me faire marcher sur les pieds par un archéologue distrait maintenant !
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Lianna Tsi'a Cyan
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Mer 25 Juil - 0:41
C’est parti ! Bonbon rose se charge de l’évacuation de nos amis scientifique. Ma tâche, c’est de m’occuper de tout ce qui pourrait gêner le décollage.

« - Équipe des baigneurs, début de la mission Tous à la piscine ! Terminé. »

Est-ce que je suis dupe de l’attitude respectueuse et déférente d’Iséri ? Pas une seule seconde. Cette petite peste oublie que j’ai un sens des perceptions bien plus développé que le sien. Oui, oui, Lianna… Je suivrais tes ordres… Et patati et patata… Je t’en ficherais moi des « oui Lianna »,  tiens ! Ceci dit, j’ai d’autres préoccupations. Si je veux que notre vaisseau décolle, je vais devoir m’occuper d’un canon anti-aérien, des antennes de communication de fortune et des deux chasseurs prêts à décoller. Un sacré programme et peu de temps devant moi? Peut être, mais je vais tricher et me simplifier le travail.

Situé tout à bout de la piste d’atterrissage improvisée sur ce qui est une zone de fouille que nous avions tenté de préserver, il se dresse comme un sabre prêt à frapper. Je me faufile entre les tentes et les containers et je longe les ruines, profitant de l’ombre. Deux gardes et deux opérateurs sont à leurs postes. Ce sont des Gamoréens, lourds et puissants faisant au moins deux fois ma taille. J’avance donc d’un pas léger vers eux.

« - Bonsoir. »

Les deux gardes sursautent  et pointent leurs armes vers moi. Je lève les bras, paumes tournées vers le ciel étoilé et ils s’envolent verticalement dans les airs.

« - Huuuuunnk….. »

Les deux opérateurs du canon se tournent à leur tour vers moi sidérés et je bondis vers eux. Je frappe le premier au niveau du plexus. Il est éjecté de son siège et s’écrase contre un container.

BONG !

Je tends la main et le pistolet laser du dernier Gamoréens jaillit de sa main et atterrit dans la mienne. Je pose mon index sur mes lèvres.

« - Chuuut ! »

Les deux premiers gardes retombent enfin, après une longue ascension, suivie d’une brusque chute.

« - Huuuuuuununn… Ourmf ! »

Ouille… Le choc a dû être rude. J’adore la loi de la gravité. J’arrive toujours à lui trouver une utilisation créatrice.

Je passe ma main devant le visage de l’opérateur. Son regard devient vitreux. Je jette un coup d’œil du côté de ses trois comparses. Ils ont leur compte. Je n’ai plus qu’à attendre le signal. Il ne tarde pas :

« - Les baigneurs plongent. Terminé. »

J‘éveille soudain le dernier Gamoréen en faisant glisser ma main devant ses yeux. J’ai un plan pour lui. J’entends les moteurs du vaisseau qui s’activent.

« - Il faut défendre le camp. Les chasseurs sont nos ennemis. »

Le Gamoréen, hoche la tête, le regard vide de toute pensées, si ce n’est celles que j’y insinue.

« - Onk grarash targ bar naaaarg ! »

Il monte sur la tourelle et l’active. Les gyroscopes pivotent tandis que les canons jumelés s’abaissent et pointent en direction des chasseurs. Les tirs déchirent la nuit, éveillant le campement.

THUDDD THUUUUD THUUUUD !

Le premier chasseur explose dans un grand fracas.

BOOOOOOM !

Le second est pris pour cible et explose à son tour.

THUUUUD THUUUD BOOOOOM !

Je crie dans l’oreille du servant d’artillerie :

« - Il faut détruire la tourelle à présent ! »

Le Gamoréen s’exécute sans pouvoir reprendre ses esprits. Je saute prestement sur le haut du canon. Dans le campement, c’est la panique. Les mercenaires se mettent à courir dans tous les sens. Certains, plus vifs d’esprit pointent du doigt le canon anti aérien. Il est trop tard, le canon détruit la tourelle perchée sur l’une des plus hautes ruines.

Dans les haut-parleurs du camp retentit la voix furieuse et rageuse d’un Hutt en colère.

« - Naaaar Shaaaadaaa ! Gar Dhô jo naaa dougaaa shaaaaa ! »

A l’autre bout de la piste notre prise de guerre décolle en trombe, emportant dans ses flancs notre équipe de scientifique, mais pas mon Bonbon Rose !

« - Mais quelle petite peste quand même !? »

Je secoue la tête, amusée, avant de me souvenir de ce que je dois faire pour achever ma tâche. Je sors mon sabre laser et sautant tout en bas, je tranche d’un revers les canons, éventrant les circuits d’énergie. Je me réceptionne au sol et je roule sur l’herbe pour me mettre à l’abri. Le canon est secoué d’une vague d’énergie crépitante, il se soulève avant d’exploser soudain, ajoutant encore à la confusion du camp.

« -Là je crois que je connais un Hutt qui va être furieux ! »

Et une petite Twi’lek qui va avoir des choses à m’expliquer. Je sais toujours où elle est. Notre lien est plutôt fort et la perception est mon plus grand atout. Elle n’a pas décollé avec les autre ! Je sais très bien ce qu’elle s’est dite : je l’aime, je ne vais pas l’abandonner même si j’ai confiance en elle. Est ce qu’elle a pensé au fait que j’avais peut être un plan ? Bien sur que non : elle me croit tête brûlée, sûrement.

Je sors de mon abri improvisé et je cours vers la jungle, évitant les groupes de mercenaires qui s’éparpillent dans tous les sens, la plupart ne sachant pas exactement quoi chercher. Il y a des moto jets qui sont garées non loin sur ma droite. Je saute sur l’une d’elle et je démarre en trombe. Des tirs de blasters sporadiques fusent dans ma direction. Sans répliquer, je fonce vers la cachette de Bonbon Rose.

« - Gaaar naaah jarganath ! Ougaar djô Jigadaaaâ ! »

On ne plaisante plus là : mon admirateur Hutt m’a semble t’il reconnue. Il vient d’annoncer une prime astronomique pour celui qui me conduira à lui, pieds et poings liés. Je pensais l’avoir énervé suffisamment pour qu’il demande de m’abattre à vue, pourtant ? Je ne sais pas si je me remettrais d’une telle déception…

J’entends soudain la voix de Bonbon rose dans ma tête. Ainsi elle se décide enfin à admettre sa désobéissance ?

« - Ici le chevalier Nisa. Je suis en mission ici sur cette planète pour récupérer un maître Jedi coincée par les Hutts, vous ne sauriez pas où elle est par hasard ? C'est une humaine, très séduisante, avec des cheveux blonds ? »

Je ne peux m’empêcher de sourire. Je lui réponds un peu sèchement.

« - Je sais. J’arrive. »

Je fonce vers elle, sans vraiment prêter attention aux images rassurantes qu’elle veut me communiquer. Je sais où elle est depuis le début, dissimulée sous une voûte datant de plusieurs siècle,  recouverte par la forêt. Ma moto serpente entre les arbres et je sème mes poursuivants. Je surgis soudain devant Iséri et je freine sèchement, mettant à contribution les compensateurs inertiels.

« - Monte ! »

Je démarre alors qu’elle monte en croupe derrière moi, passant ses bras autour de ma taille. Ah elle a fière tenue pour quelqu’un qui se veut aussi organisée, quand même. Elle a certainement oublié ses affaires dans le compartiment de voyage de Mr Balourd. Je souris à nouveau en ressentant sa confusion. Pourtant elle est jolie ainsi, avec son petit haut léger et son pantalon remonté jusqu’aux cuisses, hihihi.

« - Mmmm… Dis moi Bonbon Rose ? Qu’est ce que tu n’as pas compris dans mes ordres t’indiquant  que tu devais évacuer la planète et ne pas t’occuper de moi ? Je dois vraiment être une mauvaise guide spirituelle pour que te moque complètement de mes instructions, non ? »

Un groupe de motos jet plonge sous les frondaisons et nous prends en chasse. J’accélère et je plonge soudain au plus profond de la jungle. Concentrée sur mon pilotage, je ne m’occupe pas d’Iséri. Je rase un immense Séquoi âgé de plusieurs siècles, je file sous une voûte de buissons et je vole au ras du sol, défiant toute prudence. Je sens nos poursuivants perdre du terrain. Allez y ? Suivez moi ! Il faut être un Jedi pour réussir ce tour de force. Ou un pilote comme je n’en ai pas vu depuis longtemps.

Une explosion retentit derrière nous. Nos poursuivants se dispersent et j’en profite pour prendre de la vitesse et nous éloigner au plus vite. Je veille à rester sous le couvert des arbres pour éviter que les senseurs en orbite nous détectent. Quand je pense enfin que nous avons semé nos poursuivants, je freine et je m’arrête sous un grand arbre millénaire dont les branches semblent couvrir le ciel. Je saute de la moto et je me retourne vers ma Padawan, les bras croisés dans une posture rappellent celle que j’adoptais naturellement quand je devais gronder certains jeunes élèves. Je hausse un sourcil.

« - Que voilà une tenue appropriée à l’exploration de la jungle. J’adore vraiment. »

Je laisse échapper un petit rire.

« - Au moins, tu n’auras pas trop chaud et tu ne te saliras pas trop. Par contre, je crois que tu vas avoir besoin de ceci… »

Je lui tends un répulsif pour insectes.

« - Je suis étonnée que quelqu’un d’aussi prévoyante que toi n’ai pas prévu les insectes, tu sais ? Est-ce que par hasard tu te serais laissée un peu allée à improviser, Bonbon Rose ? Et tes chaussures ? Comment vas-tu faire si tu te blesses aux pieds ? »

Je fouille dans une poche de ma bure et je sors une petite paire de chaussons légers.

« - Tiens. Heureusement tu savais que j’avais quelque chose pour toi. Parce que tu prévois tout, n’est ce pas ? »

Je lui souris, amusée. Oui j’ai une petite paire de chaussons au tissu léger mais solide dans une de mes poches. C’est surprenant ? Il m’est arrivé une fois de me retrouver dans la situation d’Iséri et j’ai juré qu’on ne m’y reprendrait pas. J’ai appris douloureusement qu’on ne va nulle pas sans bonnes chaussures. Je veille toujours à avoir sur moi les choses essentielles. Et toc, Bonbon rose ! Alors, je suis toujours aussi bordélique ?

« - Bon, tu m’expliqueras pourquoi tu m’as crue tellement en détresse que tu t’es sentie obligée de venir à mon secours en petite tenue, n’est ce pas ? J’apprécie le spectacle mais je suis quand même perplexe… Serais tu devenue… imprévoyante ? »

Très satisfaite de ma petite pique à son encontre, je me tourne vers la moto jet et j’ouvre le compartiment arrière. Bon, comme je le pensais, il y a de l’eau et une sorte de truc qui a l’air mangeable… Il y a même un blaster et une paire de jumelle électroniques.

« - J’ai semé la pagaille dans leur camp. Les Hutts sont furieux. J’ai un petit chasseur caché non loin dont je n’ai parlé à personne. On sera serrées mais on pourra s’échapper avec. Avant ça, j’ai une tache à accomplir. »

Je retire mon manteau et je l’installe à plat sur le sol. Je m’allonge dessus.

« - Autant se reposer un peu avant de bouger. Puisque tu es là, rends toi utile, Bonbon rose. Il va pleuvoir. Trouve nous de quoi nous abriter. »

Oui, oui, j’abuse mais il faut bien qu’Iséri apprenne de ses erreurs, non ? Je ferme les yeux et je laisse mon esprit s’étendre au-delà des limites ordinaires de la perception. Je dois vérifier si personne n’a encore trouvé ma cachette… Je ne pourrais pas garder le secret bien longtemps vis-à-vis de mon Bonbon rose, mais je la laisserai me poser la question qui doit lui brûler les lèvres.
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Iséri Nisa
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Ven 17 Aoû - 0:06
J’accepte les réprimandes et les moqueries de Lianna de bonne grâce et avec humilité: je m’y attendais puisque je lui ai ostensiblement désobéi. J’estime être parfaitement dans mon bon droit et ma décision était à la fois raisonnable et justifiée, mais il s’agit de respecter la hiérarchie et surtout de ménager l’ego de mon ancienne maîtresse. Bien sur que non elle n’aurait pas eu besoin d’aide hein ? même seule au milieu d’un camp de mercenaires qui la traquent ! Et évidemment qu’elle ne s’apprêtait pas à faire quelque chose d’incroyablement dangereux !
Ses mots touchent pourtant au but et mon visage en profite pour rougir allègrement, probablement pour la plus grande satisfaction de mon ancienne maîtresse ! En revanche, je ne cache pas une surprise amusée lorsque je la vois sortir tout un attirail de sa bure: un répulsif, des chaussons... où trouvait-elle la place de cacher tout ça ? C’est drôle comme les rôles s’inversent: on croirait presque que c’est moi la bordélique et elle la prévoyante...
Je prends les chaussons qu’elle me tend, mais sans les enfiler.

“- C’est gentil mais je ne voudrais pas te les abîmer. Tu sais, tant que je fais attention ou je marche je ne risque rien: j’ai l’habitude de la forêt. Et j’ai peur qu’ils me gênent s’il y a de l’action. Je n’aurai qu’à demander aux ronces de s’écarter sur mon passage !”

Ça fait très “princesse écolo” dit comme ça en fait ! Mais c’est juste une histoire de force (la force hein, pas la force brute) et de concentration.
En vérité je misais plutôt sur un petit retour au campement pour récupérer des affaires, ou, en fonction de la suite des évènements, au dépouillage d’une mercenaire qui aurait des chaussures à peu près à ma pointure. Dans tous les cas j’ai l’habitude de me promener pieds nus alors tant qu’on ne marche pas dans les ruines pleines de cailloux c’est bon. Après tout on ne va pas… ? Si, bien sur que si on va aller dans les ruines !
Bon, de toute manière je vais les garder les chaussons avec moi ; qu’ils me servent pou pas ce n’est pas l’important, mais… ce sont ceux de Lianna ! Je… je me rends compte que mes lekkus ont commencé à s’entortiller tandis que je rougis un peu, et je m’empresse de les remettre en place et de me mordiller la lèvre pour faire reprendre à mon visage une teinte normale. J’arrête aussi de regarder bêtement les deux chaussons que je tiens à la main !

L’inventaire de la moto nous rapporte un peu de matériel et de la nourriture. Je laisserai cette dernière à Lianna et son estomac humain fragile, pour ma part j’ai largement de quoi me sustenter dans la forêt !

" - J’ai semé la pagaille dans leur camp. Les Hutts sont furieux. J’ai un petit chasseur caché non loin dont je n’ai parlé à personne. On sera serrées mais on pourra s’échapper avec. Avant ça, j’ai une tâche à accomplir."

Lianna ne m’en veut pas outre mesure d’être restée, elle me gronde à peine. Elle devine certainement les raisons, peut-être même qu’elle s’y attendait. Ou alors simplement elle en prend son parti comme à son habitude.
Moi en revanche je ne suis pas aussi satisfaite. Je ne suis pas restée juste pour le plaisir de sa compagnie ! Même si… pas que pour ça ! J’ai besoin de savoir et de l’empêcher de faire des bêtises.
Je ne crois pas un seul instant que Lianna a été impulsive lorsqu’elle a décidé de nous abandonner et de rester. Au fur et à mesure que nous parlons, j’ai même la certitude qu’elle avait préparé son coup de longue date. Pour quelle raison ? J’ai plusieurs hypothèses, mais je verrai bien en temps voulu.

" - Autant se reposer un peu avant de bouger. Puisque tu es là, rends toi utile, Bonbon rose. Il va pleuvoir. Trouve nous de quoi nous abriter."

Souriante comme à mon habitude, je plonge mes yeux pâles dans les siens et hoche la tête:

“- Oui Lianna. Ce ne sont pas les ruines qui manquent ici, je trouverai vite.”

Pourtant, plutôt que de m’exécuter je m'assois à côté d’elle, et reprends:

“- Mais avant ça, j'ai besoin de te parler si tu veux bien.”

Mes lekkus se rapprochent l’un de l’autre dans mon dos, témoignant de ma réticence à dire ce que je m’apprête à dire. Je finis simplement par les rabattre d"un geste de la main, laisser échapper un autre sourire et par déclarer:

“- Des chaussons, du répulsif… un chasseur secret… Tu t’étais bien préparée pour cette situation n’est-ce pas ?!”

Oui et d’ailleurs vous en connaissez beaucoup des filles bordéliques qui emportent tous les jours une paire de chaussons avec elles alors qu’elles sont tout près de leur campement ? Enfin il y a bien pire: si je découvre qu’elle a rangé son chasseur secret dans de précieuses ruines Rakatas par exemple !

“- Si j’avais été une gentille padawan normale, j’aurais sans doute suivi tes instructions égoïstes sans discuter et je serais partie en t'abandonnant ici à essayer d’exécuter ton plan secret. Seulement je ne suis plus une padawan maintenant, je n’ai jamais été si obéissante que ça, et notre situation à toutes les deux est particulière.”

Hum… cette dernière phrase peut prêter à confusion. Je ne veux pas dire que nous deux… enfin, bien sur que si j’aimerais, mais… non non non, je ne parle pas de ça ! Zut, je suis encore toute rouge !
Je continue malgré tout avec véhémence:

-” Oui c’est vrai, je suis aussi restée parce que j’ai toujours des sentiments pour toi et que je tiens à toi. Je t’... enfin ce n’est pas le sujet. Ça a joué bien sur, évidemment, mais s'il n'y avait que ça je me serais fait une raison.

Je l'ai dit ! Ça ne va peut-être pas paraitre grand chose pour elle, mais c'est autrement plus compliqué qu'à l'époque ou je cherchais à l'allumer sans vraiment savoir ce que je faisais quand j'étais une élève un peu naïve !
Un mordillage de lèvre plus tard, mon visage doit avoir repris une couleur normale.

“- Je ne suis pas aussi naïve que mon droïde. Quand on m’a confiée à toi il y a un an, je savais très bien qu’il y avait quelque chose derrière cette histoire. On ne m’envoyait pas par hasard auprès d’une jedi qui avait pratiquement abandonné l’ordre depuis deux ans. J’ai respecté tes secrets bien sûr parce que ça ne me regardait pas et parce que tu as été de toute façon une maîtresse merveilleuse et une jedi sans reproches -enfin si, des gens plus à cheval sur les principes que moi pourraient en trouver  plein, mais pas moi ! Bref...- mais aujourd’hui c’est différent.”

A mon ton, je n’ai pas l‘air de lui reprocher quoi que ce soit. Et si mon sourire a été gommé par la gêne, je regarde toujours intensément de mes yeux d’un bleu très pâle la jedi que j’aime avec l’intention de la comprendre.

“- Quand tu m’as annoncé que tu restais tout à l’heure, j’ai cru que tu étais sur le point de faire une énorme bêtise comme essayer de te sacrifier pour nous couvrir, récupérer une partie de notre matériel abandonné, ou pire, tenter de tuer le chef des hutt. Seulement j’ai vite compris qu’il s’agissait d’autre chose, parce que tu prépares visiblement ton coup depuis longtemps. Il s’agit de quelque chose d’assez important pour que tu déploies assez d’efforts pour le dissimuler même aux yeux de tes collègues, et que tu te donnes la peine de préparer un plan d’évasion en cas de catastrophe. Et aussi que tu risques ta vie au milieu d’une petite armée de mercenaires des hutts, toute grande guerrière que tu sois ! Je ne sais pas si ça doit me rassurer ou au contraire me pousser à m’inquiéter encore plus pour toi !”

Bien sûr que j’ai confiance en elle. C’est une jedi borderline, mais intègre. Je m’inquiète inutilement à ce sujet parce que je tiens à elle plus que de raison, mais le souci n’est pas là. J’ai même été sotte de l’imaginer ! Rassurée par mes propres pensées et amusée en imaginant un instant Lianna malmener à elle toute seule Dragga le hutte et sa bande, je retrouve mon sourire rieur et conclus:

“- Si tu ne veux pas en parler c’est ton droit. En revanche tu ne pourras pas m'empêcher de t’aider puisqu’il s’agit de quelque chose de si important pour toi !”

Je singe une mine boudeuse:

“- Bon, sauf si tu m’annonces que tu es l’amante du gros Dragga et que tu es restée pour lui !”

Je la dévisage le plus sérieusement du monde avant d’éclater de rire !

Tandis que nous parlons, le ciel s'assombrit et devient de plus en plus gris. Mon instinct me dit que si nous ne trouvons pas rapidement un abri, Lianna aussi devra bientôt changer de vêtements !
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Lianna Tsi'a Cyan
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Dim 26 Aoû - 19:06
Qu’elle est mignonne quand elle me reproche d’être inconséquente et qu’elle oublie qu’elle est sensée respecter son aînée au lieu de la harceler. Je manque d’éclater de rire mais je me force à rester impassible : une autre que moi la reprendrait très sèchement. Une jeune Jedi n’est pas sensée parler ainsi à une maître respectée de l’ordre. Je connais plusieurs des nôtres qui lui feraient passer l’envie de recommencer.

Mais je ne suis pas comme ça. J’encourage mes protégés à ne rien tenir pour acquis et à ne pas simplement se taire et obéir. Au lieu de ça je tends mes doigts vers le visage d’Iséri et je décoche une petite pichenette sur le bout de son joli nez. Et toc !

« - C’est bon ? Tu as fini ? »

Je lui dédie un joli sourire avant de me lever et d’épousseter mon manteau recouvert de feuilles. Je fais mine de regarder le répulsif à insectes, toujours entre mes mains.

« - Je suis désolée, si ce truc est très efficaces contre les piqûres, il ne sert à rien contre les petites rougeurs sur le visage. »

Je la taquine, oui. Je suis impossible, c’est ce qu’on me dit toujours. Le pire ? C’est que j’adore être comme ça : prendre les choses à la dérision quand on s’attend à ce que je sois sérieuses. Quand les choses dégénèrent, le sérieux nous rattrape trop vite… Je préfère ne pas m’inquiéter tant que je ne suis pas directement confrontée aux problèmes

« - Bon, on a du boulot. Et peu de temps devant nous. Le gros poussah qui commande nos adversaires doit être vraiment furieux à présent. J’ai tout fait pour cela, il faut dire. »

Je secoue la tête avant d’aviser que l’une des voûtes des ruines alentour ferait un abri satisfaisant. J’y étends mon manteau et je m’installe dessus, les mains croisées derrière ma nuque.

« - Mais là, il va falloir attendre que l’agitation se calme. Sinon on va devoir passer notre temps à essayer d’éviter les patrouilles. Si tu veux bien, il faudrait nous dissimuler un peu avec des branchages. Pendant ce temps, je vais me concentrer et déterminer notre plan d’action. »

J’affiche un air détendu. La situation n’est pas très confortable, je l’avoue, mais j’ai tout préparé il y a des années et j’ai vérifié mon chasseur il y a peu. Il est dissimulé sous une ruine et n’est pas détectable depuis l’orbite. J’ai mis en place un dispositif pour prévenir la rouille et les mal-fonctions et C.Y.Bot a fait des révisions constantes ces dernières années, prétextant une recherche de trésor infructueuse. Le point le plus délicat, ce sera de s’aventurer dans le grand temple et de passer les pièges que j’ai réactivés.

Je me concentre, étendant mon esprit. La seule inquiétude que je peux avoir, c’est que des équipes de pillards à la solde des Hutts s’aventurent avant nous dans les ruines où j’ai dissimulé l’Holocron.

« - Bonbon Rose ? »

J’ouvre les yeux, me tournant vers ma compagne que j’ai mise indûment au travail alors que je me repose confortablement allongée sur mon manteau. Je me redresse et je m’assoie en tailleur, faisant signe à ma jeune compagne de venir s’asseoir à côté de moi.

« - Bon, je te dois une explication. Puisque tu es là, tu dois tout savoir. »

D’une façon très inhabituelle, je prends sa main dans les miennes. Je plonge mes yeux dans les siens, un petit sourire triste sur les lèvres.

« - Je ne voulais pas te confronter à mes vieux démons. Non pas que je pense que tu es indigne de tout savoir, mais parce que je ne voulais pas que tu sois exposée à un danger. »

Je tends ma main et je caresse tendrement sa joue.

« - Je t’apprécie énormément et tu es la meilleure compagne que je pouvais avoir ces dernières années. Tu as compris que si je me suis retirée loin de l’ordre au lieu de me concentrer sur mon devoir consistant à enseigner et guider nos jeunes chevaliers, c’est parce que j’avais besoin de prendre du recul pour panser mes plaies. »

Je me tourne face à Iséri et j’inspire longuement. Je prends ses mains dans les miennes, laissant mon esprit se connecter au sien. Je lui laisse ressentir l’affection sincère que je ressens pour elle, la confiance la plus complète que je lui voue et combien tout me plait en elle.

« - C’est une longue histoire… Tout a commencé lorsque j’ai trouvé… Non, je dois te parler de mon Maître, Ons Andor et de son jeune frère Jens qui a été mon Padawan avant toi… »

D’une voix triste et nostalgique, je raconte à ma jeune compagne Twi’lek mes jours heureux avec Ons et Jens puis le drame qui s’est produit et qui m’a brisée. Iséri connaît une partie de l’histoire mais cette fois, je n’omets aucun pan de celle-ci. J’évoque l’Holocron maudit et la clé qui est dorénavant en ma possession. Je lui parle de la mort de mes deux amis les plus chers et de mon désespoir à la suite de cette perte terrible.

« - J’ai juré de devenir la gardienne de cet Holocron maléfique. Personne n’y aura plus jamais accès et j’ai dissimulé le second Holocron, la clé qui permet de le déverrouiller dans un endroit où personne n’irait le chercher, à priori… Tu es la seule à être au courant à présent. L’Holocron maudit ne sert à rien si tu ne dispose pas de son complément, la clé que j’ai cachée. »

Il est enfermé dans l’un des plus secrets et inexpugnable caveau du temple d’ossus. Là encore, seul conseil est au courant de son existence. Et je n’ai jamais mentionné la clé au conseil. Je ne commettrais pas la moindre erreur à ce sujet. Les informations disparaitront avec moi si je juge que c’est mieux pour l’univers.

« - Voilà. Tu sais à présent. »

Je pose mes mains sur les joues de mon Bonbon rose. Je soutiens un moment son adorable visage, à la fois tendre et aimante. Puis je me penche pour l’embrasser… à la base du front et non sur ses lèvres comme elle l’espère.

« - Je ne t’ai pas dissimulé tout cela pour te priver d’un sujet d’étude ou pour le plaisir de conserver ce que je sais pour moi. Mon devoir est de réparer mes erreurs. Et de ne pas laisser une prometteuse Jedi comme toi s’égarer. Bien que je n’ai pas réussi à t’empêcher de venir me sauver, ma belle… »

Je ris doucement. Mes pouces effleurent ses adorables lèvres si tentatrices…

« - Bon sinon pour ces rougeurs qui illuminent ton joli teint rose bonbon, je ne peux rien faire malheureusement… Et ce d’autant plus que je me rappelle très bien les mots que tu dessinais sur tes paupières lorsque tu étais mon élève sur Ossus. »

Mes yeux s’illuminent d’une lueur malicieuse. Nos esprits sont si liés que je lis en elle comme dans à livre à présent. Elle est folle amoureuse de moi. Et je serais idiote de ne pas m’avouer que je suis délicieusement éprise d’elle. Je reste un temps pensive… Posant juste mon index sur ses lèvres pour l’empêcher de m’embrasser fougueusement…

« -Tu sais, je crois que le conseil a voulu me donner envie de rentrer en t’envoyant me seconder et achever ta formation… Tu as pu remarquer que je ne suis pas la Jedi au comportement le plus exemplaire (ton ancien maître était plus forte, digne et respectable que je ne le serais jamais). Cependant, le conseil apprécie mes qualités malgré mes défauts. Et je crois que nos maîtres ont fait le pari qu’une délicieuse Jedi comme toi me forcerait à revoir mes plans. Et à l’évidence ils ont réussi. »

Je lui souris à nouveau, et je me décide à effleurer ses lèvres du bout des miennes.

« - Aller, celui là tu l’as bien mérité, ma douceur sucrée. Maintenant, au travail. Je vais surveiller la clé tandis que tu vas finir de préparer le campement. Une fois reposées, nous défierons l’armée des Hutts, passerons les pièges que j’ai installé pour défendre la clé, nous la récupèrerons et nous nous échapperons avec mon chasseur. Plus vite, on s’y mettra, plus vite je pourrais prendre une bonne douche. J’en ai besoin et toi aussi. »

Je m’étends à nouveau sur mon manteau et je ferme les yeux. Ah oui, j’ai effectivement donné toutes les taches ennuyeuses à Iséri, mais elle a eu droit à un baiser, non ? C’est un marché tout à fait honnête.
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Iséri Nisa
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Ven 21 Sep - 0:47
J'écoute religieusement mon ancienne maîtresse me raconter les événements les plus tragiques de son passé ; même si bien souvent l'envie de commenter ou de poser une question me démangent, je n'en montre aucun signe et me contente d'écouter et d'acquiescer tandis que mes yeux se teignent d'une lueur triste au fur et à mesure que Lianna me dévoile son histoire tragique.
Son récit me permet de recoller de nombreux morceaux: il répond à un certain nombre de questions et met fin à des suppositions. mais surtout, en connaissant tout ça, je me sens à présent beaucoup plus proche de Lianna ! Et je ne dis pas ça parce qu'elle me tient la main et me communique plein de sentiments très tendres ! Arrêtez, c'est faux ! Ce n'est pas que pour ça !
Si j'avais eu connaissance de toute cette histoire, est-ce que ça aurait changé quelque chose dans ma relation avec Lianna ? Fondamentalement non, je ne crois pas, tout comme ça ne change rien au fait que j'ai toujours vu Lianna comme une maîtresse jedi formidable (excentrique c'est vrai, bordélique, profiteuse et pleine de mauvaise foi, mais exceptionnelle !). En revanche prendre conscience des épreuves qu'elle a traversées, du fardeau qu'elle a enduré, et surtout qu'elle accepte de s'en ouvrir à moi, me donne l'impression que quelque chose de nouveau s'est ouvert entre nous.

Je sens mon cœur battre et s'animer d'un mélange de tristesse et de sentiment d'impuissance, d'injustice. J'ai beaucoup de compassion pour elle et j'aimerais de tout cœur aider Lianna à guérir de cette blessure. Qu'elle n'ait jamais perdu son maître, son apprenti, et qu'elle n'ait jamais eu à vivre tout ça !
Nos esprits sont très liés par l'action de Lianna et je suis sûre qu'elle ressent toutes ces émotions que j'ai ; même sans ça, mes yeux très pâles parlent d'eux-mêmes je crois.
Finalement, je la prends à mon tour en posant mes mains contre la sienne et je lui murmure :

"- Merci. ... De me faire confiance et de m'avoir raconté ça. Ça m'aide à un peu mieux te comprendre, je crois. Je suis désolée de ce que tu as eu à vivre et à subir."

Je la regarde plus intensément que jamais en lui souriant. Évidemment, je rougis comme une aubergine lorsque Lianna m'embrasse sur le front et me fait tout un tas de commentaires destinés à me déstabiliser !! Je suis obligée de me mordiller la lèvre inférieure pour chasser toutes les rougeurs de mon visage, et je me sens sur le point de fondre en entendant tout ce qu'elle me dit, en sentant l'affection qui émane d'elle... Malgré tout, c'est finalement mon naturel qui l'emporte et je l'enlace soudainement en m'exclamant à voix basse:

"- Même si ça n'a rien à voir, j'ai perdu ma maîtresse moi aussi alors je comprends un peu. Mais je suis vraiment heureuse de t'avoir, toi, et que tu sois encore vivante malgré tout ça."

Malgré toutes les émotions qui se bataillent en moi, ma part la plus critique m'incite à la retenue. Evidemment on ne s'attardera pas trop sur certains détails comme le fait que madame fait des cachotteries au conseil -et après elle s'étonne d'avoir une disciple indisciplinée... ah bah bravo !- , mais même en laissant ça de côté c'est compliqué de savoir comment réagir. Le problème lorsqu'une personne manipule tout le temps les gens, même si c'est de façon espiègle, sensuelle, ou que sais-je, comme le fait si facilement Lianna, c'est que les gens auraient raison de devenir naturellement méfiants à l'égard de cette personne. J'ai beau aduler mon ancienne maîtresse, je suis lucide quant à sa manière de profiter de son entourage, et à cause de ça je ne peux pas apprécier pleinement...
Mais une autre partie de moi s'en fiche, sait qu'elle est sincère, et que de toute façon je l'aime ! Comment ? Réfléchir ? Réfléchir à quoi ? La réflexion ? Je ne sais pas ce que ça veut dire !
Lianna, ça c'est un mot que je comprends !

Son baiser me donne l'impression de planer sur un petit nuage en chocolat. D'ailleurs je pourrais presque trouver à ses lèvres un délicieux goût chocolaté.
La petite voix raisonnable dans ma tête me dit que j'imagine complètement ce détail, que d'ailleurs elle n'a fait qu'effleurer mes lèvres, et que... Mais... oh, tiens donc, on me parle ? Je n'entends rien, rien du tout ! D'ailleurs, qui serait assez folle pour se parler toute seule dans sa tête ?
Je sais bien que Lianna ne ferait pas ça sans véritables sentiments, et je crois que c'est ce qui m'apporte le plus de joie !
Il me faut un petit moment pour m'arracher -brièvement, au moins- à mes douces pensées. Je sais que ma compagne jedi attend quelque chose de moi, et elle serait en droit de moquer mon peu de concentration si je restais à rêvasser bêtement comme ça !
Peu importe ! Même ses moqueries me combleraient !

Je m'extirpe de mes pensées en usant des mêmes processus mentaux que lorsque je dois émerger d'une méditation profonde, pour retrouver une certaine cohérence d'esprit. Le visage de Lianna cesse d'oblitérer mon champ de vision et je revois la belle forêt de Yavin IV avec ses arbres magnifiques qui nous dominent de leur feuillage protecteur. Les majestueux nuages noirs qui se font l'oracle de leur prochain déferlement. Le bivouac improvisé de Lianna avec son manteau délicatement étendu, et sa motojet qui...
...Je m'administre une nouvelle claque mentale ! Tu n'as pas fini avec ta guimauve ?! Je murmure ensuite pour moi-même, tout en me relevant:

"- Mh... allez, au boulot Iséri..."

Je me redresse, réajuste mes vêtements -enfin le peu de vêtements que j'ai-, et j'ai un sourire à l'adresse de la belle humaine:

"- Je me mets au travail maîtresse Lianna. Et je te poserai mes autres questions compliquées quand on sera hors de danger immédiat de trempage intempestif ou de repérage par des hutts en colère !"

Je lui adresse un clin d’œil tout en rougissant un peu parce que ça ne se fait pas de faire un clin d’œil à sa jolie maîtresse, même si celle-ci vient de vous embrasser. Enfin je crois.
Après quoi je m'éloigne de notre campement improvisé pour me faufiler à travers la végétation.

***

Je me déplace avec rapidité et légèreté entre les arbres. Mes pieds nus s'enfoncent légèrement dans le tapis forestier à la fois frais et moelleux, et c'est un plaisir que je savoure malgré les circonstances sérieuses. J'avais initialement prévu de chercher un abri dans les ruines mais j'y renonce vite: en mettant la main sur toutes les affaires restée à notre camp de base, les mercenaires des hutts n'auront pas manqué de découvrir une cartographie très précise de tous les sites rakatas de la région que nous avons établie, et s'ils sont venus chercher une chose en particulier parmi ces sites -ce que je soupçonne très fort-, ils ne manqueront pas de tous les inspecter.

Après une rapide recherche, je finis par trouver mon bonheur: un bosquet de pins, et parmi eux un jeune spécimen aux branches touffues, au tronc solide et souple. Je m'en rapproche en sautillant, autant pour coller à l'image que l'on attend de moi de fille proche de la nature, limite féérique ou elfique (comme disait maîtresse Tso?t "Quand on choisit de développer des pouvoirs en affinité avec la nature, il faut l'assumer jusqu'au bout. Ça veut dire montrer qu'on aime la campagne et la forêt, arrêter de couper des plantes à tout va, montrer qu'on milite activement pour le respect de l'environnement, mais surtout avoir aux moments opportuns un comportement de fille bizarre -limite fofolle- qui est en communion avec les fleufleurs et les arbres.") ... mais aussi parce que marcher pieds nus sur des aiguilles de sapin, même pour une jedi comme moi habituée à la forêt, c'est un petit peu douloureux !
Je pose la main sur le bel arbre et murmure:

"- Bonjour toi."

Un frémissement parcourt l'arbre en même temps que la force que je lui diffuse traverse son tronc ; ce dernier s'étire, s'incline, et se courbe jusqu'à former une arche au niveau du sol, comme s'il avait été abattu et tordu par un vent particulièrement violent. Ses branches, jusque là réparties uniformément autour du tronc, s'écartent, s'entortillent, et se resserrent les unes contre les autres de manière à former comme une tente végétale. Je regarde le résultat, satisfaite et reconnaissante. C'est un abri provisoire, un peu sommaire, mais largement suffisant pour l'utilisation qu'on en fera. Et surtout, particulièrement discret !
Je me concentre un peu plus fort encore et tend la main gauche. Venus du sol, une multitude de petit branchages vient à moi et s'entasse à mes pieds. Répartis sous la tente formée par l'arbre, ils formeront un tapis efficace pour nous isoler du froid.

Ma tâche terminée, j'étends ma concentration à un niveau supérieur encore et mon esprit vient effleurer celui de la jolie humaine qui m'attend un peu plus loin.

"- L'abri est prêt, maîtresse Lianna. Il ne manque plus que la douche !"

Sachant Lianna parfaitement capable de me localiser sans le moindre effort, je ne perds pas mon temps à lui indiquer ma position et me contente de balayer les alentours pour leur redonner un aspect naturel avant de me mettre à l'abri sous le pin. Communiquer aussi intimement avec cette femme me rend toute chose, et je préfère ne pas m'éterniser au risque de laisser échapper quelques pensées compromettantes ! Je songe à notre baiser, encore, comme s'il n'avait eu lieu qu'il y a un instant. Rêveuse, je passe mes doigts sur mes lèvres en imaginant un instant qu'il s'agit des siennes. Je goûte au souvenir de notre délicieux contact... Lorsque je regarde les troncs des arbres autour de moi, j'ai l'impression que le motif de leur écorce dessine son visage...

***


Lorsque Lianna me rejoint sous l'abri, le temps menace plus que jamais et déjà quelques gouttes commencent à tomber sur les plus hautes branches des arbres. Nous allons avoir droit à une splendide averse comme Yavin nous en offre parfois ! Sauf que cette fois, nous n'y assisterons pas bien à l'abri dans nos cabines en dur ! Dire qu'en ce moment ma jolie chambre est peut-être occupée par un gros hutt grassouillet... ça me désole !

Ma maîtresse me retrouve en train de manger une branche de pin fraîche, délicatement ôtée à l'un des voisins de notre hôte. Ce n'est pas un repas qui pourrait convenir à la plupart des espèces qui peuplent la galaxie, ce qui est dommage pour elles car c'est pourtant très nourrissant ! Je lui trouve un délicieux arrière-goût de sève. Évidemment ça ne vaut pas le chocolat, mais je n'en ai plus sur moi… hélas. Peut-être, si on a le temps de faire un passage à notre campement... Il faudra que je sonde maîtresse Lianna à ce sujet. J'accueille cette dernière avec un sourire, et l'aide à mettre ses affaires à l'abri ainsi qu'à dissimuler la motojet. Nous avons ensuite tout juste le temps de nous abriter avant que l'averse ne déverse sur nous un flot torrentiel ! Cet empressement dont nous sommes obligées de faire preuve a l'avantage de m'empêcher de me laisser atteindre par l'embarras qui pourrait me gagner étant donné la situation un peu particulière entre nous deux, et le naturel revient très naturellement !

Une fois toutes les deux dans notre abri, à regarder et à écouter la pluie tomber, je lui demande respectueusement:

"- Que voudras-tu que nous fassions ensuite ? Tu as pu réfléchir à un plan ?"

Mon regard enthousiaste laisse deviner que je suis certaine que mon incroyable maîtresse a déjà établi une stratégie pour nous sortir de là avec la clé !
Malgré tout, je ne pas m'empêcher de continuer à cogiter à propos de tout ce qu'elle m'a raconté, et je sais que les souvenirs d'Ons et de Jens Andor habiteront mes méditations pendant un moment . Je n'y vois aucun mal, au contraire ! Mais surtout, dès le moment où elle m'a parlé de l'holocron, une question m'a brûlée les lèvres sans que je n'aie la connaissance pour en trouver moi-même la réponse:

"- Maîtresse Lianna, ma question va peut-être te sembler étrange ou bien naïve, mais pourquoi n'a-t-on détruit cet holocron ? Si ce qu'il contient est assez dangereux pour avoir empoisonné l'esprit d'un maître jedi aussi grand et pur que Ons Andor, pourquoi l'ordre prend-il le risque de le conserver sachant qu'il ne pourra jamais s'en servir ?"

En tant qu'amoureuse des connaissances et de Lianna des recherches je pense bien évidemment que c'est un sacrilège de détruire une somme de connaissances et de savoir inconnus, qui plus est s'il s'agit aussi d'un artefact ancien ! Mais l'holocron n'est pas une simple archive nous permettant de mieux comprendre le côté obscur et ceux qui le pratiquent, c'est pratiquement une entité à lui tout seul et il exerce visiblement une influence telle que personne dans l'ordre jedi ne peut prendre le risque de le consulter ! C'est autre chose que de conserver un échantillon de virus en laboratoire au cas où le besoin d'en faire un nouveau remède serait nécessaire ! Mais peut-être que je fais fausse route ?
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